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Traceo, un mouchard dans la chaîne du froid

ARNAUD JADOUL

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Cryolog a conçu un bio-capteur qui simule le développement bactérien dans le produit et interdit la lecture du code à barres en cas de rupture de la chaîne du froid. Avec, à la clé, des applications pour la grande distribution mais aussi l'industrie pharmaceutique et la restauration collective.

Une étiquette collée sur les codes à barres et qui interdit leur lecture lorsque le produit n'est plus consommable à la suite d'une rupture de la chaîne du froid : c'est ce qu'une des principales enseignes françaises pourrait proposer durant le second semestre 2004. Grâce à un indicateur microbiologique, Traceo, qui simule le développement bactérien des produits alimentaires, depuis leur sortie d'usine jusqu'au réfrigérateur du consommateur, et fournit à tout moment une information objective sur leur état de conservation. Une solution de traçabilité brevetée, signée Cryolog, et qui tombe à point nommé alors qu'une équipe de médecins de l'hôpital Robert Debré à Paris vient d'évoquer dans la revue scientifique The Lancet le rôle du développement des bactéries à basse température dans l'émergence de la maladie de Crohn, qui touche près de 60 000 personnes en France.

Passage en caisse

A travers cet intégrateur temps/température, Cryolog, une jeune entreprise fondée en juillet 2002 par Renaud Vaillant, un ingénieur centralien, et établie à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), propose une double innovation. Elle utilise d'abord le code à barres comme un support de contrôle visuel de la fraîcheur du produit, à tous les stades de la chaîne d'approvisionnement, et de la validité de sa date limite de consommation. Si ce témoin est lisible, notamment lors du passage en caisse, le produit est propre à la consommation. S'il ne l'est pas, le produit n'est plus frais.

Ensuite, « Cryolog exploite le vivant pour tracer le vivant », expose Renaud Vaillant. Rien à voir avec les puces fraîcheur telles que les pastilles utilisées par Monoprix, qui, par un procédé physico-chimique, virent de couleur au bout de deux jours à 20 °C. Ici, des micro-organismes sont encapsulés dans une étiquette adhésive en plastique, que son concepteur qualifie de « film transparent intelligent ». Les molécules chimiques générées par la croissance des bactéries sous l'effet d'une montée en température critique déclenchent une réaction colorée. Conséquence rassurante pour le distributeur : si la rupture survient après l'achat, inutile pour le consommateur de revenir au magasin !

Ce mouchard bénéficie d'autres atouts. L'étiquette thermosensible est activable à la pose. Elle peut donc être stockée à température ambiante. Elle peut également être paramétrée très finement en fonction de la nature du produit, suivant la température de conservation, entre -18 et +6 °C, et suivant le type d'emballage sur lequel elle est apposée. Ses dimensions sont celles recommandées pour l'impression d'un code à barres et elle est conditionnée en rouleaux ; elle peut donc être appliquée par une simple étiqueteuse. Enfin, un coût unitaire de quelques centimes - qui pourra varier selon les volumes de production et les paramètres à enregistrer - est envisageable, « que les distributeurs sont a priori prêts à supporter », assure Renaud Vaillant. Autant de facteurs qui permettent à Cryolog de viser « deux autres segments de marché bien spécifiques, ajoute son Pdg : la liaison froide dans la restauration collective et les laboratoires pharmaceutiques diffusant des médicaments en froid dirigé. Sur chacun d'eux, nous avons d'ailleurs conclu un accord de partenariat avec un opérateur de référence qui nous permet d'aborder l'industrialisation de Traceo de façon optimale. »

Aides financières

Pour en arriver là, Cryolog a dû investir 500 000 euros environ. Un défi réalisable grâce au soutien de l'incubateur public de la région Ile-de-France Agoranove, de l'Agence nationale de valorisation de la recherche (Anvar), de capital-risqueurs et, au plan technique, d'Institut Pasteur et du groupe pétrolier Total. Grâce aussi aux dotations accompagnant plusieurs trophées : 1er prix du concours Anvar Jeunes créateurs de demain, trophée Tremplin Entreprises du Sénat et de l'école de commerce Essec, catégorie amorçage, nomination au palmarès du 4e concours national de la création d'entreprises innovantes - organisé par le ministère de la Recherche - dans la catégorie création-développement... Reste à concrétiser ces promesses. Renaud Vaillant est confiant mais prudent : « Si nous pouvions atteindre 10 % du marché des produits frais d'ici à cinq ans, ce serait formidable ».

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