Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Enquête

Perrier complète son offre en embouteillage avec le remplissage

Tiziano Polito

Sujets relatifs :

, ,
Fort d'une première expérience réussie avec la société Ermes, Perrier a décidé, l'année dernière, de se lancer seul sur le créneau du remplissage en focalisant son offre sur les monoblocs. Après avoir vendu une vingtaine de machines sur le marché français, le constructeur ardéchois vise maintenant l'export.

« Vous ne ferez jamais rien de bien ! » Antoine Perrier n'y allait pas avec le dos de la cuillère lorsqu'il s'agissait d'inciter ses enfants à travailler plus. Education rigoureuse, journées longues et fatigantes, il est vrai, qu'au début du siècle dernier, la vie n'était pas facile au Cheylard, au beau milieu des montagnes de l'Ardèche. Ses « encouragements » n'auront pas été vains. Le fondateur de l'entreprise Perrier, créée officiellement en 1926, ne serait pas peu fier de voir ce qu'est devenue, 80 ans après, la petite affaire familiale : un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros, dont 50% à l'export, 125 collaborateurs, 3000 machines installées. Entre-temps, sous l'impulsion de son fils René, l'entreprise aura su se reconvertir avec succès du métier de la serrurerie à celui de l'embouteillage. Le tournant, qui aura lieu dès les années 1960, sera favorisé par le boom de l'industrie des boissons gazeuses. Perrier Frères est créé en 1959.

Agitateur

Bien introduit dans la plupart des usines locales, Perrier exploitera son savoir faire de ferronnier pour proposer ses services de « mécanicien » à sa clientèle. Le constructeur fera ses débuts dans l'industrie de la limonade en développant un agitateur de bouteilles, le modèle PF 62, pour la société La Préservatrice en 1962.

Issu d'un besoin industriel précis - l'homogénéisation de la boisson c'est à dire l'opération de mélange de l'arôme à l'eau gazeuse - ce dispositif, le premier dans son genre, met en oeuvre le principe de la prise de bouteille par le corps. D'autres innovations suivront. A chaque fois le constructeur ouvrira de nouvelles pistes technologiques, tant au niveau du process de fabrication que du conditionnement de la boisson, pour répondre à des attentes de ses clients dans des secteurs aussi variés que le vin, les spiritueux, le lait, les bières ou les eaux. C'est le cas pour le nettoyage de bouteilles, avec le lancement des premiers modèles de rinceuses et d'insuffleuses, le transport, avec la mise au point du principe de transfert de la bouteille par le col, le contrôle de qualité avec les mireuses ou le dosage avec des micro-doseuses qui seront utilisées dans la fabrication des premières eaux aromatisées. Sans oublier la méthode champenoise, secteur dans lequel Perrier deviendra, avec ses dégorgeuses, doseuses et autres agitateurs de bouteilles, un équipementier de référence sur le marché.

Remplissage

Etrangement, le constructeur ne s'attaquera au remplissage - qui représente pourtant la fonction primaire de l'industrie de l'embouteillage - que beaucoup plus tard. Prudent, il décidera de se lancer sur ce créneau en compagnie d'un spécialiste, la société Ermes, un petit constructeur établi à Courcouronnes (Essonne). Le partenariat entre les deux entreprises durera deux ans, de 2003 à 2004. Il soldera par la livraison de cinq machines à destination du secteur des vins et spiritueux.

Depuis, le constructeur du Cheylard a décidé de faire cavalier seul dans la poursuite de cette aventure. Fer de lance de son offre, le monobloc, à savoir une machine qui intègre trois fonctions sur le même bâti : le lavage de la bouteille, le tirage et le bouchage. Si Perrier n'a rien à apprendre de personne en matière de rinçage, son expérience en matière de remplissage se construit progressivement avec un savoir-faire qui se limite, pour l'instant, au tirage de liquides plats tels le vin, les spiritueux, ou les eaux minérales. Il demeure, en revanche, intégrateur pour ce qui concerne le bouchage - une partie à vrai dire très technique généralement soustraitée par tous les constructeurs - en intégrant des tourelles du français Zalkin, Arol ou autres.

