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Dossier

Maîtriser ses coûts en limitant ses impacts

Tiziano Polito
Dans le secteur des machines, la compétition abandonne le terrain des performances techniques pour se déplacer sur celui des économies et de l'environnement. Une tendance forte qui risque bien de bouleverser la donne d'ici quelques années.

C'est un fait. Qu'il s'agisse de matières premières, d'énergie ou de salaires, les prix des facteurs de production - pour utiliser un langage d'économiste - ont tous augmenté au cours des dix dernières années. Des augmentations parfois sévères... Le cours du baril de pétrole - dont dépend notamment le prix des carburants et, par ricochet, celui des transports - a été multiplié par cinq entre 1998 et 2007. Les matières plastiques ont pratiquement doublé sur la même période. Tout comme les loyers des surfaces industrielles. La main-d'oeuvre enregistre, quant à elle, une hausse emblématique de 30 %. Bref, produire coûte plus cher. A cette problématique d'ordre économique est venue s'en ajouter une autre, plus complexe, qui concerne l'environnement. La mise en oeuvre progressive du principe du pollueur payeur s'est traduite, en effet, par des écotaxes qui tendent à favoriser la réduction à la source des emballages et l'emploi de matériaux plus faciles à valoriser. Elle a également conduit à un encadrement beaucoup plus strict des rejets des usines dans l'environnement : les effluents doivent être traités et les déchets, acheminés vers des filières de valorisation. Et lorsque cela n'est pas possible, l'industriel doit de toute manière supporter la charge financière de ces pollutions. Les émissions de CO2 s'achètent et s'échangent désormais comme des valeurs boursières. En une phrase : polluer coûte de l'argent. Cette dynamique ne pouvait rester sans conséquences sur la demande en matériel de production. « Nos clients veulent maintenant savoir ce que leur coûte une machine à l'exploitation, c'est-à-dire ce qu'elle leur coûte chaque jour en électricité, en consommables, en main-d'oeuvre. Ils veulent aussi savoir si elle pollue et dans quelles proportions, parce que cela comporte un coût », explique Jérôme Jullien, directeur marketing de Domino qui produit du matériel de marquage.

Modifier le process

 

Les améliorations techniques sur les machines d'emballage et de conditionnement visant, d'un côté, à limiter les consommations et, de l'autre, à réduire leurs émissions polluantes ne datent pas d'hier. Les constructeurs de souffleuses de bouteilles en plastique ont commencé à s'intéresser au poste air comprimé, gros consommateur d'énergie, il y a une dizaine d'années. Ils sont parvenus à réduire la facture d'électricité en mettant en place des fonctions de recyclage de l'air et en limitant les volumes morts à l'intérieur des circuits. Dans le collimateur, également, les dispositifs utilisant de la chaleur comme les tunnels de rétraction, employés dans le conditionnement sous vide, mais aussi dans le manchonnage ou le fardelage. L'isolation et une meilleure circulation des flux d'air chaud et de vapeur à l'intérieur des machines auront permis de les rendre moins énergivores. Mais parfois améliorer ne suffit pas. Et il s'avère nécessaire de modifier le process... « Près d'une machine sur deux chez nous ne comporte plus de colleuse. Afin d'éviter l'emploi de ces systèmes très gourmands en électricité, nous proposons d'autres solutions, comme l'encliquetage », explique Laurent Bachelier, directeur marketing de la filiale française de MeadWestvaco, spécialisé dans les machines de suremballage multipack en carton. Un autre axe aura consisté à travailler sur les process en vue de les rendre plus économes en matériaux, par exemple en réduisant les chutes lors de la transformation ou en permettant aux machines de travailler sur des supports plus fins. Quant aux consommables - colles, encres, huiles, films -, là aussi un seul mot d'ordre : réduire leur emploi au strict nécessaire, voire les éliminer complètement. Enfin, les pollutions. Dans ce domaine, la priorité aura été de réduire la quantité d'effluents et d'éliminer, autant que faire se peut, les composants nocifs. Dans ce sens, l'emploi de solvants à base d'alcool, plus compatibles avec l'environnement et moins dangereux pour l'opérateur, constitue une réelle avancée dans le secteur du marquage-codage. Les résultats sont là. Globalement, les machines d'emballage travaillent mieux, plus vite, tout en consommant moins d'énergie, moins de matières premières, moins de consommables et en générant moins de rejets. A la différence du passé ces améliorations sont maintenant systématiquement mises en avant par les constructeurs. Elles deviennent même, un argument commercial, notamment vis-à-vis de la concurrence des pays à faible coût de main-d'oeuvre. Signal fort, Sidel sera présent à Interpack, du 24 au 30 avril, à Düsseldorf, avec un stand dédié à l'environnement sur lequel seront montrés des procédés de stérilisation non polluants, des machines économes en énergie, des bouteilles allégées. Afin que son discours soit plus parlant, le constructeur ne lésine pas sur les précisions : « 40 fois moins d'agents chimiques », « -15 % d'électricité », « entre 25 et 40 % de matières premières en moins ». Nous sommes loin de l'épiphénomène. La plupart des concurrents de Sidel s'inscrivent dans la même démarche. Toujours à Interpack, Krones lancera Enviro, un « passeport énergétique » qui mettra en valeur les économies d'énergie et d'eau réalisables sur ses machines. Alors que KHS mettra en avant Eco, son nouveau tunnel de rétraction pour le fardelage de bouteilles qui présente la particularité de fonctionner au gaz et non pas à l'électricité. Et qui comporte, une réduction de la facture énergétique de 50 % et une baisse des émissions de CO2 de 60 %. Un cercle vertueux serait-il en train de se mettre en place ? De Coca-Cola à Procter et Gamble en passant par Nestlé ou L'Oréal, les grands groupes ont pris l'habitude de communiquer sur les efforts réalisés en matière de pollutions, d'énergie, de matières premières, de transport, d'emballage, la plupart d'entre eux élaborant un rapport de développement durable, dans lequel des informations chiffrées sont fournies. Pour l'instant, les gains obtenus grâce aux machines d'emballage et de conditionnement ne figurent pas encore clairement dans ces documents. Mais qui sait ? Ce sera peut-être le cas demain.

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