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Une nouvelle génération de prestataires

PATRICK CAPPELLI

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Dans le jargon logistique, on appelle ça de la « poupouille ». Soit des lignes de commande composées de pièces unitaires, qui représentent seulement 20 % des flux, mais mobilise 80 % du personnel d'un entrepôt. C'est sur cette « logistique fine » que s'est spécialisée la société L4 Logistics. « Nous sommes un concepteur de solutions de préparation de commande qui vise spécialement le e-commerce, et les premiers à avoir mis en place une solution industrielle adaptée à cette activité », précise Thierry Mercouroff, directeur commercial et marketing.

L4 a imaginé une solution hybride composée d'un logiciel et de mobiliers spécifiques. Ce process nommé L4 Epsilon a été breveté. C'est une offre globale qui comprend le paramétrage du process, les spécifications détaillées, le conseil et la mise en oeuvre. Le coût de cette solution est d'environ 3 euros la commande hors transport, pour un volume de 5 000 à 10 000 commandes par mois.

À la différence d'une préparation classique dans laquelle le préparateur part dans l'entrepôt avec sa liste de produits à ramener, L4 a imaginé une mise en vrac dans des bacs. « Il n'y a pas de contrôle, on s'arrête souvent, on en prend beaucoup, ça va plus vite », décrit Thierry Mercouroff.

Mais on se retrouve alors avec un tas de produits mélangés. L'innovation Epsilon consiste à les trier en lisant les codes barres. Une barrière infrarouge installée entre les différents niveaux du meuble permet d'éviter les erreurs. Ce tri de ventilation assure, selon le prestataire, une qualité totale. Dernière étape : le colisage. La case à coliser est scannée, le bon de livraison, l'étiquette transport et les autres documents sont automatiquement édités. Les documents sortent pendant que l'opérateur conditionne. Le choix du transporteur est fait en temps réel par le système. Le logiciel Epsilon est interfaçable avec les principaux WMS du marché, comme Infolog/Generix, Hardis, Sage ou encore Manhattan Associates.

Résultat : 600 à 1 000 produits triés à l'heure. L4 Logistics possède deux plates-formes multiclients de 5 000 et 10 000 mètres carrés à Ris-Orangis et aux Ulis en région parisienne. « Au départ, personne ne nous croyait. Nous avons réalisé ces plates-formes pour disposer d'une vitrine », explique le directeur marketing et commercial. Aujourd'hui, L4 travaillent pour des clients comme Brandalley, Redcats, Delamaison ou Kiabi. Il a même séduit le géant Norbert Dentressangle dont il est partenaire.

Du textile au e-commerce

Autre prestataire à s'être spécialisé sur ce créneau, SeD Logistique a créé, en 2006, un département dédié au e-commerce, Logistique Online. « Après SeD Fashion pour le textile, nous avons décidé de créer une marque qui regroupe les moyens mis en oeuvre pour accompagner les e-commerçants », explique Pascale Barbé, directrice commerciale. SeD travaille pour Vente-Privée.com sur deux spécialités : alcools et vins, et meubles et électroménager, ainsi que pour bazar-parisien.com, et devrait signer prochainement un gros site de vente de textile et accessoires.

Pour ce logisticien, c'est le niveau de qualité dans la préparation de commande qui diffère avec une activité logistique classique : « on a moins le droit à l'erreur quand on livre un particulier. Sur le Web, un client mal servi, c'est un client perdu », affirme Pascale Barbé. Autre particularité de cette logistique fine : le traitement de commandes ne contenant qu'une pièce ou une référence. SeD a dédié deux de ses cinq plates-formes d'une surface totale de 200 000 mètres carrés au e-commerce. L'organisation des cellules y est différente, de même que les exigences en termes de personnel, qui ont des profils différents de ceux des autres entrepôts. « En réception, on compte toutes les pièces et on vérifie tous les produits, c'est quasiment une douane », ajoute la directrice commerciale.

