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Dossier

Réduire à la source... mais jusqu'où ?

Tiziano Polito
 

Prévenir plutôt que guérir ! Depuis l'entrée en vigueur de la directive 94/62 sur les emballages et les déchets d'emballages, la prévention est devenue une obligation légale. À l'époque, l'intention du législateur européen était on ne peut plus claire : favoriser les mesures diminuant l'impact des emballages dans nos poubelles, plutôt que régler les problèmes en aval une fois que les emballages sont devenus déchets. À dix ans de distance, le bilan est globalement satisfaisant. Les études de gisement menées par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), Adelphe et Eco-Emballages démontrent que le tonnage de déchets d'emballages se stabilise en France alors que la population augmente : 4,6 millions de tonnes en 2003, soit le même niveau qu'en 1994, après un pic en 1997 à 4,85 millions de tonnes. Une stabilité due en partie aux modifications des habitudes alimentaires - bière et vin, par exemple, dont la consommation est en recul - et aux phénomènes de substitution qui tendent à favoriser les matériaux légers comme le plastique au détriment du verre ou du métal. Mais qui s'explique surtout par les efforts de réduction à la source, à savoir, concrètement, la diminution du poids unitaire et du volume des emballages.

Un cercle vertueux

Unique dans son genre, une étude du Conseil national de l'emballage (CNE), réalisée sur la période 2000-2003, portant sur huit produits de consommation courante comme les eaux plates, le lait, les lessives ou les yaourts, met en évidence que si la consommation de ces produits a augmenté de 11 % en entraînant une hausse équivalente du nombre d'emballages, les tonnages de déchets correspondants ont par contre diminué de 3 %. Un résultat d'autant plus intéressant que ces denrées représentent 30 % des emballages présents dans nos poubelles. « Ce découplage, est bien la preuve que nous assistons à une réduction réelle à la source sur les marchés », indique Olivier Labasse, délégué général du CNE. Le cadre réglementaire, bien sûr, n'explique pas tout. En optimisant la conception de leurs emballages, les fabricants limitent les matières premières nécessaires à leur fabrication, en baissant d'autant la facture de leurs clients, lesquels, par la même occasion, réduisent les coûts correspondant à la location des palettes et aux camions qui servent à les transporter. Ils répondent ainsi à leurs attentes économiques tout en participant à une démarche de développement durable à laquelle tous les acteurs semblent sensibilisés. Reste à s'interroger sur la pérennité de ce cercle vertueux. Les efforts consentis par les fabricants d'emballages pour diminuer l'épaisseur des boîtes de conserve ou alléger les bouteilles en verre et autres caisses en carton, sont considérables. D'aucuns sont même convaincus qu'il ne reste plus grand-chose « à gratter », à moins de courir le risque d'atteindre les fonctions essentielles des emballages. Le poids d'une bouteille en polyéthylène téréphtalate (PET) a fondu de 30 % entre 1992 et 1999, pour passer de 40 à 27 grammes. Mais depuis, il tend à se stabiliser avec seulement 2 grammes de perdus sur les six dernières années. « Il est vrai qu'une asymptote semble se profiler, mais nous ne sommes pas inquiets. Nous avions les mêmes craintes il y a cinq ans. Comme de par le passé, les progrès techniques nous permettront de passer outre », indique Christophe Bunel, responsable développement process chez Sidel (Tetra Laval), qui voit dans le calcul de structure des bouteilles, l'optimisation des préformes ou le know-how en matière de soufflage, autant de pistes pour réduire encore davantage le poids des bouteilles. Même constat chez Smurfit Socar. « En matière de réduction à la source, il est toujours possible de faire mieux. L'important c'est de penser globalement, pas uniquement à l'allégement des papiers », explique, pour sa part, Marc Bortaud, directeur des ventes et du marketing de l'entreprise. Le cartonnier prend à témoin un récent projet réalisé pour Laiterie de Bresse, un producteur de fromages qui a pu réduire sa consommation de carton ondulé par la seule voie de la mécanisation. Auparavant montés à la main, ses plateaux sont désormais formés par une machine à l'aide de colle éliminant le surplus de matière représenté par les ergots et autres rembourrages qui étaient nécessaires pour garantir la résistance de l'emballage. Bref, la réduction à la source aurait encore de beaux jours devant elle. Sans oublier que le produit participe aussi à cette démarche. Les grands groupes lessiviers ne sont-ils pas parvenus à diminuer les dimensions de leurs barils en carton juste en modifiant la formulation de leurs détergents ? La démarche mériterait aussi d'être généralisée. Comme le rappelle Olivier Labasse, « si la réduction à la source est systématique dans les grands groupes, elle l'est beaucoup moins dans les petites entreprises. »

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