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Marquage sans solvants, une garantie de propreté

Gilles Solard
Plus de manipulations dangereuses, ni de risques d'émissions toxiques. Le marquage sans solvants progresse chez les industriels, notamment de l'alimentaire. Plusieurs technologies sont en lice.

«Avec le marquage sur la bouteille de la date et de l'heure, nous réalisons la traçabilité. Cela nous permet, par exemple, de connaître la rotation des produits dans les magasins », explique le porte-parole de l'unité de conditionnement de l'eau minérale Quézac. La marque avait lancé, en 1995, la première bouteille en polyéthylène téréphtalate (PET) de couleur bleue sur le marché de l'eau minérale. Autre particularité : cette traçabilité est réalisée avec une imprimante laser depuis la fin de l'année 1999. Or, très rares encore étaient, en France, les minéraliers qui, à cette date, avaient choisi cette solution pour le marquage de leurs bouteilles. « Nous avions auparavant une impression au jet d'encre. Mais notre politique environnementale nous oblige à contrôler nos émissions. Tout solvant entrant dans l'entreprise doit être suivi », explique notre interlocuteur.

L'utilisation du laser permet ainsi de supprimer un consommable difficile à gérer dans l'entreprise puisqu'il faut, non seulement l'acheter, l'entreposer et le manipuler quotidiennement, mais aussi assurer le recyclage des emballages après utilisation. Les inconvénients du jet d'encre peuvent apparaître lors de la carbonatation, une opération qui consiste à additionner une pression de gaz avec de l'eau entre 9° et 11°. Il se produit alors un phénomène de condensation qui peut facilement provoquer l'effacement de l'encre. Et le séchage n'est pas tout. La tenue dans le temps joue aussi, car les produits cubiques ont tendance à se frotter l'un sur l'autre pendant le transport ou la mise en linéaire. Et, si l'on ne peut pas relire le marquage, la traçabilité n'est plus assurée... Mais au-delà des questions matérielles, c'est l'image même de cette technologie propre et sans solvants qui a été essentielle, car elle correspond à celle du produit : « Nous vivons d'une matière première naturelle : l'eau », conclut le porte-parole. La motivation marketing a donc été primordiale.

Encre solide

Cependant, le laser ne résout pas tous les problèmes d'impression sans solvants. S'il fonctionne sur le PET, sur le verre ou le carton, il a plus de difficultés avec les films en plastique. Existe alors une autre solution de marquage sans solvants : le jet d'encre thermofusible. Mise au point et brevetée par la société Markem et apparue en France en 1986, la technologie est basée sur l'utilisation d'une encre solide. Non toxique, elle ne présente pas de danger pour les opérateurs et ne pose pas de problème de recyclage des emballages vides et de manipulation de matières dangereuses, toxiques et volatiles. Dénommée Touch Dry, cette encre n'attaque donc pas le support pour le pénétrer. L'encre chauffée est simplement déposée et sèche instantanément. « On peut même imprimer sur un buvard », explique-t-on chez Markem. Pour recharger le système, il suffit d'introduire un nouveau bloc d'encre solide dans le réservoir de l'appareil sans arrêter la production.

Le jet d'encre thermofusible s'applique particulièrement bien à l'agroalimentaire pour le marquage des cartons en fin de ligne de conditionnement. Dans le Jura, les fromageries Président ont retenu cette solution après une année d'essai. Placées sur chacune des dix lignes de suremballage en caisses en carton, ces machines remplacent aujourd'hui des étiqueteuses, jugées peu fiables. « S'il y a défaillance de marquage, l'usine s'arrête. Grâce à ces machines, notre taux de relecture est de 99,9 % », explique Jean-Loup Pionnier, attaché de direction. Et la question des solvants s'est posée. « Dans le cadre d'une démarche Iso 14001, nous n'en avions pas besoin ».

Enfin, dernière technologie d'impression sans solvants, le transfert thermique direct. Celui-ci repose sur l'utilisation d'une tête d'impression et d'un ruban transfert thermique. L'impression est réalisée à une résolution de 200 à 300 dpi (dot per inch) en utilisant une petite partie du ruban pour transférer l'encre sur le support. Une technologie notamment retenue par la Biscuiterie nantaise à Nantes pour des raisons de sécurité alimentaire. « Le biscuit nu directement en contact avec son emballage, et la présence d'encre, de solvant, voire d'odeur si proche du biscuit, nous a fait préférer la solution du transfert thermique direct », explique Jean Letertre, responsable achats.

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