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Sécuriser et optimiser la fin de vie

CYRIELLE CLERC

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Les utilisateurs d'emballages pour produits chimiques n'ont aucune échappatoire. Ils sont, en tant que clients finaux, responsables de ces emballages souillés considérés comme déchets industriels spéciaux et dangereux. Sur ce point, mieux vaut être un utilisateur allemand. Outre-Rhin, c'est le producteur d'emballage qui en est responsable jusqu'à sa fin de vie. En France, les clients de la chimie ont, en revanche, pour obligation de procéder à la valorisation ou à l'élimination des emballages dans des centres spécialisés. La France compte un peu moins de 400 centres agréés, dont notamment Tredi, Sarp, Sotrenor. Le développement de la consigne a cependant permis d'aider les clients finaux dont certains ne sont guère habitués au maniement de déchets dangereux.

Première étape : la collecte. « L'aspect logistique est primordial. Ces emballages représentent d'importants volumes mais de faibles poids. En outre, entre de simples flacons et des cubitainers, la gestion est différente, souligne Hugues Levasseur, responsable marketing de Tredi. Certains flacons ou bidons présentent des risques d'inflammabilité en raison de leur contenu et doivent être incinérés un par un. »

La société de retraitement doit impérativement identifier les emballages et analyser le produit contenu. Certains clients n'utilisent pas l'intégralité du produit. Les sociétés agréées récupèrent donc souvent des fûts ou conteneurs pleins, à moitié vide ou encore contenant des résidus. Par ailleurs, les chimistes et leurs clients doivent se débarrasser de leurs sous-produits et de leurs propres déchets. La législation les oblige à utiliser des emballages conformes à la nature du produit et à les confier aux centres agréés. Certains industriels n'hésitent pas à détourner d'anciens fûts ou conteneurs. S'il s'agit de produits similaires au contenu initial et que le contenu est correctement identifié, la société de traitement ferme les yeux. Mais, parfois, le produit initial et le déchet contenu sont loin d'être identiques et les dangers, loin d'être anodins. Ainsi, le mélange d'acides usés et de solutions cyanurées ou sulfurées peut entraîner le dégagement de gaz cyanhydrique ou sulfurique très toxiques. Attention aussi aux fûts ayant contenu des pesticides. Leur réutilisation sauvage pour y entreposer des solvants ou des déchets d'hydrocarbures peut provoquer le dégagement de substances très toxiques en cas de feu ou d'explosion. Dans ces cas, la société de traitement de déchets ne délivre pas le certificat d'acceptation préalable (CAP) et peut retourner le produit à son expéditeur.

Nettoyer puis réutiliser

Une fois les emballages triés et identifiés, vient l'étape du nettoyage, qui s'effectue le plus souvent par traitement physico-chimique ou par incinération. Certains fûts en acier, les GRV en coque de polyéthylène ou même les GRV composites standards seront ensuite réutilisés. Schütz, qui propose la reprise de ses GRV composites, a ainsi mis en place, en interne, une filière de réutilisation. « La structure métallique externe est nettoyée et réutilisée, tandis que la poche en polyéthylène est nettoyée par friction dans une centrifugeuse, puis broyée. Le plastique sert ensuite en interne pour fabriquer des palettes », explique Gilles Lemaitre, directeur général adjoint. La société investit actuellement 6 millions d'euros dans une station de lavage-recyclage sur son site de Marcoussis (Essonne).

Si les emballages en plastique ne peuvent être réutilisés, ils font l'objet d'une valorisation matière ou énergétique. Ecovalor (Onyx), spécialisé dans la valorisation matière, traite 20 000 tonnes de plastique et d'acier par an. L'entreprise n'accepte cependant pas tous les contenants. « Nous n'avons pas le droit d'accepter ceux ayant contenu des explosifs, souligne Patrick Anceschi, responsable commercial. De même, ceux ayant contenu des phytosanitaires ou des peroxydes ne peuvent être valorisés comme matière secondaire et doivent être incinérés ». Ils sont alors envoyés chez Sarp ou Sotrenor, d'autres filiales du groupe Onyx. Afin de faciliter la valorisation matière, Ecovalor a développé, pour les plastiques, une solution innovante de nettoyage à la vapeur et à la soude, ce qui permet d'extraire au minimum 80 % des produits ayant pu migrer avec le matériau. Le plastique est ensuite broyé et peut être réutilisé. Quant aux emballages métalliques, ils sont traités par un procédé mécanique à sec puis découpés, aplatis et cédés aux aciéries.

Extraction des polluants

Mais, explique Françoise Gerardi, de la Chambre syndicale des emballages plastiques (CSEMP), « il existe, dans la chimie, certains freins à la valorisation matière, notamment quand le produit a tendance à migrer dans le polyéthylène de l'emballage. Il faut alors éviter de retrouver d'infimes résidus de produits chimiques dans le produit recyclé pour des raisons sanitaires ». Sans parler des risques d'odeurs résiduelles. « Le plus important, confirme le Syndicat professionnel pour le recyclage et l'élimination des déchets industriels (Sypred), c'est l'extraction des polluants. ».

La valorisation énergétique reste ainsi la seule fin de vie possible pour certains emballages. L'incinération permet de récupérer de l'énergie, sous forme d'électricité ou de vapeur. Tredi, qui dispose d'une capacité de traitement de 100 000 tonnes par an et dont l'un des sites principaux se trouve à Hombourg (Haut-Rhin), a ainsi établi un partenariat avec le site voisin du chimiste Rhodia, qui réutilise la vapeur dans son process.

La directive européenne de février 2004 fixe le taux minimum de recyclage des emballages en plastique à 22,5 % au 31 décembre 2008. Actuellement, selon les chiffres 2002 d'Ecofût - association créée en 1992 qui regroupe 24 opérateurs en France - sur un total de 43 000 tonnes de bidons, fûts et conteneurs en plastique à usages commercial et industriel, dont une bonne moitié est destinée à la chimie, 12,5 % sont rénovés, 14 % passent par le recyclage matière et 7 %, par le recyclage énergétique. La part de la valorisation énergétique est cependant plus élevée dans le cas des emballages chimiques, en raison des risques inhérents aux produits. « En revanche, les grands récipients vrac souples (GRVS) posent un véritable problème au niveau de la collecte, du fait des gisements souvent diffus, et, sur le plan économique, le coût du traitement étant difficilement rentable », selon Gilles Lemaitre, président d'Ecofût. Sur 24 000 tonnes de GRVS, environ 1,1 % sont réutilisés après nettoyage et dépoussiérage et 1,9 % sont recyclés (1,4 % par valorisation matière et 0,4 % par valorisation énergétique). Et sans aides économiques dans ce domaine, ni filière organisée pour la reprise ou la consigne de ces big-bags en polypropylène, le plus souvent fabriqués en Asie, aucune véritable amélioration n'est en vue.

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