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Enquête

Les vins du Sud-Est investissent dans la qualité et le marketing

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Pour assurer la traçabilité et l'authenticité de leurs produits, caves particulières et coopératives du Sud-Est de la France se modernisent. Les investissements portent sur des chaînes d'embouteillage et de conditionnement. Quant aux sociétés de services, elles proposent de l'embouteillage et du stockage dans une perspective de qualité.

Théâtre de nombreux investissements ces dernières années, le secteur du vin du Sud-Est de la France est en pleine réorganisation. La tendance générale est à une recherche de qualité dictée par les exigences du consommateur. Et la pression toujours plus forte des producteurs du Nouveau Monde.

Au-delà de la qualité gustative des produits, la traçabilité et la sécurité sanitaire s'imposent comme d'incontournables mots d'ordre. Pour répondre aux interrogations du consommateur, le rassurer et prévenir tout risque de crise alimentaire, certains se convertissent à l'agriculture biologique, d'autres préfèrent s'orienter vers la normalisation de la chaîne de production. Dans tous les cas, la recherche de qualité passe aussi par des améliorations au niveau des chaînes de conditionnement, de l'emballage et de la présentation. Un exemple, l'étiquette qui devient un élément de plus en plus décisif au moment de l'achat. Elle doit comporter une information complète sur le vin et permettre au consommateur d'identifier au plus près le produit qu'il achète. Trop subtils, les vins français ont besoin de clarté.

Le conditionnement doit sensibiliser et informer l'acheteur sur l'origine du vin et les valeurs qu'il est censé véhiculer. Aujourd'hui, les clients recherchent toujours plus d'authenticité. La mention « Mis en bouteille à la propriété » devient, dans ce contexte, une véritable démarche marketing.

Face à cette réalité, de nombreuses caves et coopératives se tournent aujourd'hui vers l'intégration de tout le processus. Les investissements dans les lignes de conditionnement et les centres d'embouteillage se multiplient. On s'équipe, on rénove, on modernise... Quelques exemples... La cave de Tain-L'Hermitage, qui à l'heure actuelle produit quelque 4 millions de bouteilles par an, s'est lancée dans un projet d'investissement de 39 millions de francs (5,95 millions d'euros) dédiés à la rénovation des pressoirs, de la cuverie et de la chaîne d'embouteillage.

De la parcelle à la bouteille

Le renouvellement des lignes d'embouteillage a fait aussi l'objet d'investissements à WIW Wein International, spécialiste mondial de la vente directe de vin. Cette société a procédé à des adaptations de ses outils pour répondre aux besoins de ses différentes filiales qui privilégient les mises en bouteilles d'origine.

De son côté, la coopérative de Puisserguier dans l'Hérault, constituée de 500 adhérents, a réalisé un investissement de 10 millions de francs (1,52 million d'euros) début 2000 pour se doter de son propre centre d'embouteillage. L'unité produit, à l'heure actuelle, 3 millions de cols par an. Cette opération finalisera son orientation qualitative adoptée en 1992. « Notre objectif est de valoriser notre produit et d'avoir une image de producteur récoltant. Pour atteindre cet objectif, notre vin ne doit pas être un vin d'assemblage. Ce n'est pas une référence de qualité aux yeux du consommateur. Aujourd'hui, le client est en quête constante de garantie d'origine. Pendant plusieurs années, nous avons travaillé sur l'amélioration de la qualité de nos vignobles et de nos raisins. Nous avons mis en place un cahier des charges à la plantation, un suivi des méthodes culturales par un conseiller agricole, et l'identification systématique des lots vinifiés et assemblés... avant de nous équiper d'un outil performant pour maîtriser la totalité du process productif et avoir une traçabilité complète, de la parcelle à la bouteille », explique Jean Mantion, directeur des vignerons de Roueïre regroupés dans la cave coopérative de Puisserguier.

Cette coopérative a donc remplacé l'embouteillage mobile par une chaîne d'embouteillage à façon personnalisée et adaptée aux vignobles de la cave. Désormais équipée de quatre pressoirs pneumatiques et deux cuves égoutteuses également pneumatiques, d'un filtre à tambour sous vide, de quatre groupes de froid, de la régulation par échangeurs immergés des cuves de vinification et de quais de réception avec sélection des vendanges, la cave compte, dès l'an prochain, passer à une production annuelle de 4,5 millions de cols.

