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Les produits alimentaires entre praticité et plaisir au Sial

ARNAUD JADOUL

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Le Salon international de l'alimentation (Sial) a fermé ses portes le 23 octobre. Le temps de faire ses courses dans la plus grande surface alimentaire du monde... De l'innovation aux tendances de consommation, les marques ne manquent pas d'audace en matière d'emballage et de conditionnement. Passage en revue des tendances détectées sur les stands.

La crise financière et économique était présente dans tous les esprits, mais surtout au stade des interrogations à ce moment-là, dans les allées du Salon international de l'alimentation (Sial), qui s'est tenu du 19 au 23 octobre au Parc des expositions de Paris Nord Villepinte. Sur les stands, l'heure était à la découverte des évolutions du marché, des tendances de consommation futures, dans les rayons et les assiettes. Parce que ce salon reste avant tout, pour les 5 500 exposants et les quelque 145 000 visiteurs, un observatoire des tendances alimentaires mondiales. Rupture Alors qu'en est-il ? « On constate une certaine rupture avec le passé, déjà observée lors des deux dernières éditions, expose Xavier Terlet, Pdg du cabinet de veille internationale XTC et consultant « tendances innovation » pour le Sial. La tradition, le terroir ont laissé place à un courant de modernité qui touche toutes les catégories. Le design « papier kraft » et « nappe à carreaux » a peu ou prou disparu. Les conditionnements sont épurés, les verrines sont partout, les designs minimalistes se généralisent, les noms, les typographies se doivent d'être actuelles, ludiques voire provocants, y compris chez les marques de distributeur. » En parallèle, la mise en avant de la praticité et de ses bénéfices pour le consommateur est désormais reléguée au deuxième plan : d'après le panorama mondial de l'innovation réalisé par XTC, l'argument manipulation du produit était avancé pour 9,9 % des nouveaux produits en 2007, contre 10,1 % en 2006, le gain de temps, pour 5,3 % des innovations, contre 7,9 % l'année précédente, et le nomadisme, 2,4 %, contre 4 % précédemment. Mais ce reflux témoigne aussi de l'intégration de ces aspects, considérés aujourd'hui comme acquis et qui n'ont donc plus besoin d'être soulignés par les industriels. Ces tendances amènent cependant industriels et distributeurs à présenter comme innovantes des solutions éprouvées. Les portions de fromage fondu pour enfants P'tit Louis X-Press (1), de Bongrain, en coques plastique à presser, récompensées par le prix innovation enfants Sial 2008, sont ainsi regroupées par huit dans un sachet de type Doypack. Dans son concept, la poche souple à maintien vertical a tout de même plus de 40 ans d'existence ! Quoi qu'il en soit, l'exigence de micro-ondabilité est toujours aussi marquée, pour répondre aux contraintes de temps des consommateurs, et ce, partout dans le monde développé. Heinz vend des bols de plats préparés à base de thon Chunky Tuna, avec ou sans nouilles, en Australie. En Espagne, Coneinn World développe un concept de pizza nomade, en forme de cône, à placer dans le support inclus dans l'emballage et à réchauffer. Christian Potier, en France, propose à la restauration hors domicile (RHD) les sauces Doséo en dosettes individuelles appertisées de 50 grammes. Dans le même esprit, mais en recourant au grille-pain, Early Bird Farm a lancé en Afrique du Sud des nuggets de poulet surgelés sous forme de gaufres, Toast'Em Chicken Toastees. Textures La créativité selon une approche plus traditionnelle, pas ou peu connotée restauration rapide voire « malbouffe », n'en investit pas moins les linéaires. Dans l'épicerie, les alliances d'ingrédients improbables et surprenants et l'opposition de saveurs, de textures et d'aspects dans d'infinis croisements sont plus fréquentes. Leur mise en valeur passe alors souvent par la transparence des emballages. Tel est le choix de Quai Sud (2) pour ses aides-culinaires pour desserts : ces mélanges naturels à base de fruits, de fleurs, d'épices, de fèves de cacao et d'huiles essentielles sont proposés dans de sobres verres à cocktail. De même, Terre Exotique présente un assortiment de fleurs séchées naturelles à utiliser en cuisine dans des pots en verre regroupés dans un étui cylindrique en plastique. Feyel joue pareillement cette carte de la transparence, en partie au moins, pour son offre de fin d'année : le foie gras frais L'Extrême (3) est commercialisé en série limitée, dans une boîte en carton décorée d'herbes et de rosée pour évoquer la fraîcheur, et, pour mieux attester de cette dernière, dotée de petites fenêtres. A l'inverse, Sur les Quais (4) détone en conditionnant la gamme Tubissime de condiments aux recettes sophistiquées, skoff (caviar de cornichons), ketchup façon « bloody mary », articcio (crème d'artichaut), soyabi (sauce soja et Wasabi), dans des tubes refermables en aluminium, n'apportant de la couleur que par les étiquettes. Le néerlandais King Cuisine applique le même principe à des sauces originales et exotiques, mais destinées davantage au snacking. Signe de la différence de positionnement, ces tubes sont en plastique et imprimés sur la majeure partie de leur surface. Cette opposition de style entre montrer et cacher se retrouve dans le thé. Se lançant sur le segment redécouvert de la dermonutrition, ou « cosmétofood », Fauchon a créé, sous la marque Fauchon