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Enquête

Vins : le conditionnement mobile offre une réponse adaptée

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La mise en bouteille à la propriété représente une plus-value recherchée par les metteurs en marché du secteur vinicole. Les spécialistes du conditionnement mobile s'engouffrent sur une niche à fort potentiel. Spécialistes ou logisticiens qui englobent l'embouteillage dans une prestation globale, ils ont chacun leur approche.

Est-ce la formule magique ? La mention « Mis en bouteille au domaine », qui passait à peu près inaperçue aux yeux des non-initiés il y a encore quelques années, semble avoir rencontré de nouvelles faveurs. Avec la recrudescence des alertes sanitaires dans le secteur de l'agroalimentaire et l'émergence de la notion de traçabilité des produits, ces quelques mots sont aujourd'hui reconnus et recherchés par le grand public. Depuis, producteurs et metteurs en marché sont fortement demandeurs d'unités de conditionnement mobiles capables d'assurer une mise en bouteille sur le lieu de production. Même si elle n'est pas forcément gage de qualité, la mention amène une plus-value certaine. Certains distributeurs l'exigent même systématiquement sur leurs bouteilles issues de propriétaires.

« Je constate que les consommateurs ont de plus en plus d'informations et décortiquent systématiquement les étiquettes des vins au-dessus d'un certain prix », observe Nicolas Bezes, directeur de la société d'embouteillage de vins à la propriété Simeb. Et la mention "mis en bouteille au domaine" est presque devenue un dû ». Un plus qui justifie le surcoût allant de 0,03 à 0,076 euro par bouteille, mais qui réserve le conditionnement mobile aux vins qualitatifs (vins de pays et surtout appellations d'origine contrôlée). « Mais attention ! Certains calculent que l'embouteillage au domaine est beaucoup plus cher car, quand ils embouteillent chez le conditionneur, ils ne prennent pas en compte les frais de transport du vin, des chais à la chaîne fixe », estime Charles Roux, directeur général de la société de conditionnement 3 S. Outre le potentiel évocateur certain dans l'esprit du client final, la mention représente, pour le distributeur, la garantie d'une moindre manipulation du produit après la vinification. Et encore plus si, comme certains opérateurs commencent à le proposer, la même entreprise prend en charge l'embouteillage, le stockage, le transport et la livraison.

Un concept d'intégration verticale qui place le produit sous la responsabilité d'un seul prestataire, de sa sortie du chai aux linéaires du distributeur. Même si l'intégration complète de la chaîne logistique est loin d'être généralisée, les conditionneurs ont dû intégrer ce nouvel élément et proposer des solutions aux producteurs désirant embouteiller à la propriété. Dans les régions au tissu viti-vinicole particulièrement dense, les embouteilleurs se sont lancés dans le conditionnement mobile en sachant qu'ils amortiraient rapidement leur investissement.

C'est le cas notamment en Gironde et dans la région Languedoc-Roussillon. A Villeveyrac (Hérault), la société 3 S propose une offre globale de services : stockage, embouteillage fixe et mobile, de la prise en charge du vin en vrac à la palettisation des bouteilles. « La restructuration qualitative du vignoble favorise les ventes en bouteilles. De nombreux vignerons sortent des coopératives. Et, de plus en plus, les coopératives elles-mêmes se mettent à commercialiser séparément certains domaines. Tout cela crée une forte demande d'embouteillage à la propriété. Une demande qui ne pourra aller que croissant dans les années qui viennent avec la montée en puissance des vins qualitatifs », explique Charles Roux. Dans cette région où, jusque dans les années soixante, la quasi-totalité des vins produits étaient vendus en vrac, 80 % de la production est aujourd'hui embouteillée. Plus que jamais présente et reconnue sur le marché international, la filière a dû s'adapter à ces nouvelles perspectives mondiales.

