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Remplacer le macaron par un antivol plus discret

Gilles Solard

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Trop volumineux pour le consommateur, coûteux pour le distributeur, le macaron antivol n'a plus la cote. La solution ? Intégrer le système directement dans l'emballage ou sur le produit

Le vol est une véritable plaie pour la grande distribution. Or, le macaron antivol n'a plus la cote auprès des consommateurs. Selon BVA, qui a réalisé une étude auprès d'un échantillon de 750 consommateurs pour le compte de Checkpoint, société spécialisée dans les solutions antivol, 94,8 % des personnes interrogées perçoivent au moins un inconvénient au macaron. La lingerie est la catégorie de vêtements la plus visée. Dans ce domaine, le macaron défavorise le produit dans sa présentation (37,4 % des réponses), abîme le produit (31,9 %), a un effet négatif sur l'intention d'achat (27,3 %) et rend l'essayage difficile (23,5 %). Au-delà, toutes les catégories de produits textiles mais aussi les chaussures sont concernées. Et pourtant, selon une étude de l'université de Maastricht sur l'avenir du shopping en Europe réalisée auprès de 1 605 consommateurs dans neuf pays européens entre mai et septembre 2003, plus de 80 % des interviewés reconnaissent la nécessité d'une sécurité dans les magasins. Mais ils sont une majorité à essayer plus volontiers les vêtements qui ne sont pas équipés de protections antivol rigides. Et veulent pouvoir passer aux caisses plus rapidement. Les services de lecture automatique et les caisses automatiques sont désormais attendus malgré une crainte de problème de confidentialité des données.

Côté distribution, la démarque inconnue représenterait 27 milliards d'euros en Europe dont plus de 4 milliards d'euros en France. Pour la seule enseigne Défi Mode qui possède 100 magasins de 800 à 1 200 mètres carrés dans les villes petites et moyennes, elle représente 1 % du chiffre d'affaires, soit 1,5 million d'euros. Compte tenu d'un objectif de 200 à 250 magasins, elle aura atteint les 10 millions d'euros dans les cinq ans qui viennent, estime Dominique Montel, directeur général de l'enseigne. « La culture du vol se développe. Il faut combattre un mal profond qui crée un climat malsain et démotive les équipes de vente », explique-t-il. Au point que certains produits, comme les blousons en cuir, n'étaient plus du tout vendus par l'enseigne.

Mais, pour Dominique Montel, le macaron est aussi impératif que vecteur de problèmes et de contraintes. Il est, en outre, coûteux pour la grande distribution. A l'achat, il vaut 70 centimes d'euros, sachant qu'il est réutilisé six fois par an pour une durée de vie de quatre ans.

Coûteux à la pose

Le macaron est aussi coûteux à l'utilisation, notamment à la pose : pour Carrefour, qui protège 60 à 70 % de ses articles, l'antivol des 150 millions d'articles vendus par an lui coûte au bas mot 15 millions d'euros à raison de 15 centimes d'euros par article... L'enseigne a pourtant bien essayé de résoudre le problème en automatisant la pose du macaron sur son entrepôt de distribution textile de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). La tentative s'est révélée plus compliquée que prévu parce qu'il fallait une machine de pose par catégorie d'articles. Un investissement conséquent... Il fallait aussi gérer les flux de macarons entre les magasins et l'entrepôt. Bref, le distributeur a fini par renoncer à son projet.

Dans ce contexte, l'initiative de Checkpoint paraît bienvenue. Les nouvelles technologies associées à une logistique pointue ont permis de faire éclore, non pas une solution unique mais une série de solutions par catégories d'articles. Une chaussure n'est pas un soutien-gorge ou un jean. Les trois systèmes retenus - la « shoe tag », la « silky tag » et l'« easy wear » - répondent à chacune de ces problématiques et jouissent d'ailleurs d'un accueil favorable. « Ce qui nous intéresse dans les nouvelles technologies c'est de créer un doute majeur auprès des consommateurs, comme les radars automatiques avec les automobilistes », explique Dominique Montel qui a décidé de mettre en place ces nouveaux traceurs dans ses magasins au printemps 2004. « Tous les produits supérieurs à 20 ou 30 euros seront "tagués" et nous allons réintroduire un rayon cuir avec ces solutions ».

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