Beauté, une gamme de thés verts compléments alimentaires. Les antioxydants que sont les polyphénols sont associés à des principes actifs d'origine naturelle, pissenlit, vigne rouge, sauge, aubépine, ginseng... Les promesses affichées : minceur, belle peau et anti-âge ! Pour traduire l'image de naturalité, les sachets en forme de pyramide sont glissés dans de larges enveloppes aluminisées, elles-mêmes conditionnées dans des boîtes transparentes en polyéthylène téréphtalate (PET). Compagnie Coloniale préfère rester sur le terrain de la tradition, sur un ton ludique cependant, avec des boules de Noël en métal, contenant dix sachets aux recettes inédites. Dans la viande et la charcuterie, la nouveauté marquante est signée d'une marque de distributeur (MDD). Jean Rozé (5), marque de viande de boucherie d'Intermarché, exploite, en effet, la solution Simple Steps, déclinaison du système Darfresh skin sous vide, de Cryovac, qui n'était appliquée jusqu'à présent qu'à des viandes marinées. L'enseigne propose des steaks et faux-filets juste saisis et pré-grillés à cuire au micro-ondes, entre 50 et 70 secondes, selon la cuisson désirée. Mais l'audace a ses limites : la MDD reprend les codes du leader du marché, un sachet flowpack noir opaque en l'occurrence, pour ne pas perturber le consommateur. Du côté des industriels, sur cet axe de la simplicité d'utilisation, on en est encore à la cuisson au four traditionnel : chez Tendriade, par exemple, il s'agit d'un rôti de veau prêt à cuire, avec son jus de cuisson, dans une barquette en aluminium operculée par un film pelable. La dimension plaisir se fait également plus présente dans ces rayons. Elle se traduit notamment par des formats individuels ou de dégustation. Ainsi, l'allemand Vion emballe individuellement des mini saucissons, l'assortiment étant présenté dans un conditionnement évoquant une boîte de confiserie. Pour sa part, Hénaff a conçu des mousses assez haut de gamme, présentées dans des verrines. Ce positionnement haut de gamme caractérise aussi Black Qwehli (6) sur le segment des produits de la mer. Lancée sur le Sial, cette marque veut s'affirmer par ses crevettes « luxe et casual » issues d'une ferme modèle au Mozambique, engagée dans un processus de conversion bio. Les barquettes en polypropylène dans lesquelles les crustacés sont rangés sont insérées dans des fourreaux en carton, à fenêtre, d'un noir qualitatif combiné à des couleurs très vives. Fun Labeyrie suit une autre voie et propose, au rayon libre-service, un plateau de fruits de mer à la fois sophistiqué et fonctionnel, dans une barquette à étage, incluant une sauce mayonnaise, des quartiers de citron frais et des rince-doigts. Dans la confiserie et l'épicerie sucrée, l'originalité et le ludisme dominent. A l'image de Bonneterre qui, avec les gourmandises de Lolita Lempicka, en boîtes ou bocaux, se distingue par un design haut de gamme, très inspiré de la cosmétique, sur des produits biologiques. Le chocolatier Monbana (7), lui, attire l'attention avec ses 90 napolitains disposés sur un présentoir en forme de cube et rechargeable. De son côté, Zucceroo bouleverse le monde du sucre avec une offre très « fun », colorée ou naturelle, de canne, blanc ou bio, en tube ou en berlingot, en stick ou en vrac. Santé Sans surprise, les tendances dans le domaine des boissons reprennent les mêmes règles : santé, bien-être, facilité d'utilisation, modernité... Des caractéristiques que Rouages, concepteur de recettes et conditionneur, fait siennes : il a élaboré deux gammes de préparations aromatiques, Eau de Fruit et Voodoo Concept (8), dans d'élégantes bouteilles en alu brossé obturées par une capsule à anneau, synonymes de fraîcheur et de tonicité. A la limite des boissons et de l'épicerie, Idecap surfe sur la vague beauté-santé avec une nouvelle solution de compléments alimentaires solubles dans un bouchon-dose à visser sur une bouteille d'eau. Visser la capsule libère les concentrés actifs. Il suffit ensuite de secouer le breuvage. Pour PSP, le bienfait serait digestif et stimulant ; en fait, Rebootizer aide à éliminer les effets de l'alcool. L'originalité tient à l'emballage : il s'agit d'un sachet souple bi-compartimenté en PET, contenant de l'eau osmosée dans sa partie supérieure et des extraits de plantes et de fruits en haut, qu'il faut presser et secouer pour obtenir une boisson active. Succès En ce qui concerne les vins et spiritueux, la palme revient à Terroir Catalan (9), une sélection de vins du Roussillon des Vignerons catalans. Une bouteille à la forme plus moderne, des étiquettes renouvelées, une encre holographique, le bouchon synthétique de Guala Seal qui permet de mieux contrôler l'oxygénation, le packaging concourt grandement au succès du produit, d'ailleurs récompensé par deux « Sial d'or » dans la catégorie vin et pour la France. De son côté, Deveurop se fait remarquer pour son concept XL Wines qui allie un moment de la journée à un vin méditerranéen, dans la bouteille Kendo de Saverglass. Mais les Grandes Distilleries Peureux se différencient plus encore. Pure Premium, nouvelle eau-de-vie de poire ayant subi de multiples distillations et une ultra-filtration, est présentée dans un autre flacon de Saverglass, tronconique celui-ci, et à la base bleue.

Il reste évidemment à voir si, au delà de ces tendances, ces innovations parviendront, pour une partie d'entre elles au moins, à convaincre les distributeurs.

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