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Sacs de caisse : un débat à clarifier

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Il en est de l'emballage biodégradable comme du développement durable : on ne peut qu'être pour. Mais sur un marché émergent utilisant le vocable porteur biodégradable, les professionnels de l'emballage doivent objectivement faire la part des choses entre les bonnes et fausses bonnes idées.

A lors que l'offensive contre les sacs de caisses ne se relâche pas, que dans beaucoup de régions des milliers de personnes s'interrogent, que des agglomérations prennent des arrêtés visant à réduire les sacs en plastique, que le Ministère de l'écologie organise des groupes de travail pour tenter de fédérer ces initiatives... Dans la jungle des solutions conciliant efficacement besoins d'emballage et protection de l'environnement par l'utilisation de ressources renouvelables à un prix de marché acceptable et intégrant la fin de vie des emballages, les professionnels de l'emballage commencent à y voir plus clair.

La biodégradabilité en question

En effet, le challenge n'est pas évident. Comme l'a rappelé une campagne de communication nationale, le sac en polyéthylène (PE) utilisé aujourd'hui pèse quelques grammes et, incinéré, équivaut à la capacité énergétique de quasiment son poids de pétrole.

À l'opposé, représentant aujourd'hui moins de 0,3 % du marché, l'offre de plastiques biodégradables n'est pas lisible.

Pourquoi ?

Les coûts ? Mais ils dépendent des volumes et l'on voit que le Mater-Bi a réduit ses coûts par 10 en 10 ans, et des financiers sont prêts à investir.

Les performances techniques ?

Ce sont des variables adaptables en fonction des utilisations.

Non, c'est surtout la lisibilité des arguments environnementaux qui pêchent aujourd'hui !

Sous l'impulsion de Carrefour, les différents sacs de caisse sur le marché ont fait l'objet d'une analyse de cycle de vie (ACV) approfondie quoique complexe et soumise à débat entre experts. L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) mesure et compare l'empreinte écologique des différents sacs sur le marché, hors sac textile coton par exemple, en prenant comme référence le sac de caisse en polyéthylène. Toutefois le procédé de dégradation abiotique proposé par Néosac en Haute-Loire n'a pas été pris en compte dans la mesure où il n'était pas sur le marché à l'époque de l'étude. Par ailleurs, Néosac a été très violemment critiqué par différents organismes, dont l'association allemande IBAW, un mois après sa sortie.

Un manque de lisibilité

De cette étude, on peut synthétiser que les cabas réutilisés au mois quatre fois constituent la meilleure solution. C'est du bon sens ! C'est le sac que l'on « ne jette pas ». Et s'il utilise des ressources renouvelables, c'est très bien. Il en ressort que le sac cabas en papier réutilisable est aussi une solution avec une filière de recyclage déjà très bien organisée pour sa fin de vie et très lisible pour le consommateur.

Car c'est bien là que les arguments en faveur du biodégradable doivent être aujourd'hui éclairés.

En premier lieu, biomatériau ne veut pas forcément dire matériau biodégradable et n'est malheureusement pas d'une empreinte écologique minimale. Il n'y a qu'à voir l'organisation de l'agriculture intensive nécessaire pour produire les matières premières.

Et a priori, en l'absence de filière de valorisation, on doit proposer des sacs biodégradables pour les jeter dans la filière de compostage, pas dans les forêts ou dans la mer. Donc pour des utilisations réduites qui devraient être aujourd'hui listées et diffusées à toutes les personnes qui se mobilisent pour prendre des décisions sur les emballages et l'environnement.

Mieux communiquer

On s'aperçoit aujourd'hui que la question n'est pas tranchée. C'est un sujet complexe qui nécessite des propositions concrètes pour les consommateurs, les collectivités, les distributeurs et les industriels du conditionnement, car en matière d'emballage et d'environnement le mieux peut parfois demeurer l'ennemi du bien.

C'est certainement la raison pour laquelle, sous la pression sociétale, les sacs en plastique de caisse vont simplement disparaître, et les consommateurs auront eu l'impression de faire un grand pas pour l'environnement.

À la demande des pouvoirs publics et dans le cadre de leurs positionnements concurrentiels, les distributeurs ont, selon les derniers communiqués de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), baissé le tonnage de l'ordre de 30 %.

C'est pourquoi il est urgent que les professionnels de la filière de l'emballage et du conditionnement se mobilisent pour faire passer les bons messages !

Heureusement des initiatives voient le jour. Des réseaux - incluant les pôles emballages régionaux, le Centre national de recherche technologique (CNRT) en emballage et conditionnement à Reims (Marne), les centre techniques de la plasturgie et les fabricants d'agromatériaux comme Futuramat, sans parler des pôles de compétitivité - se créent pour étudier et développer des solutions techniquement et économiquement correctes.

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