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Enquête

Muller soigne le conditionnement de ses canards pour la distribution

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Spécialisée dans la transformation de canards, Muller a investi 10 millions de francs (1,52 million d'euros) dans l'extension de son site, avec le renouvellement de quatre lignes d'emballage. Installée à Hagetmau (Landes), la société espère développer ses débouchés avec la grande distribution et gagner de nouveaux marchés.

Sur la période 1999-2000 la société Muller, spécialisée dans la transformation de canards, a dépensé 10 millions de francs (1,52 million d'euros) pour l'extension de son site d'Hagetmau (Landes). L'investissement le plus important a concerné le froid négatif et le froid positif, ainsi que l'amélioration des conditions de stockage avec la réalisation l'année dernière d'une nouvelle chambre de congélation. Une partie de cette somme a aussi été investie en acquisition de matériels. « Nous avons renouvelé quatre machines pour le sous-vide. Notre atelier de production comprend une ligne d'emballage pour les produits préparés (cuisses, confits...), deux lignes au niveau de la conserverie, dont une est plus spécifiquement destinée aux gros conditionnements (gros blocs de foies gras frais), et enfin trois lignes au niveau des foies gras crus entiers. Deux sont entièrement nouvelles et ont nécessité d'importants investissements en machines » , explique Frédéric Oriol, directeur adjoint du site et responsable de la production. Ces dépenses étaient devenues nécessaires pour répondre aux exigences toujours plus pointues de son principal client, la grande distribution. Au début des années 90, les enseignes de GMS ne représentaient pas plus de 6 % du chiffre d'affaires de Muller. Aujourd'hui, l'entreprise réalise 80 % de son activité avec la grande distribution et souhaite développer encore de nouveaux marchés grâce à ses dernières acquisitions. Un équipement qui lui permet d'offrir une présentation plus qualitative de ses produits. Sur 1999, le chiffre d'affaires de la société atteignait les 200 millions de francs. Il progresse actuellement de 10 à 15 % par an.

5 000 à 6 000 canards au quotidien

L'unité de production de Muller traite 5 000 à 6 000 canards au quotidien, deux fois plus qu'il y a deux ans. Au total, la société transforme 1,7 million de canards par an.

900 000 bêtes sont issues d'une production intégrée. Les animaux sont élevés et abattus par une filiale du groupe située dans les Pyrénées-Atlantiques. 400 000 proviennent de producteurs locaux avec lesquels la société a passé un contrat et 400 000 sont achetées auprès des opérateurs d'autres régions.

En termes de délais, l'acheminement en magasin s'effectue, en général, sous 48 heures et peut même être ramené dans des cas précis à 24 heures. Ancienne entreprise familiale de découpe de canards, Muller SA a progressivement, au cours des dix dernières années, diversifié son activité en se lançant dans la transformation de canards entiers. L'entreprise a été rachetée en 1995 par le groupe Comptoir commercial alimentaire qui, avec 980 salariés, réalise 1,1 milliard de francs (168 millions d'euros) de chiffres d'affaires. Avec 110 salariés, elle n'a cessé de développer ce marché en créant dans un premier temps une véritable ligne de produits - foies gras crus, magrets fumés ou non, cuisses - autour de sa propre marque. L'ensemble de la gamme Muller, soit une quinzaine de produits, est référencé chez Carrefour. Chez Casino, l'entreprise fournit sous sa propre marque la plate-forme Ouest de l'enseigne et celle de Paris pour les foies gras. La société landaise traite aussi en direct avec les centrales d'achats de ces grandes enseignes.

Suivi très strict

« Au départ, nous avions un peu peur de démarcher les enseignes de hard-discount. Nous pensions que cela pouvait être préjudiciable pour notre image. En fait, nous avons vite compris que ces enseignes imposaient des cahiers des charges et un suivi très stricts avec des audits réguliers qui nous permettent de progresser », commente la direction. Chez les hard-discounters, Muller a des référencements nationaux sous marque distributeur. Chez Muller, on joue sur la complémentarité des attentes de la grande distribution classique et celles des discounters. Pour ce dernier circuit, la société a développé une gamme plus réduite, en général trois ou quatre références en MDD.