Métier à part

Cette nouvelle organisation a déjà permis à la cave d'acquérir une plus grande souplesse de gestion de l'embouteillage et de l'expédition des vins. Conséquence directe, elle est plus à l'aise au niveau des délais. La réorganisation a aussi entraîné le recrutement d'un personnel compétent pour maintenir ces équipements en interne. La cave de Puisserguier a embauché une nouvelle équipe d'embouteillage sur site composée de treize personnes. « Le conditionnement des vins est un métier à part, intégrant diverses activités comme le surbouchage, le manchonnage, l'inviolabilité ou le conditionnement. Jusqu'à présent nous avions toujours fait appel à des spécialistes extérieurs. Désormais, il nous faut former ou recruter des gens compétents en interne. C'est toute une nouvelle organisation à mettre en place. Ce sont aussi de nouvelles responsabilités à endosser », observe Jean Mantion.

Au-delà d'un contrôle sanitaire permanent des installations, les salariés doivent adopter toute une série de gestes et de comportements qui limitent les risques de contamination, par exemple dans le cadre de la dépalettisation des bouteilles. Ce contrôle préventif de l'hygiène permet à l'entreprise de se mettre à l'abri des problèmes microbiologiques et de non-qualité.

Les incidents d'embouteillage qui affectent la qualité du vin - dépôts de micro-organismes, déséquilibre au niveau de l'acidité, développement microbien, vin huileux - ternissent l'image de l'entreprise auprès de ses clients et peuvent causer des préjudices financiers importants. Comme le renvoi de lots de vins défectueux expédiés dans un pays étranger.

Embouteillage mobile

Si l'activité et l'ambition de la coopérative de Puisserguier, qui actuellement réalise un chiffre d'affaires de 50 millions de francs (7,62 millions d'euros), justifient l'investissement dans son propre centre d'embouteillage, ce n'est pas toujours le cas. Pour une propriété ou une cave de petite taille, avec un petit volume de production, la rentabilité sera difficilement au rendez-vous. Face à cette situation, une seule solution : les sociétés de service. « Le marché du vin évolue vers les produits haut de gamme. Même si le nombre de caves et de coopératives qui décident d'internaliser tout le processus augmentent, elles restent nombreuses à faire appel à des entreprises spécialistes du conditionnement, capables de proposer une prestation mobile complète - tiré-bouché, étiquetage - et de passer tous les standards de bouteilles, de cartons et de nombreux formats d'étiquettes et de contre-étiquettes », estime Nicolas Bezes, directeur de Simeb, société d'embouteillage mobile de vins. Pour répondre aux exigences croissantes de ses clients, cette entreprise a investi 5 millions de francs (760 000 euros) dans une quatrième unité mobile d'embouteillage à la propriété. Avec 3 500 bouteilles à l'heure, 3 têtes de bouchage sous-vide, une table d'accumulation de 3 minutes 30 et 5 postes d'habillage dont 3 postes en étiquettes adhésives, cette nouvelle unité devrait permettre à Simeb de faire progresser son chiffre d'affaires de 9,5 millions de francs (1,45 million d'euros) en 2000 à 12,5 millions (1,91 million d'euros) cette année. « Nous pourrons à terme avec cet outil embouteiller 14 millions de cols par an en prestation mobile », précise Nicolas Bezes.

Le conditionnement à la propriété est en vogue et tous les opérateurs en ont conscience. Ainsi, Janson Industrie, spécialiste du conditionnement, a renforcé sa branche embouteillage implantée à Sorgues dans le Vaucluse. Elle a investi dans un nouveau camion 5 opérations, tout comme Gransud Conditionnement basé à Narbonne. Cette société prévoit de s'équiper d'une nouvelle unité mobile début 2002 afin de passer de 14 à 21 millions de cols.

Entre investissements en propre et recours à la sous-traitance, le Sud-Est a, semble-t-il, décidé de jouer la qualité.

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