Le e-commerce réclame selon elle souplesse et flexibilité, ainsi qu'une grande réactivité, en raison du caractère très saisonnier de cette activité, et de la difficulté à automatiser les process. Ce prestataire reçoit de plus en plus de demandes de sites de vente en ligne et réfléchit à élargir son offre vers d'autres services, comme le SAV ou le paiement sécurisé.

Parmi les nouveaux arrivants sur la logistique du e-commerce, les opérateurs de points relais commencent à faire leur trou. Cette activité existe depuis longtemps, mais était jusqu'à présent réservée aux réseaux des vépécistes comme Mondial Relay pour le groupe 3 Suisses International ou la Sogep pour la Redoute. Ils représentent une alternative intéressante à la livraison à domicile pour les acheteurs à distance.

Mondial Relay a été créé en 1997, emploie 450 personnes pour un chiffre d'affaires de 68 millions d'euros en 2007 et 34 millions de colis livrés en 2007, dont 15 millions via les 3 600 points relais. « Il s'agit de commerces de service, fleuristes, pressing, clés minute, papeterie, stations-service, etc. avec qui nous signons un contrat de dépositaire. Ils sont indemnisés, et cette activité leur permet aussi de dynamiser leur commerce grâce à un flux supplémentaire de gens », précise Antoine Pottiez, directeur général. Le réseau possède trois hubs pour les colis volumineux, et un autre spécialisé dans les petits colis. Ce dernier est très mécanisé et peut traiter jusqu'à 180 000 colis par jour. Depuis 2003, Mondial Relay a conclu un partenariat avec Kiala.

Acteur européen

Cet opérateur de points relais est né en Belgique et se positionne comme un acteur européen : « Nous nous sommes d'emblée positionnés en opérateur européen, face à des acteurs postaux locaux », explique Philipe Delaide, directeur général.

Kiala a investi 20 millions d'euros dans une solution informatique propriétaire. Les colis sont collectés chez les clients, acheminés au hub d'Arpajon, dispatchés dans les 22 agences, puis dans les 3 600 points relais. Les colis sont triés au niveau de la tournée, les agences ne faisant que du cross docking. Tous les colis ont la même étiquette générée par le système Kiala. Le taux de non collectés est de 1,5 à 2 % selon Kiala, contre 4 à 5 % dans la VPC (si on excepte les contre-remboursements). Les clients ont accès à un Extranet avec login ou intégration directe des codes de tracking dans leur page Web. Kiala propose depuis peu une sélection des points relais avec un mapping cartographique et une localisation à l'adresse au lieu du code postal. « Notre système apporte une vraie souplesse aux internautes en leur proposant un lieu de retrait près de leur domicile mais aussi de leur lieu de travail ou de vacances », conclut Philippe Delaide.

30 000 bureaux de tabac

Troisième acteur, le réseau A2pas, géré par Altadis, qui s'appuie sur le réseau de 30 000 bureaux de tabac accueillant en moyenne 10 millions de clients par jour, et Pick Up Services. Ce réseau revendique 3 100 points relais, équipés d'autant de terminaux intelligents, et traitant 15 000 colis par jour. Ce nouvel entrant a d'ailleurs remporté le prix de l'innovation logistique dans la catégorie e-commerce lors de la dernière édition de la SITL. Trois prestataires complètent le dispositif : Distrihome, qui se charge de la livraison en 48 heures, de la gestion des retours et du contre remboursement ; Chronopost pour le J+1 avant 13 heures pour les produits sensibles, et les échanges SAV, et Ciblex pour le J+1 avant 8 heures. Avec son maillage extrêmement serré (plus de 9 Français sur 10 ont un point relais A2pas à moins de 15 minutes à pied), et son amplitude horaire (7 h 40 à 19 h 50), ce nouveau genre de réseau se pose en challenger dans une activité en plein développement. « Les points relais sont en pleine mutation. D'un simple lieu de retrait de colis, nous en avons fait de véritables "prestataires logistiques de proximité" capables d'offrir de nouveaux services à forte valeur ajoutée », explique Diego Magdelénat, président de Pickup Services.

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