« Notre démarche qualité, entamée il y a cinq ou six ans, concerne tous les niveaux de la production. Elle nous a permis d'obtenir l'agrément Qualisud sur nos produits et la certification IGP pour la majeure partie de la production. En quelques années, notre société a créé sa propre ligne de produits qui comporte une quinzaine de références. Nous avons mis en place une politique marketing et, depuis peu, nous cherchons à améliorer le conditionnement. Les exigences de notre clientèle sont de plus en plus nombreuses, cet aspect n'échappe pas à la règle. Un bel emballage doit répondre à la fois à des critères techniques (sécurité alimentaire, DLC) et esthétiques », souligne Frédéric Oriol. Le conditionnement est intégralement réalisé en interne : aucune sous-traitance dans ce domaine. Aussi, Muller a décidé d'investir dans une machine Opa Operskin, utilisée pour le conditionnement sous vide des foies gras crus entiers sur les deux premières qualités : extra et premier choix. « Au-delà de la cadence de production, notre objectif principal était d'être en mesure de proposer à notre clientèle une présentation plus qualitative. L'emballage doit être esthétique et attirer l'oeil. Le foie gras est considéré comme un produit de luxe, sa présentation doit être tout aussi soignée, en particulier pour du haut de gamme », ajoute Frédéric Oriol.

Barquettes rigides

Chaque foie gras cru entier de qualité supérieure est présenté sur des barquettes rigides thermoformées operculées avec un film barrière.

Coté clientèle, la mise en rayon s'en trouve également facilitée. Le consommateur a tendance à acheter des produits qui le sécurisent : il optera plus volontiers pour un produit dont il peut visualiser l'aspect et la texture. Le fonctionnement de l'Opa Operskin nécessite deux opérateurs, un devant et un à la réception.

Avantage : la cadence peut atteindre dix barquettes à la minute. Si l'on fait tourner la machine sur une période de sept heures, la capacité de production peut aisément atteindre 4 200 barquettes par jour. Chez Muller, le roulement de travail pour les salariés est calculé sur sept heures. « Nous avons dû former en interne notre personnel à l'utilisation de cette ligne, mais le principal souci avec ce type de machine concerne les coûts de maintenance qui peuvent s'avérer très élevés », poursuit Frédéric Oriol.

Emballage qualitatif

Muller est l'une des deux seules entreprises françaises de son secteur d'activité à posséder cette ligne d'emballage sous vide. « En faisant le choix d'acquérir cette machine dès 1999, notre souci était de répondre aux désirs de notre clientèle en matière d'emballage qualitatif. C'était un passage obligé pour rester compétitif. Nos principaux concurrents sont en train de faire de même. Afin de rentabiliser notre investissement, nous avons cherché à développer de nouveaux créneaux de distribution, ceux qui pouvaient être intéressés par une présentation qualitative », note le directeur adjoint du site.

La restauration collective fait justement partie des nouveaux débouchés. « Nous travaillons ce circuit depuis peu, notamment avec les distributeurs spécialisés de la CHR, mais les premiers résultats sont encourageants. Ce secteur est particulièrement sensible à la qualité des produits et à leur présentation. Si nous n'avions pas accentué nos efforts sur nos emballages, nous n'aurions sans doute pas intéressé la restauration collective », ajoute le directeur adjoint.

L'entreprise multiplie actuellement les recherches afin d'améliorer le conditionnement : elle travaille sur un projet d'emballage sous atmosphère modifiée. Dans l'immédiat, Muller espère continuer à faire progresser son chiffre d'affaires annuel de 10 à 15 %.

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