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Enquête

Tri des emballages et palettes en carton au Futuroscope de Poitiers

Gilles Solard
Durant deux jours, les 28 et 29 mai derniers au Futuroscope de Poitiers, les congressistes se sont retrouvés à FuturPack et LogistiPack pour discuter de l'emballage et de son futur. Sensibilisation à l'environnement et optimisation de la logistique étaient à l'ordre du jour de cette édition.

Peux-t-on découvrir le futur à FuturPack ? Cette manifestation qui tire son nom du Futuroscope de Poitiers où se tient la manifestation, consacrée cette année à « l'emballage et la grande distribution », n'a pas nécessairement le pouvoir de discerner clairement l'avenir.

C'était en tout cas l'avis très net de Régine Bloch, représentant le secrétariat d'Etat à l'Industrie, incapable de dire quel sera l'avenir de la directive 94/62 du 20 décembre 1994 sur les déchets d'emballage et la révision en cours des objectifs de valorisation fixés par cette directive. « Quinze pays doivent se mettre d'accord sur la révision. Les négociations sont en cours, mais pas moins de 200 amendements ont été déposés », indique Régine Bloch.

Un avenir d'autant plus flou qu'après l'Espagne, c'est au Danemark de présider la Commission européenne à partir du 1er juillet prochain. Or le Danemark est bien, avec la Belgique, l'un des pays à avoir bloqué la publication, au Journal officiel des communautés européennes (JOCE), de trois des cinq normes établies par le Comité européen de normalisation (CEN) relatives à cette directive.

En attendant, seuls deux pays ont d'ores et déjà transcrit les exigences essentielles de cette directive dans leur droit, le Royaume-Uni et la France. Comment sont-elles appliquées sur le terrain ? « La DGCCRF a réalisé une enquête dans le domaine des emballages métalliques légers et des emballages souples », révélait Régine Bloch. Rappelons que c'est, en effet, au fabricant d'emballages de remplir un formulaire sur la conformité des emballages, formulaire qui doit être assorti d'un dossier démontrant que les exigences essentielles sont remplies.

L'enquête a ainsi constaté quelques dépassements notamment avec les métaux lourds, dans le domaine des encres par exemple. Dans les emballages métalliques, la DGCCRF a également trouvé quelques emballages non conformes, notamment dans les stocks non écoulés. Mais rien de très grave. « Les dossiers techniques sont complets ou en cours, et les emballagistes ont fourni une attestation de conformité », explique la représentante de l'Etat. Sachez toutefois que si vous n'avez pas encore établi de dossier de conformité et que personne ne veut s'en charger dans l'entreprise, il se racontait à Futurpack que des sociétés sont prêtes à effectuer ce travail. Aetlis à Lille, par exemple...

Attestation de conformité

Si l'avenir ne se laissait pas lire facilement, le futur immédiat est plus facile à appréhender. « Fin 2002, 50 millions de Français trieront leurs emballages », indiquait ainsi Pierre Barranger, directeur du département producteurs d'Eco-Emballages. Traçant les perspectives à venir, il estimait, pour sa part, que le tri n'est pas nécessairement un geste naturel. « La grande distribution a un rôle à jouer pour développer la sensibilisation du grand public, notamment des enfants, au tri ».

La grande distribution jouera-t-elle le jeu ? « 79 % des consommateurs se disent préoccupés par l'environnement », répondait, en pointillé, Pierre Frisch, directeur environnement d'Auchan qui déclare valoriser 90 % des déchets de 346 hypermarchés et de 1 633 supermarchés en 2002. L'enseigne a d'ailleurs fait du management environnemental un fer de lance. Six magasins, dont cinq en France (Le Mans, Boulogne, Saint-Sébastien, Annecy et Noyelles) et un en Espagne (Castellon) ont fait l'objet d'une certification Iso 14001. A terme, tous les magasins du groupe devront avoir obtenu cette certification. L'emballage est, en tout cas, devenu un must. Carrefour a, par exemple, pour politique d'adapter les emballages à chaque circuit logistique. Le distributeur dispose d'un service emballage qui s'étoffe au fur et à mesure du développement des marques de distributeur (MDD). Ces produits, contrôlés par Carrefour de la conception jusqu'à la commercialisation, portent les valeurs de l'enseigne.

