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Quand l'emballage fait parler de lui...

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Promue par le Conseil national d'information indépendante sur les déchets (Cniid), la journée du 25 octobre baptisée « Dégage l'emballage » a-t-elle eu du succès auprès du grand public ? Sans doute pas du tout... Le mot d'ordre ? La chasse aux « emballages inutiles ». Dans un article du 27 octobre, le quotidien Libération raconte... Dans un supermarché de Montreuil, un commando emballages a rempli deux chariots de « courses habituelles » et laissé aux caisses six chariots remplis à ras bords des emballages des produits. « Nous avons transvasé les jus de fruits dans des bouteilles en verre, placé les petits gâteaux dans des boîtes en métal, emballé les fromages dans des feuilles d'arbres », rapporte Florence Couraud du Cniid.

Gaspillage et pollution. Le Cniid qui revendique : « Par cette action symbolique, nous entendons signifier notre refus du suremballage et du jetable, source de gaspillage et de pollution ». Et, comme le Cniid n'y va pas par quatre chemins, le Point vert est ainsi décrit : « Le fameux Point vert, apposé sur tous les emballages, trompe le consommateur, persuadé qu'ainsi l'emballage sera recyclé. En réalité, cela signifie seulement que les industriels ont contribué de manière dérisoire (0,2 centime/unité) au traitement de leurs emballages, dont seulement 5 millions de tonnes sont recyclés sur les 12 millions de tonnes mis chaque année sur le marché (Ademe, 2000). Le nombre d'emballages commercialisés a augmenté de 17 % entre 1994 et 2000 pour représenter aujourd'hui 50 % en volume et 30 % en poids des 27 millions de tonnes d'ordures ménagères produites chaque année par les Français ».

Les organisateurs de conclure : « Nous demandons donc la suppression de tous les suremballages inutiles, ainsi que la vente en emballages réutilisables permettant ainsi la réduction d'un tiers des ordures ménagères. » Voilà qui est dit... Plus curieux ! Dans un article à la gloire du carton, malheureusement assez loin des réalités du marché, le quotidien Le Monde du 29 octobre rapporte que, dans les années 70, « la préférence allait au plastique, plus chic et moins toc. Aujourd'hui, la vague écologique et le souci du traitement des déchets redonnent des vertus au carton, notamment dans les pays les plus soucieux de leur environnement comme l'Allemagne. Cette matière est en effet recyclable. Elle est en outre issue d'une matière première renouvelable et réputée inépuisable, le bois. » Et le plastique en prend pour son... grade : « Le plastique a, en revanche, une mauvaise réputation écologique. Présenté comme difficilement dégradable ou recyclable, il est en outre fabriqué à partir d'une matière fossile, le pétrole. » Et les déboires des sacs en polyéthylène sont éloquents. Mais, si l'emballage fait beaucoup parler de lui, les fabricants d'emballages - à l'exception de Tetra Pak (Tetra Laval) qui est la seule entreprise à avoir adopté une stratégie de communication tournée vers le grand public - ne font pas beaucoup parler d'eux. L'annulation des Trophées du développement durable organisés par Ecobilan (PricewaterhouseCoopers) sur le salon Europack en est un exemple frappant. Pour sa part, Groupe Industrie Services Info (GISI), l'éditeur d'Emballages Magazine, a décidé de reporter ses Assises du packaging prévues en janvier prochain.

Le résultat est, au final, assez paradoxal ! Alors que la filière de l'emballage et du conditionnement a su se prendre en main il y a dix ans quand est sortie la directive 94/62/CE. Alors que, selon le principe du pollueur-payeur, la filière de l'emballage et du conditionnement est l'un des rares secteurs industriels à inclure la fin de vie de ses produits dans son cycle économique par le biais du Point vert. Alors que la filière de l'emballage et du conditionnement a fait de la réduction à la source une réalité, l'emballage est toujours montré du doigt comme si rien n'avait été fait. Et sans rappeler qu'il remplit des fonctions indispensables en termes de services rendus, de transport, de protection et de conservation ! Qu'il y ait plus d'emballages est indéniable, évolution de la société oblige, mais, depuis quelques années, cette progression (lire 584) se fait en unités de vente consommateurs (UVC) et non en tonnes.

Problème d'éducation. Comme, de son côté, l'Union européenne prépare une révision à la hausse des taux de recyclage de la directive européenne 94/62/CE, la filière de l'emballage et du conditionnement pourrait bien affronter des lendemains difficiles. Car les filières de traitement des déchets explosent quand les circuits d'utilisation de matières issues du recyclage cherchent un nouveau souffle. Quant aux indispensables incinérateurs, ils n'ont jamais eu aussi mauvaise presse.

Interrogé par Libération dans l'édition du 27 octobre, le designer d'emballages Fabrice Peltier déclare : « Je suis d'accord sur le fait qu'il y a trop d'emballages mais, comme la voiture ou l'ordinateur, les gens ne veulent plus s'en passer. Il faut faire avec. Je crois que le problème numéro un est un problème d'éducation. Il est difficile d'apprendre aux gens à trier leurs déchets, ou à ne pas jeter leurs emballages n'importe où. Je crois que l'industrie de l'emballage est celle qui a le plus travaillé sur la revalorisation des produits. Par exemple, la bouteille d'eau minérale en plastique a perdu 80 % de son poids ces dernières années. L'emballage n'est pas un problème, c'est la manière dont on vit avec qui en est un. »

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