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Valence : un temple dédié à la traçabilité

Gilles Solard
Le Pôle traçabilité de Valence (Drôme) commence de sortir de terre. Avec un triple rôle : être tout à la fois un fédérateur d'entreprises, un centre de démonstration d'identification par radiofréquence, mais aussi de tests et de certification. Une vocation qui se veut européenne.

Cinq ans après les premières évocations sur la création d'un Pôle traçabilité, celui-ci voit le jour à Valence. Mi-2000, l'Agence Rhône-Alpes pour la maîtrise des technologies de mesure (Aratem), association spécialisée dans les capteurs financée par le ministère de l'Industrie, et l'École supérieure d'ingénieurs en systèmes industriels avancés Rhône-Alpes (Esisar) - école de l'Institut national polytechnique de Grenoble disposant d'une section dédiée à l'identification par radiofréquence (RFID) - imaginent leur avenir. Ce sera ce Pôle traçabilité dont les bâtiments sortent de terre.

Un centre entièrement dédié à la RFID

En 2001, Carlos Matas, président de l'Aratem, fait appel à Gérard-André Dessenne, grand connaisseur du tissu régional d'entreprises, pour monter, en neuf mois, les premières assises de la traçabilité à Valence. Cent vingt personnes y assistent. Ce premier succès se confirme au cours des mois suivants et aboutit, mi-2002, à la création de la marque « Pôle traçabilité ». Pour créer ensuite 1 400 mètres carrés de bâtiments, il aura fallu convaincre les hommes politiques au niveau de l'Europe, de la Région et des collectivités locales. Le projet bénéficie ainsi d'une subvention de 1,8 million d'euros pour les seuls locaux, auxquels s'ajoutent 240 000 euros d'investissement dans un matériel dédié à l'identification par radiofréquence (RFID).

« Le centre a un triple but. D'abord, accueillir une pépinière d'entreprises autour de la RFID. Cinq entreprises sont déjà candidates. Deuxièmement, constituer un centre de démonstration de 300 mètres carrés dédié à la RFID, didactique et concret, dans un environnement industriel réel. Celui-ci devrait être opérationnel en octobre. Enfin, devenir un centre d'essais et de tests pour les normes en cours d'élaboration. Ce centre de certification sera opérationnel en 2005 », explique Gérard-André Dessenne. Même non finalisé, le Pôle traçabilité compte d'ores et déjà cinq ingénieurs à plein temps, dont deux tiers viennent du monde de l'entreprise et un tiers, de l'Université, « avec l'objectif de devenir autonome un jour ». Car il a également pour vocation d'accompagner la mise en place de pilotes RFID dans les entreprises.

L'atout du pôle est sa situation. Il est en effet implanté dans le « carré magique » constitué par les villes de Grenoble, Sophia-Antipolis, Aix-en-Provence et Valence où de très grands noms de la RFID se sont installés : ST Microelectronics, Tagsys, Inside, Impeka... « Les Américains qui viennent signer des accords en France ne s'y trompent pas », précise Gérard-André Dessenne. Le Pôle traçabilité s'appuie notamment sur le CEA Leti de Grenoble, le plus grand laboratoire européen dans le domaine de la RFID. Enfin, il compte aussi une cinquantaine d'entreprises adhérentes dont une dizaine d'utilisateurs. Et affiche sa vocation européenne. « Les Suisses, les Belges, les Italiens et les Espagnols viennent nous voir », souligne-t-il.

Une synergie technologique naissante

Comme les choses n'arrivent jamais seules, ce pôle n'est désormais plus orphelin. L'Esisar et l'Ecole française de papeterie de Grenoble (EFPG) ont inauguré fin mai un Pôle impression numérique ! La vocation de l'Esisar est la formation des ingénieurs, la recherche et le transfert de technologies. L'impression numérique fait donc désormais partie, au même titre que la traçabilité, de cette branche « transfert de technologies ». « Nous disposons d'une conjonction de moyens rarement réunis sur terre : d'une part, l'électronique embarquée et, d'autre part, les réseaux informatiques », explique Jacques Marty, directeur de l'Esisar. L'objectif de ce pôle, lui aussi unique en Europe : propager les connaissances de l'imprimerie, des encres, des papiers et de la création graphique pour en faire profiter le tissu économique rhônalpin... dans un premier temps. La recherche sur les encres permettra notamment de mettre au point les encres conductrices dont pourrait avoir besoin son petit frère, le Pôle traçabilité, pour fabriquer des antennes...

Alors que les machines d'impression numérique atteignent péniblement les 20 mètres par minute sur 500 millimètres de laize, l'ambition du Pôle impression numérique est considérable : « Nous voulons atteindre les 300 mètres par minute sur 2 mètres de laize, avec des encres plus complexes et moins coûteuses », lance Patrice Giraud, responsable du Pôle impression numérique, qui s'appuie sur un budget de 2,3 millions d'euros pour la période 2003-2006. Avec l'appui de Xaar, Gemplus, Imaje, Hewlett Packard, Xerox, Spectra ou Scitex, ce pôle devient « la Silicon Valley de l'impression numérique », selon Omar Kerbage, le Pdg d'Imaje, venu assister à l'inauguration.

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