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Enquête

Les façonniers pharmaceutiques repensent leurs stratégies

MARION BASCHET-VERNET

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Entre surcapacités de production, développement des génériques et guerre des prix, l'heure est, selon une étude récente de Xerfi, à la remise en question pour les conditionneurs à façon pharmaceutiques. Dans un contexte de consolidation, il s'agit de redéfinir la stratégie de croissance pour rester dans la course.

E n décembre 2004, l'américain Pfizer confirmait qu'il vendait son usine de produits stériles, principalement des ampoules et des produits lyophilisés, située à Val-de-Reuil (Eure), et qu'il fermait celle d'Angers (Maine-et-Loire), dans le domaine des formes liquides et pâteuses. Trois mois plus tard, l'allemand Schering annonce rechercher un repreneur pour son usine de produits hormonaux située à Lys-Lez-Lannoy (Nord) qui regroupe près de 400 salariés. Face à une chute de son marché de 50 % en l'espace de deux ans suite à des études américaines établissant un lien possible entre l'utilisation de traitements hormonaux et l'apparition de cancers du sein, l'usine nordiste comme les deux autres unités allemandes de Schering de Weimar et Berlin, qui ont les mêmes productions, tournent en sous-capacité.

Côté laboratoires, le phénomène de restructuration et de concentration des activités joue à plein dans le secteur pharmaceutique. Il en résulte depuis le début de la décennie une multiplication des cessions de sites. Et la tendance est bien ancrée. « Les cessions d'usines sont d'autant plus faciles à réaliser qu'elles se font sous la forme de partenariats entre le propriétaire et le repreneur, qui n'a rien à débourser, l'objectif étant de maintenir la pérennité de l'activité reprise », analyse Emmanuel Sève, responsable de l'étude réalisée par le cabinet Precepta (Xerfi) en mars 2005 et intitulée « Le Façonnage pharmaceutique : stratégies de croissance et de rentabilité. »

Reprise de sites

Selon l'étude, entre 1996 et 2003, le nombre de sociétés spécialisées du secteur est passé d'une trentaine à plus d'une cinquantaine, essentiellement au profit de nouveaux entrants étrangers tels que le grec Famar, le canadien Pathéon et l'allemand Haupt. En parallèle, le chiffre d'affaires a été multiplié par quatre à plus de 900 millions d'euros en 2004. Pour les façonniers étrangers, la reprise de sites apparaît comme un moyen rapide de gagner en volume et en parts de marché, notamment dans le domaine des génériques. Il en résulte une guerre des prix et une bagarre sur les coûts qui entraînent à terme la consolidation du secteur en Europe. Pour rester dans la course, les façonniers doivent donc revoir leurs stratégies de croissance. Pour Emmanuel Sève, deux voies se dégagent parmi les acteurs : d'un côté, ceux qui font le choix d'aligner leur offre sur la concurrence et, d'un autre, ceux qui recherchent une différenciation. Ainsi, certains comme l'allemand Rottendorf, présent en France au travers de son site de Saint-Avertin (Indre-et-Loire), ont choisi de se spécialiser sur de nouveaux services tels que le développement pharmaceutique, analytique et galénique. L'objectif est d'offrir aux laboratoires une longueur d'avance dans leur course au lancement de nouvelles molécules. Autre choix : la recherche de référencement auprès des laboratoires pour des productions jugées « stratégiques ». Les façonniers doivent alors garantir une assise financière importante pour constituer un partenaire fiable sur le long terme. A titre d'exemples, Emmanuel Sève cite les stratégies déployées en Europe par l'allemand Haupt Pharma et le luxembourgeois Next Pharma. En parallèle, des façonniers tels que le français Delpharm (Activa Partner), s'entourent de partenaires financiers pour avoir les moyens de leur croissance. Preuve en est, depuis le changement d'actionnaire il y a un an, la série d'investissements engagés par Delpharm pour rester compétitif dans une optique de consolidation du secteur. Près de quatre millions d'euros ont été investis sur le site d'Evreux (Eure) dans de nouvelles lignes de production et un atelier de granulage. Il faut ajouter à cela un investissement de 1,7 million d'euros courant 2004 sur le site d'Indre-et-Loire, spécialisé dans le façonnage de médicaments liquides, et de un million d'euros sur celui de Brétigny-sur-Orge (Essonne) dont les activités sont les mêmes qu'à Evreux.

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