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Les systèmes d'informationdopent les développements

Tiziano Polito

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L'industrie de l'emballage tire parti des outils numériques pour accélérer la conception, organiser sa production et livrer plus rapidement ses clients.

Répondre rapidement à une commande, produire efficacement et livrer dans les meilleurs délais : la réactivité constitue désormais le nerf de la guerre dans l'industrie en général et dans l'emballage en particulier. « Nous devons être à même de faire une offre de prix et proposer une maquette au client en quelques jours, sous peine de ne pas être sélectionnés », indique Jérôme Malmert, directeur du développement technique de la branche carton chez CPC. Cette tendance s'est particulièrement accentuée au cours des dernières années à cause du raccourcissement de la durée de vie des produits. Le développement de séries courtes et différenciées a obligé les professionnels à revoir tout le processus de fabrication, de la création de l'emballage jusqu'à la livraison finale au client. Les systèmes d'information ont largement contribué à fluidifier ces différentes étapes. A commencer par la conception, aujourd'hui entièrement réalisée sur un écran d'ordinateur, grâce aux logiciels de conception assistée par ordinateur (CAO). Au-delà de l'aide qu'ils apportent sur un plan purement créatif, ces outils ont permis de prendre en compte une multitude de variables auparavant considérées séparément - et souvent après-coup - comme la résistance à la compression verticale (RCV), le calage ou le gerbage de l'emballage. Ils ont également facilité le passage vers les étapes de fabrication. La réalisation des maquettes et prototypes d'abord, puis des outillages ensuite, est désormais effectuée directement à partir des fichiers CAO. « Grâce au numérique, nous sommes capables de proposer un dessin finalisé en 48 heures et un prototype en une semaine, ce qui nous permet de lancer la production des moules très rapidement si le client est d'accord », explique Jean Eric Marsot, responsable commercial chez Actipack, spécialisé dans les pots et flacons en plastique. Surtout, la modélisation en trois dimensions (3D) aura énormément simplifié le processus décisionnel côté client, puisque ce dernier peut rapidement visualiser les ébauches esquissées par le projeteur et faire ses choix. « Ce sont surtout les allers-retours entre le client et le fournisseur qui font perdre du temps. En envoyant un visuel par Internet, quitte à en discuter ensuite en web conférence, on peut facilement gagner trois semaines sur le développement d'un emballage », note Jean-Paul Bartholmé, vice-président Growth and Innovation chez Alcan Packaging Food Europe.

Bases de données numériques

Afin d'aider le client à mieux formaliser leurs demandes, la plupart des emballagistes ont d'ailleurs constitué des bases de données numériques répertoriant leurs créations. C'est, par exemple, le cas de Smurfit Kappa qui possède, avec InnoBook, un Thésaurus englobant toutes les innovations du groupe depuis 1995 soit, en tout, 2 603 modèles d'emballages en carton ondulé produits dans ses 370 usines aux quatre coins du monde. Même démarche chez Autajon qui a voulu mutualiser les développements relatifs aux étuis et étiquettes fabriqués dans ses 15 sites de production. « Pourquoi réinventer à chaque fois l'eau chaude ? Avec notre base de données on est en mesure de présenter un projet finalisé en quelques jours, ce qui nous laisse davantage de temps à consacrer aux projets les plus complexes », explique Thierry Avenant, responsable prépresse bureau d'études dans l'entreprise drômoise.

Logiciels de planification Les systèmes d'information ont également contribué à améliorer l'organisation de la production. Fini les plannings accrochés au mur ! La plupart des fabricants sont passés à l'ère du logiciel d'ordonnancement qui permet d'optimiser la charge de travail des différentes machines en atelier, voire celle des ateliers de plusieurs sites lorsque ceux-ci sont reliés au même système de gestion des ressources de l'entreprise (ERP). « Le principal avantage des outils d'ordonnancement réside dans le fait qu'ils donnent une vue globale de la production. Le professionnel peut ainsi regrouper des commandes similaires afin de réduire les temps de calage ou éviter de nettoyer les machines trop souvent », explique Thierry Faguet, directeur des opérations chez Preactor Europe, un éditeur de logiciels qui revendique une trentaine de licences dans le secteur de l'emballage. L'étape suivante repose sur une plus grande intégration de ces systèmes avec les équipements de production. « En reliant les logiciels de planification aux automates présents sur les machines et à un ERP, il sera possible de superviser, en temps réel, l'ensemble de l'atelier. L'utilisateur pourra extraire des informations sur l'état d'avancement de la production mais aussi identifier ses faiblesses en localisant les goulots d'étranglement des flux de production ou les machines qui tombent en panne trop souvent », observe Armand de Garsignies, Pdg de Volume Software, spécialisé dans les progiciels pour l'industrie du cartonnage. Les systèmes d'information sont également toujours plus utilisés pour fluidifier la supply chain de l'emballage, notamment auprès des grands comptes de l'alimentaire ou de la cosmétique. Grâce à une liaison EDI, ou plus simplement par Internet, les fabricants peuvent désormais enregistrer en temps réel les commandes de leurs clients, produire et les livrer en flux tendu. Et lorsque les relations clients-fournisseurs impliquent des flux importants, il n'est pas rare que les opérateurs recourent à la gestion partagée des approvisionnements (GPA), qui permet de déclencher une commande sans médiation humaine en faisant remonter directement vers l'ERP les informations sur le niveau des stocks du client. Dans sa version la plus évoluée, la GPA va même jusqu'à effectuer des prévisions sur les commandes à venir du client, afin d'estimer la charge de travail sur une période donnée et permettre au fabricant de programmer ses commandes de matières premières et de composants. Parmi les entreprises ayant mis en place ce type d'organisation, Impress et Valois cherchent à en promouvoir l'utilisation auprès de leurs clients. S'il ne fait aucun doute que l'échange de données informatisées deviendra à l'avenir l'un des modèles dominants dans les relations clients-fournisseurs d'emballages, ce n'est pas pour autant que les échanges informels disparaîtront. La plupart des contrats - notamment les plus complexes - se concluent aujourd'hui derrière un téléphone ou autour d'une table de restaurant. Et il semble difficile que les opérateurs y renoncent. De plus, aussi performante qu'elle soit, l'informatique ne permet pas de gérer l'impondérable ! Comme le rappelle Jean-Claude Lermant, responsable des approvisionnements et de la supply chain chez Impress Food : « Même si l'on progresse à pas de géant dans la mise en place des outils d'échange de données, il nous faudra toujours être capables de répondre au client qui nous appelle à la dernière minute pour être livré le lendemain ».

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