Machines polyvalentes

« Les besoins ont explosé, assure Nicolas Bezes chez Simeb. Non seulement la demande pour un embouteillage à façon et sur le lieu de production augmente fortement, mais les premières chaînes mobiles, qui datent d'une vingtaine d'années, ont dû être arrêtées : elles ne correspondent plus aux exigences techniques ni aux normes d'hygiène actuelles. Alors que, de notre côté, nous entamons une démarche pour intégrer les normes Iso 9002 et 14001 ». Au cours de la campagne 2001, Simeb a mis en opération sa cinquième ligne d'embouteillage mobile. Elle emploie aujourd'hui 30 personnes contre six, avec une ligne d'embouteillage, lors du démarrage de son activité en 1998. Opérant sur toute la région Languedoc-Roussillon, elle produira douze millions de bouteilles en 2001 pour un chiffre d'affaires d'environ 1,75 million d'euros. Un essor qui n'est pas uniquement quantitatif.

« Aujourd'hui, nous privilégions des machines polyvalentes et adaptables pour un véritable conditionnement à façon. En termes techniques, le plus difficile est de s'adapter aux politiques marketing des verriers. Le vin est devenu un produit marketing et doit se différencier d'abord par son aspect visuel. D'où l'importance d'une bouteille soignée et originale, phénomène qui touche particulièrement les vins du Languedoc. Les machines doivent être réglées pour s'adapter aux nouvelles formes de bouteilles et à tous les types d'étiquette. D'autant que, depuis quelque temps, les producteurs rajoutent systématiquement une étiquette s'ils ont obtenu une médaille dans un concours, ce qu'ils faisaient rarement il y a encore quelques années. Cette adaptabilité à toutes les demandes, c'est notre grande force ».

Prestataire pour des négociants

Equipé en machines italiennes Bertolaso pour l'embouteillage et le bouchage, Cavagnino & Gatti pour l'habillage, l'embouteilleur intervient aussi bien pour les caves coopératives que pour les caves particulières qui reçoivent en continu des propositions d'embouteillage à façon. Chaque ligne permet une cadence de 3 500 bouteilles à l'heure. Ce matériel comprend tireuse, boucheuse, sertisseuse, étiqueteuse mixte, mise en cartons et palettisation.

Simeb est même devenu prestataire pour des négociants qui possèdent leur propre chaîne d'embouteillage mais qui n'ont pas la possibilité d'adapter leurs machines au conditionnement de petites séries qualitatives avec bouteille ou étiquette particulière : « Nous travaillons par exemple pour Les Chais Beaucairois (Casino), avec la production de 50 000 bouteilles d'une propriété. Pour nous, c'est un marché intéressant que nous pouvons traiter en deux jours et pour lequel nous pouvons faire du sur-mesure. Pour eux, c'est une grosse contrainte : il leur est plus facile de s'adresser à un prestataire de service que de dérégler les machines pour des volumes relativement peu importants à leur échelle ».

Mais des opérateurs préfèrent continuer à effectuer eux-mêmes l'embouteillage de certaines cuvées. Notamment quand il s'agit de produits de prestige. C'est le cas de l'union de caves coopératives Les Caves de Provence qui, bien que propriétaire d'une des marques d'AOC les plus connues sur le marché français, vinifie et embouteille séparément la production de quelques domaines à fort potentiel qualitatif. « Nous disposons d'un camion d'embouteillage mobile d'une capacité de 2 000 bouteilles par heure permettant de réaliser une mise à la propriété sur les lieux de vinification », explique Antoine Escartin, directeur. Dans ce cas, l'amortissement est réalisé grâce au prix de vente supérieur de ces cuvées spéciales. Et, pour mieux rentabiliser son matériel, l'union propose également ce service d'embouteillage à la propriété à des producteurs extérieurs. Mais l'exemple des Caves de Provence montre qu'un producteur doit lui-même avoir un important volume à embouteiller pour rentabiliser un système d'embouteillage intégré. Alors que l'on assiste au contraire, parallèlement à la montée en puissance de quelques grands metteurs en marché, à l'atomisation de l'offre vinicole : microcuvées, coopératives multipliant les produits de domaines, nouvelles propriétés. Un marché à fort potentiel pour le conditionnement mobile.

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