Valeurs de l'enseigne

« Chez Carrefour, une marque de distributeur est un produit vrai qui est réellement ce qu'il paraît être », explique Chantal Sandoz, responsable packaging chez Carrefour France. La première génération de MDD débute en 1976 avec les « produits libres Carrefour » qui ne portent cependant pas de marque propre. La deuxième génération démarre en 1985, avec l'arrivée des hard-discounters. Mais ce n'est qu'en 1990 que la grande distribution cherchera à doter ses produits d'un véritable statut de marque. Cette fois, l'objectif n'est plus la seule rentabilité mais aussi la fidélisation au travers de la différenciation.

« L'emballage devient à ce moment-là un enjeu majeur et un facteur essentiel pour créer de l'image, apporter de la praticité et inciter au ré-achat », estime Chantal Sandoz. Mais c'est seulement en 1995 que Carrefour crée un service emballage en charge de développer des innovations en termes de conditionnement. Une première pour une enseigne de distribution. Sept ans plus tard, l'enseigne traite entre 50 et 60 emballages sur les 6 000 références en alimentaire. Lancée en 1996, la marque Reflets de France compte aujourd'hui 285 produits et réalise 305 millions d'euros de chiffre d'affaires, en hausse de 5 % à 7 % par an. « Elle dispose d'une forte identité transversale grâce à l'emballage et uniquement sur l'emballage », explique Chantal Sandoz. En réalité, le service packaging travaille non pas sur une mais sur dix marques de distributeurs différentes, ayant toutes une charte graphique différente. L'enseigne compte pas moins de neuf agences de design et développe les emballages tant sur le plan de l'utilisation (bouchon doseur, valve...), que de l'ouverture facile, de la sécurité, du transport (poignées), de l'ergonomie ou de l'information.

Palettes en carton

Carrefour réfléchit également aux nouveaux aspects de l'emballage comme l'aide au tri. Ici, l'utilisation de monomatériaux ou de matériaux facilement séparables est privilégiée. Il réclame également un marquage se rapportant à la nature des matériaux utilisés. Et « nous demandons un certificat de migration des emballages », précise Chantal Sandoz. Seule l'utilisation de recyclé reste un sujet un peu flou. « Nous n'avons pas toute l'expertise étant donné que nous travaillons dans l'alimentaire, mais nous prendrons position d'ici la fin de l'année ».

La seconde journée de ces rencontres, Logistipack, ouvrait sur une intervention de Jacques Colin, professeur et directeur du Cret Log à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). « La logistique a été inventée par les industriels de l'agroalimentaire dans les années 1970 ».

Rentabilité des linéaires

Elle contribue depuis à répartir les rôles et les territoires des différents acteurs. Vécue au départ comme un mal nécessaire, elle permet ensuite d'améliorer la rentabilité des linéaires. Il y a progressivement mutualisation de la logistique par les prestataires qui jouent un rôle croissant. Avec le développement des flux tendus et la mise en place de plates-formes d'éclatement, les stocks locaux s'amenuisent au fur et à mesure qu'ils passent à l'échelle européenne.

Aujourd'hui, la gestion partagée des approvisionnements (GPA) permet de rendre plus réactif le système industriel par le dialogue entre le distributeur et l'industriel. « Le GPA est une solution en matière d'approvisionnement mais, pour que ça marche, il faut mécaniser, ce qui implique des emballages très standards », expliquait en substance Jacques Colin.

Pour Olivier Labasse, délégué général d'ECR France, « le GPA fonctionne. C'est un outil fantastique en France ». La preuve : le GPA, lancé en France en 1995-1996 et consistant à partager les informations des points de vente, est utilisé par 85 % des membres d'ECR France. Enjeu du GPA : l'optimisation de l'unité d'expédition. Sachant que les coûts d'interface entre industriels et distributeurs représentent 17 % du prix d'un produit, il est possible de gagner 25 % de ces coûts grâce à l'optimisation. Une technique qui remet en cause certaines pratiques de palettisation telles que les palettes hétérogènes. Pour 79 % des transporteurs, elles dégradent l'optimisation des chargements. Et 73 % d'entre eux sont opposés à la palette en bois comme intercalaire.

Un chiffre qui ouvre un boulevard à la palette en carton. « Les camions transportent du bois », déclarait, de son côté, Gérard Mathieu, directeur marketing d'Otor, vantant les qualités de la palette en carton Otorpal.

La résistance à la compression verticale passe en effet de 385 daN avec une palette en bois à 280 daN avec une palette carton. IPP Logipal et LPR, deux loueurs de palettes qui ont récemment ajouté la palette en carton à leur gamme, étaient d'ailleurs présents pour justifier le bien fondé de ce nouveau produit. Un sujet décidément d'actualité...

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