Succès

Après la présentation de sa machine lors d'Emballage 2004, en novembre dernier, l'entreprise a enchaîné les succès commerciaux. Elle revendique aujourd'hui une vingtaine de clients, principalement en France. Parmi ses références, Mumm, Remy Martin, Remy Cointreau, Routin, dans les champagnes et spiritueux, les Vignerons Catalans, Yvon Mau, mais aussi Georges Duboeuf qui a acheté trois machines dans le secteur du vin et les eaux de Vittel qui ont investi dans un monobloc atteignant une vitesse horaire de 33 000 bouteilles. « La plupart de nos clients nous font confiance parce qu'ils nous connaissent », indique Xavier Tanguy, directeur commercial de l'entreprise. Quarante ans après, l'histoire semble se répéter. Introduit dans les usines d'embouteillage grâce à ses laveuses, mireuses et autres insuffleuses, Perrier profite de sa bonne image de marque pour placer ses remplisseuses. Bien souvent en remplacement de machines existantes.

« Nous connaissons Perrier depuis 1990. Après 15 ans, nos rapports peuvent s'assimiler à du partenariat. Il va de soi que ce type de relation influe positivement sur nos décisions d'investissement », explique Jean-François Dupuy-Chauvin, responsable de l'usine d'embouteillage que le groupe Yvon Mau possède à Gironde-sur-Dropt (Gironde). Ce spécialiste des vins Bordeaux a installé son premier monobloc l'année dernière. Appréciée pour sa robustesse, sa facilité d'emploi et sa conception hygiénique, la machine est capable d'embouteiller 6000 cols par heure. « Nous l'avons choisie aussi pour la simplicité des changements de format car parfois nous sommes obligés de modifier la bouteille 20 fois par jour », ajoute Jean-François Dupuy-Chauvin. Faut-il encore souligner que sur cette ligne, Yvon Mau utilise neuf types de bouteilles différentes de la bordelaise à la bourguignonne en passant par la hollandaise et ce sur une plage de contenances allant du 75 cl traditionnel au magnum de 150 cl.

Satisfait de son choix, il est fort probable que cette entreprise, qui embouteille chaque année 43 millions de bouteilles et réalise un chiffre d'affaires de 89 millions d'euros avec 200 salariés, pense à nouveau à Perrier lorsque sera venu le moment de remplacer une remplisseuse sur l'une des ses cinq autres lignes de production. Chez Perrier, en tout cas, on l'espère.

Export

Comme on espère d'ailleurs de vendre davantage de monoblocs en France et surtout à l'export, où, pour le moment, l'entreprise n'a pas encore vendu de machines alors qu'elle y réalise la moitié de son chiffre d'affaires. « Nous avons de bons espoirs pour que ça puisse se concrétiser avant la fin de l'année », explique Isabelle Bouchardon, responsable communication. C'est donc dans un esprit de confiance que Perrier prépare son avenir. La surface de son usine de La gare devenant insuffisante, le constructeur a décidé de se doter de 3000 mètres carrés supplémentaires pour augmenter ses capacités de production. Le site de montage sera en grande partie dédié à l'assemblage des monoblocs. Les locaux seront prêts en juillet prochain.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

GCA reprend Soflog

GCA reprend Soflog

Les deux entreprises créent GCA Supply 4 Industry. - Dirigé par Delphine André, petite-fille du fondateur de ce transporteur fondé en 1932, Groupe Charles André (GCA) a repris Soflog. Le rapprochement de ces[…]

09/11/2018 | Acquisitions
Les convoyeurs télescopiques portent Uvo Technologies

Résultats

Les convoyeurs télescopiques portent Uvo Technologies

Albis prend la carte QCP

Albis prend la carte QCP

Vitop lance un nouveau Delta

Vitop lance un nouveau Delta

Plus d'articles