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Les prêts-à-consommer frais décollent

ARNAUD JADOUL

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Le marché de la IVe gamme est-il déjà mûr pour les fruits ? Dans les grandes surfaces, les volumes sont si faibles qu'ils ne sont pas encore mesurés... Les industriels n'en tentent pas moins le pari du prêt-à-consommer. Après Mandar et Cinquième Saison (Geest), les lancements se multiplient. Les derniers en date sont signés Florette, avec Découverte et Fruit'déj, et les Vergers d'Anjou et ses sachets Zapple (lire 736) de quartiers de pommes.

Essor du nomadisme et du grignotage, recherche de praticité, communication sur les bénéfices santé des fruits, image de naturalité constituent autant de facteurs favorables au marché de la IVe gamme. Les producteurs y trouvent aussi l'occasion d'y faire de la valeur ajoutée et « d'intéresser des non-consommateurs de fruits », note Bernard Lauer, directeur général des Vergers d'Anjou. Mais, si les premières salades sont sorties dès 1985, les fruits prêts à l'emploi, en raison de leur instabilité microbiologique, n'ont émergé qu'il y a deux ans.

Perméabilité sélective

« Le succès reste tributaire de la capacité des industriels à fournir des produits de qualité », prévient Rita Fahd, du cabinet Xerfi, auteur d'une récente étude sur le sujet. Une qualité qui, lorsque le produit ne comporte aucun additif, passe par le choix des fruits, le contrôle de leur intensité respiratoire et les films à perméabilité sélective. « Trouver la bonne adéquation fruit/quantité/film est essentiel », confirme Jean-Pierre Piriou, directeur général d'I.D Fruits (Stalaven). « A chaque variété correspond pratiquement une perméabilité », ajoute Shaoul Abramczyk, le directeur de Mandar. C'est pourquoi Rouge Gorge, producteur de melons, et I.D Fruits se sont adressés à des laboratoires spécialisés, respectivement Hysope et Scalime. Les dates limites de consommation (DLC) oscillent entre 5 et 10 jours selon les variétés et les industriels. La maîtrise des approvisionnements constitue un autre point crucial. « Des fruits de premier choix sont indispensables », indique Christophe Couteleau, responsable commercial et R&D de Rouge Gorge. « Et bien à point, car ils ne mûriront pas dans l'emballage », souligne Shaoul Abramczyk.

Le contenant pose moins de problème. A l'exception des Vergers d'Anjou, tous les acteurs ont opté pour des coupelles transparentes en polypropylène, d'une contenance de 100 à 150 grammes pour les formats individuels, de 800 à 1 200 grammes pour les modèles réservés à la restauration. Parce qu'ils doivent compter avec le prix de vente, entre 1,50 et 2 euros. Mais que Florette, le leader des légumes de IVe gamme, mise sur la légitimité de sa marque et arrive sur le créneau montre que le décollage du marché est en bonne voie.

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