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Des perturbateurs endocriniens imprègnent toute la population française

Arnaud Jadoul
Des perturbateurs endocriniens imprègnent toute la population française

© Olivier Sire

Pour la première fois, Santé publique France a mesuré la présence de ces polluants dans l’organisme des enfants et des adultes. -

Des données inédites et des résultats alarmants. Pour la première fois, Santé publique France (SpF) a mesuré la présence des bisphénols, phtalates, parabènes, éthers de glycol, retardateurs de flamme bromés et composés perfluorés, des polluants du quotidien, dans l’organisme d’un large échantillon (1104 enfants et 2503 adultes) représentatif de la population française. Les résultats montrent que ces substances, omniprésentes dans les objets de la vie courante et qui sont, pour certaines, des perturbateurs endocriniens – susceptibles de causer des problèmes de fertilité, croissance, comportement… - ou des cancérigènes, avérés ou suspectés, « sont présents dans l’organisme de l’ensemble des adultes et des enfants » et que « des niveaux d’imprégnation plus élevés sont retrouvés chez les enfants ». Ces niveaux sont « comparables à ceux d’autres études menées à l’étranger, notamment aux Etats-Unis et au Canada », observe SpF. Les taux chez les enfants pourraient s’expliquer par « des contacts cutanés et de type « main-bouche » plus fréquents pour des produits du quotidien ». Mais, globalement, les sources d’exposition diffèrent selon les substances et sont multiples. L’alimentation est la première citée. Les produits cosmétiques et de soin sont aussi pointés pour les niveaux d’imprégnation des parabènes et des éthers de glycol.

Stratégie nationale

Cette étude permettra d’établir des valeurs de référence d’imprégnation dans la population générale. SpF préconise également de la répéter pour suivre les évolutions des expositions des Français dans le temps et évaluer l’impact des politiques publiques visant à les réduire, à commencer par la seconde stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE 2) pour la période 2019-2022, lancée par le gouvernement en parallèle de la publication de l’étude. Ce plan charge l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) d’établir une liste officielle de perturbateurs endocriniens, en expertisant au moins six substances en 2020, puis neuf par an à partir de 2021. Les produits seront classés sur trois niveaux, « avéré, présumé ou suspecté », ce qui doit notamment encourager l’usage de produits de substitution et mieux informer le public. Le gouvernement entend d’ailleurs « demander à la nouvelle Commission européenne, dès son installation, de revoir les règlementations pour mieux protéger sur ces substances, avec une priorité sur les cosmétiques et les jouets », a déclaré Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique et solidaire, à l’occasion de ce lancement. En outre, en parallèle, SpF a mis en ligne le site agir-pour-bebe.fr, qui donne des conseils pratiques aux jeunes parents et aux femmes enceintes afin de limiter l’exposition aux produits chimiques, dont les perturbateurs endocriniens, pendant la grossesse et après la naissance.

Une stratégie jugée insuffisante par l’association Générations futures, qui réclame « un plan d’urgence pour protéger les populations de ces polluants dangereux dans les meilleurs délais ». Considérant que, ­« contrairement à ce qu'affirme Santé Publique France le risque sanitaire lié aux perturbateurs endocriniens est clairement établi », le Réseau environnement santé (RES) demande, lui, un financement équivalent à celui du plan cancer, soit 1,5 milliard d’euros sur cinq ans.

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