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Dossier

Les plastiques peinent à trouver leur place

ARNAUD JADOUL

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Les Américains envahissent l'Europe. Dans le bouchage synthétique du moins. Depuis un an, Nomacorc, Supreme Corq et Neocork ont tour à tour ouvert de nouvelles usines, les deux premiers en Belgique, le troisième en Autriche. Parallèlement, de nouveaux acteurs de tous horizons arrivent sur le marché, « sans doute attirés par la rentabilité de ce type d'activité », remarque Fanny Levoyet, responsable commerciale pour le Languedoc-Roussillon de Supreme Corq. Il est vrai qu'il leur suffit quasiment de maîtriser les techniques d'extrusion ou d'injection, puisque les matériaux utilisés sont des polyoléfines, des élastomères thermoplastiques ou des copolymères éthylène-acétate de vinyle (EVA). La jeunesse du produit explique aussi ce phénomène. Le français Novembal (Tetra Pak) l'a mis au point il y a une trentaine d'années mais c'est le distributeur britannique Marks & Spencer qui l'a fait renaître dans les années 90.

Neutralité organoleptique

Le bouchon synthétique s'octroie ainsi 7 % du marché, ce qui représente 1,2 milliard d'unités. Faisant valoir en premier lieu sa neutralité organoleptique, il se place aujourd'hui en concurrent des bouchons de liège, en particulier des 1+1, des colmatés et des bouchons techniques. A la différence de la capsule, il ne nécessite pas de modifications des lignes d'embouteillage et, à l'insertion, il préserve les mors des tourelles. Une fois en place, par sa densité et son élasticité, il épouse parfaitement la paroi du col de la bouteille et évite les couleuses. Produit standard, il garantit la régularité des vins ainsi bouchés. En outre, il respecte le cérémonial de l'ouverture au tire-bouchon.

Cependant, il essuie de nombreux reproches : difficultés d'extraction et de rebouchage, réduction, faible durée de vie... Les fabricants s'en défendent. « La difficulté d'extraction était un péché de jeunesse, aujourd'hui résolu », assure Martine Sow, responsable de la division vin et spiritueux de Novembal. Pour Nicolas Maistret, gérant de Packservices, qui distribue le bouchon Integra de l'australien Asa, « que le vin ne s'oxygène pas n'est pas un problème, c'est un produit à rotation rapide ». Un argument qui vaut aussi pour le vieillissement. « De toute façon, nous indiquons à nos clients une durée de vie de deux ans », confie Martine Sow. « Mais cela dépend aussi des conditions d'utilisation », souligne Nicolas Maistret. Surtout, aux yeux des opérateurs, le bouchon synthétique peine à se différencier des bouchons composites. « En dehors des fournisseurs, il est difficile d'obtenir des informations fiables et indépendantes et de se faire une opinion », constate Olivier Cabirol, directeur général adjoint de Cave de Fronton.

Cette confusion, accrue par la multiplicité des acteurs, ne contribue évidemment pas au développement du bouchage synthétique. Une situation qui risque de perdurer tant que le marché ne se sera pas vraiment structuré.

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