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Economie circulaire

Roselyne Bachelot plaide pour la réduction à la source

Henri Saporta
Lors de ce colloque qui s'est tenu à La Baule les 9 et 10 septembre derniers, Roselyne Bachelot a demandé aux professionnels de mettre en place des programmes de réduction à la source pour limiter l'inflation des déchets.

Pas fameux le bilan des septièmes Assises nationales des déchets qui se sont tenues à La Baule (Loire-Atlantique) les 9 et 10 septembre derniers ! Des Assises consacrées aux moyens de contenir l'inflation de déchets et d'améliorer leur gestion. Lors de ce colloque, qui se réunit tous les deux ans à l'invitation des Directions régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire), représentants des collectivités, experts, industriels et associations ont constaté que la production de déchets continue d'augmenter en France d'environ 1 % par an.

Si, grâce aux collectes sélectives, le tri des emballages progresse, le poids des ordures ménagères, notamment, a grimpé de 945 grammes par jour et par foyer en 1992 à 1 020 grammes en 2000.

Réduction à la source

Cette édition 2003 avait donc pour but de formuler des propositions pour alimenter un plan proposé en juin par Roselyne Bachelot, ministre de l'Ecologie et du Développement durable. Plan qui vise à stabiliser d'ici à 2008 la quantité de déchets produits. Bien connu des professionnels de l'emballage et du conditionnement, l'un des axes retenus est la réduction à la source.

Selon les premières conclusions du Commissariat général du plan rendues publiques par le ministère de l'Ecologie à l'ouverture de ces Assises, les trois quarts des départements français crouleront sous les déchets d'ici à 2010, sans un plan vigoureux de construction d'installations et de réduction des quantités. Quelque 26 départements sont actuellement en situation de pénurie et ne trouvent de solution qu'en exportant leurs déchets ménagers dans un autre département.

Conclusion : en considérant le délai nécessaire à l'ouverture d'une nouvelle décharge ou d'un incinérateur, quelque 75 départements sont menacés de pénurie d'installation de traitement d'ici 8 ans.

D'où une analyse alarmiste du ministère de l'Ecologie : « Ce constat nécessite une réaction rapide. A défaut, les installations non conformes continueront à fonctionner et les décharges non autorisées réouvriront ». D'autant que plusieurs milliers décharges non autorisées subsistent en France, et des villes aussi importantes que Marseille envoient encore tous leurs déchets en décharge. Le constat est sans appel : dix ans après la loi de 1992 sur les déchets, la moitié d'entre eux vont en décharge et ne sont donc pas recyclés.

Selon le ministère de l'Ecologie, chaque Français produit plus de 370 kilos de déchets par an, contre 345 kilos il y a dix ans et 220 kilos dans les années 60. Le coût de gestion a doublé en dix ans. Depuis la loi de 1992 sur les déchets, le coût brut de collecte et de traitement est passé de l'ordre de 75 euros la tonne à 150 euros la tonne.

Alors que nombreux ménages voient donc augmenter la taxe d'enlèvement des ordures ménagères et apparaître une taxe relative aux collectes, le financement du traitement des ordures ménagères ne semble pas assez incitatif.

Pour « stabiliser la production de déchets en 2008 au niveau actuel », Roselyne Bachelot a estimé, lors de ces Assises, que la décentralisation de la gestion des déchets pourrait pousser les départements à exercer une pression plus forte sur les collectivités réticentes à construire de nouvelles installations.

Mesures radicales

Mais Jacques Pélissard, président du Conseil national des déchets, pense, pour sa part, que consommateurs et politiques se partagent la responsabilité du blocage. Et de pointer les bien connus « syndromes Nimby (not in my backyard, pas dans mon arrière-cour) et NIMYE (not in my year of election, pas en année électorale) ».

Des mesures plus radicales pourraient concerner également certains emballages. Alors que les participants déploraient l'explosion des doses individuelles et l'essor des lingettes, Roselyne Bachelot a, de son côté, fermement invité les professionnels à trouver des solutions à l'inflation des sacs de sortie de caisse en polyéthylène. « Ne peut-on se passer de ces sacs gratuits distribués généreusement aux caisses de nos magasins ? La réflexion est engagée avec les professionnels, et devra aboutir avant novembre prochain, pour être intégrée au plan d'action sur la réduction à la source », a précisé la ministre. Dont les services estiment que les milliards de sacs jetés chaque année représentent plus de 20 000 tonnes de matière.

Sacs en plastique

Une bonne occasion de citer le cas de la Corse qui, en mai dernier, avec un vote sur l'utilisation des sacs en plastique organisé par trois enseignes de la grande distribution présentes dans l'île et la Collectivité de Corse. Les consommateurs ont choisi le cabas réutilisable (1 euro), plutôt que le sachet en papier kraft ou celui en amidon de maïs.

Et, dans le monde, plusieurs pays tentent de bannir les sacs en plastique. C'est notamment le cas de l'Irlande, où leur utilisation a chuté de 90 % depuis la mise en place, en mars 2002, d'un prélèvement de 15 centimes d'euros par unité. Le Syndicat des films plastiques (SFP) propose des solutions. Vous les trouverez dans notre hebdomadaire.

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