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Economie circulaire

Aoste ne veut plus de matières premières fossiles

Arnaud Jadoul
Aoste ne veut plus de matières premières fossiles

« Agir », le programme de développement durable du groupe de salaison, fixe un objectif de 100% d’emballages produits à partir de matériaux recyclés en 2030. -

Agir, pour acteur gourmand, innovant et responsable : le groupe Aoste, qui détient les marques Aoste, Justin Bridou, Cochonou et César Moroni, vient de présenter son programme de développement durable, « une initiative forte pour le respect de la planète », selon son directeur général, Philippe Duriez. Le but est d'atteindre la neutralité carbone en 2040. L’emballage en constitue le premier volet. Deux objectifs sont fixés : 100% d’emballages recyclables en 2025 et 100% d’emballages produits à partir de matériaux recyclés en 2030, « pour mettre un terme à l’utilisation de matières premières fossiles », explique le dirigeant.

Monomatériau

L'entreprise a commencé à explorer le sujet. « 11% de nos emballages sont déjà recyclables », note Morgane Étienne, responsable recherche et développement emballage. Ce taux va presque doubler en 2021, avec la conversion de références phare. « Pour y parvenir, le groupe travaille en étroite collaboration avec Citeo et structure sa politique autour de l’utilisation d’emballages monomatériau et du suivi des recommandations du Comité technique pour le recyclage des emballages en plastique (Cotrep), par souci de cohérence avec les filières de recyclage présentes et à venir », précise-t-elle. Avec une contrainte majeure : « Dans un milieu humide où la résistance mécanique est essentielle, seul le plastique permet de garantir à la fois la préservation du goût et la sécurité alimentaire. » Ainsi, les barquettes refermables Justin Bridou (photo ci-dessous) et Quart tranché d’Aoste sont passées fin 2020 d’un film inférieur en APET/PE* et d’un couvercle en PP/APET/PE* à un ensemble monoPET*, le fond étant transparent et l’opercule imprimé. Sur les barquettes Grandes Tranches d’Aoste (photo ci-dessus), le film inférieur, un monoPET, va également être substitué à un duplex APET/PE. « L’opercule souple en PET/PE/EVOH/PE* est conservé pour le moment, mais des essais sont en cours avec un film supérieur complexe dont, suivant les recommandations du Cotrep, la séparabilité est assurée par une densité inférieure à 1 », indique Morgane Étienne, avant de remarquer : « Ce n’est pas évident cependant, en janvier, nous avons été alertés parce que les barquettes en PET perturbent la filière des bouteilles à cause du soudant. Nous avons dû relancer les études pour identifier la résine qui contrarie le moins le recyclage et en déterminer la juste quantité. »

                

Incertitudes

Pour les sachets flowpack de la Juste sèche et du Bâton de berger de Justin Bridou, actuellement en PET/PE/EVOH/PE et en PET métallisé/PE, le choix de la nouvelle solution n’est pas encore arrêté. Aoste souhaiterait passer à un monoPE ou un monoPP, mais « des incertitudes subsistent sur la répétabilité », confie Morgane Étienne. En revanche, le saucisson Le Généreux de Cochonou adoptera un film contenant plus de 60% de papier, donc recyclable dans la filière papier-carton, d’ici à la fin de l’année. « Le monoPE est moins résistant à la chaleur, il peut fondre sur les molettes ou entre les mâchoires des machines lors de phases d’arrêt, signale la responsable ; plus élastique, il provoque aussi des décalages et nécessite des modifications majeures sur les ensacheuses. » Le monoPP, lui, constituerait un bon compromis entre un monoPE et les complexes actuels, il est plutôt résistant et se tient, « mais la filière de recyclage n’est toujours pas confirmée », regrette Morgane Étienne. Enfin, le papier apporte une certaine rigidité, mais il pose des problèmes de résistance à la perforation et de déchirure. D’ailleurs, il ne remplacera pas le triplex contenant du PET métallisé des Doypacks de bâtonnets de saucisson, un sachet sur deux étant percé lors du remplissage.

Trajectoire progressive

En parallèle, l’entreprise s’efforce de diminuer les épaisseurs des emballages et d’intégrer de la matière recyclée. Par exemple, le poids du couvercle des barquettes refermables a été abaissé de 0,95 g, ce qui représente une réduction du volume de plastique de 9 tonnes par an. Bientôt, ces mêmes barquettes seront également composées de 50% de rPET* : « Les tests industriels ont validé cette incorporation », annonce Morgane Étienne. « Cependant, tous ces chantiers sont complexes en raison de la nature des produits et de la diversité des emballages ainsi que de leurs propriétés », souligne-t-elle encore. Le projet établi par le programme Agir sera donc progressif : avant de parvenir aux objectifs de 2025 et 2030, 30% des emballages devront être recyclables en 2022, avec au moins une référence par type de contenant, et 70% en 2023-2024.

Filiale de l’espagnol Campofrio Food, lui-même appartenant au mexicain Sigma Alimentos, le groupe Aoste est le leader français des produits de salaison. Il a réalisé un chiffre d’affaires de 462 millions d’euros en 2020, emploie quelque 1400 salariés et exploite six usines en France.

* PE : polyéthylène - PP : polypropylène - PET : polyéthylène téréphtalate - APET : PET amorphe - rPET : PET recyclé - EVOH : copolymère éthylène alcool vinylique.

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