Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Dossier

Respecter la compatibilité chimique

CYRIENNE CLERC

Sujets relatifs :

,
 

Responsable du contenu et du contenant, le chimiste doit veiller à une foule de critères dont la compatibilité chimique est l'un des principaux.

Aussi les emballages doivent-ils subir une série de tests. « Les contenants en plastique doivent passer des essais avec des produits dits simulants, qui sont au nombre de six : l'eau, l'acide nitrique, les solutions mouillantes à base de tensio-actifs, l'acide acétique, le white spirit et l'acétate de butyle », explique Françis Claria, directeur commercial de Sotralentz.

Par ailleurs, chaque matériau a sa spécificité. « Les plastiques ne sont pas compatibles avec certains solvants aromatiques qui ont tendance à migrer », explique Francis Claria. Ainsi, pour prendre l'exemple des peintures et vernis, les produits à base de solvants sont conditionnés dans des bidons métalliques, alors que le plastique convient pour les peintures à l'eau. « L'acier revêtu est préconisé pour les produits corrosifs, mais ces produits présentent des risques de migration avec le plastique », explique Philippe Penicaud, directeur technique du distributeur Solvadis. La question de la compatibilité chimique est primordiale aussi pour les acides. « Les emballages en inox sont tout à fait conformes pour conditionner de l'acide sulfurique à 98 %. En revanche, l'acide sulfurique à 60 % a tendance à attaquer l'acier », indique Claude Brunet, responsable sécurité hygiène environnement chez le distributeur de produits chimiques Univar. En général, les producteurs et les distributeurs se méfient de la compatibilité entre métal et acide. « Nous avons eu quelques problèmes avec de l'acide acétique en emballage d'acier inoxydable. Selon la nuance de l'acier, celui-ci peut avoir tendance à colorer l'acide », souligne Claude Brunet.

Risque d'incendie

L'un des problèmes les plus récurrents demeure celui des produits inflammables, comme le méthanol, les alcools ou le benzène. « Ceux-ci sont difficilement compatibles avec les plastiques en raison du risque d'inflammabilité. En revanche, les emballages métalliques traditionnels risquent, en cas de rouille, d'entraîner une coloration du produit », explique Philippe Penicaud. D'où l'utilisation la plus courante d'un acier revêtu, qui représente un coût important. « Certes, poursuit Philippe Penicaud, certains plastiques sont a priori compatibles. Mais les opérations de chargement et de déchargement présentent un danger important. Le frottement du produit sur le plastique peut entraîner une charge électrostatique dans le conteneur et un risque d'inflammation ». Pour le conteneur métallique, il suffit d'une mise à terre pour éliminer ce risque. De ce fait, certains producteurs, comme Shell Chemicals, ou certains clients, comme Citroën, ont interdit les emballages en plastique pour les produits inflammables. « Le deuxième danger reste l'incendie », avertit Philippe Penicaud.

Reste qu'assurer la sécurité a un coût. « Cela devient un problème concurrentiel et nous essayons actuellement, avec Solvadis, de faire adopter dans le cadre de la Fédération de commerce chimique (UFCC), un code de bonnes pratiques, afin que tous adoptent les mêmes principes », ajoute Philippe Müller.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

Le gouvernement démuni face aux pénuries

Profession

Le gouvernement démuni face aux pénuries

Face aux tensions persistantes sur les matières premières, une réunion de crise était organisée le 14 avril autour d’Agnès Pannier-Runacher. - Pénuries de plastique, de ferraille ou encore[…]

16/04/2021 | PapierPlastiques
Crown vend son fer-blanc européen

Acquisitions

Crown vend son fer-blanc européen

Le couvercle Orbit trouve son premier client français

Technologie

Le couvercle Orbit trouve son premier client français

La canette a battu des records en 2020

Résultats

La canette a battu des records en 2020

Plus d'articles