Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

"Ne retirer du marché que les lots concernés"

PROPOS RECUEILLIS PAR GILLES SOLARD

Gencod EAN France est la structure de concertation industrie/commerce regroupant 25 000 entreprises adhérentes. L'organisme est chargé de définir, diffuser et assurer la maintenance des standards de communication EAN : codes à barres, EDI et, aujourd'hui, la RFID.

Quel est le rôle de Gencod EAN France en matière de traçabilité ?

Le rôle de Gencod consiste à définir les technologies pour assurer la traçabilité, technologies telles que l'identification automatique ou les échanges de données informatisés. Il s'agit notamment d'indiquer comment il faut les mettre en oeuvre et selon quels standards. A cela s'ajoute un rôle supplémentaire : celui d'être une plate-forme neutre entre les professionnels, transversalement ou en filière. Il ne s'agit pas, en effet, d'entrer dans la relation commerciale ou dans la relation d'affaires.

Début 2000, quand l'enjeu de la traçabilité est devenu plus important, notamment dans les domaines agricole et agroalimentaire, nous avons créé un groupe de travail. Les objectifs visés étaient de clarifier la terminologie, de définir les différentes facettes de la traçabilité, de déterminer les objectifs et les moyens de maîtrise et d'élaborer les recommandations pédagogiques pour la mise en oeuvre de la traçabilité, en vue d'assurer la cohérence et l'interconnexion des traçabilités entre chaînons d'une même filière et entre filières.

Que ressort-t-il concrètement de ce groupe de travail ?

Fin mars, il est ressorti de ce groupe quelques recommandations transversales approuvées par l'ensemble des acteurs qui sont tombés d'accord sur les priorités suivantes : d'abord, marquer et lire les palettes avec le Serial shipping container code (SSCC), code international à 18 chiffres dont la structure définie par EAN International permet d'identifier chaque palette de façon unique ; ensuite, établir et mémoriser les liens, d'une part entre le SSCC et les numéros de lots (plus les destinataires), pour le fabricant et, d'autre part, entre le SSCC de la palette mère et le SSCC de la palette fille, pour les prestataires et les distributeurs ; et, enfin, envoyer et recevoir un avis d'expédition électronique (DESADV).

Et qu'en est-il du marquage des cartons ?

Le principe du marquage des cartons en EAN 128 a également été accepté et nous semble être, à terme, un objectif général à atteindre pour les entreprises. Cependant, sauf exception (produits à la coupe, produits à poids variable, par exemple), ceci ne sera pas exigé immédiatement par les distributeurs. En fait, la réglementation peut être respectée sans ce marquage, mais avec une précision limitée. C'est pourquoi, lorsque les partenaires souhaiteront affiner leur traçabilité et se donner les moyens, en cas de problème, de rappeler les produits de façon plus ciblée - comme le règlement les y encourage-, le marquage des cartons en code à barres EAN 128 avec le code de l'article et le numéro de lot notamment, s'avérera utile.

La recommandation sur la mémorisation des liens va obliger toutes les entreprises à faire de la traçabilité ?

L'objectif n'est pas seulement de respecter une directive de Bruxelles qui fait obligation en Europe de retirer les produits à risque. Une entreprise qui n'a pas d'application dédiée à la traçabilité peut néanmoins répondre à cette directive, si elle retire systématiquement du marché tous les produits pour lesquels elle a identifié un risque. Mais ce n'est économiquement ni raisonnable ni responsable. Notre recommandation permet une traçabilité raisonnée - j'insiste là dessus -, qui consiste à ne retirer du marché que les lots concernés, et non pas une traçabilité à l'aveugle.

Pourquoi Gencod EAN France cherche-t-il à imposer le standard ePC en matière d'identification par radio fréquence (RFID), alors que les normes ne sont pas au point ?

Une norme fait appel à des critères de qualité et concerne plus des produits que des applications. Mais les acteurs de la normalisation ISO sont des vendeurs de technologies, alors que les utilisateurs au sein d'EAN définissent des solutions standards. Leur souci commun est de disposer d'une solution qu'ils puissent déployer universellement. Ils ne veulent pas être confrontés dans le domaine des NTIC à des problèmes de prises de courant ou de téléphone au multiples formats ou de largeur de rails de chemin de fer différente selon les pays. C'est pareil avec les étiquettes électroniques. Les choix faits au sein de ePCglobal consistent à concentrer les efforts de développement sur une solution afin de simplifier la mise en oeuvre, et par conséquent réduire les coûts. L'espace de stockage à 96 bits relativement faible permettant simplement d'identifier un produit ou un objet de façon unique et rien d'autre, la décision de privilégier l'écriture une fois et la lecture multiple, la limitation à deux fréquences... sont révélateurs de choix techniques guidés par des choix d'utilisation. Cette primauté de l'usage sur la technique caractérise la démarche ePC. Ce choix philosophique me paraît très fort et tout à l'avantage des futurs utilisateurs.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

IPwe mise sur le Digital Link

Innovation

IPwe mise sur le Digital Link

Le spécialiste de la propriété intellectuelle croit au potentiel de ce standard de communication dans la grande consommation. - Quelle est « la dernière innovation de rupture de l’ère[…]

04/11/2021 | Traçabilité
 Pour tout savoir sur le GS1 Digital Link

Rendez-vous

Pour tout savoir sur le GS1 Digital Link

ePac Flexible toujours plus connecté

Technologie

ePac Flexible toujours plus connecté

Sleever joue la pédagogie

Profession

Sleever joue la pédagogie

Plus d'articles