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Les fabricants d'encre soignent leurs formules

Tiziano Polito

Différenciation retardée, innovation et environnement sont les maîtres mots d'une profession qui réagit au tassement de la demande en provenance de l'emballage en proposant des produits à plus forte valeur ajoutée.

Avec 45 % de ses commandes qui dépendent de l'emballage, l'industrie des encres a été frappée de plein fouet par le ralentissement de l'activité de ses clients. Pour la seule année 2003, les quantités d'encres et de vernis livrées chez les transformateurs et les imprimeurs d'emballages ont régressé de 4 % par rapport à 2002. Mais la conjoncture n'explique pas tout. « Afin de limiter les coûts, beaucoup d'imprimeurs ont choisi de délocaliser leurs productions à l'étranger », indique Philippe Descaillot, directeur général de Sicpa France.

Malgré le contexte défavorable, les fabricants d'encres ont réagi à la baisse de la demande en affinant leur offre sur le plan qualitatif. Beaucoup d'entre eux se sont même rapprochés des utilisateurs finaux dans le but de mieux comprendre leurs attentes. « Nos commerciaux ont pris l'habitude d'aller voir les imprimeurs avec des solutions de process ficelées, dans l'objectif que ces derniers relaient notre savoir-faire à leurs clients conditionneurs », note Igor Gadreaud, directeur commercial de Encres Dubuit.

Parmi les tendances les plus marquées, la simplification des produits semble apporter une réponse concrète à des professionnels qui cherchent à diminuer leurs coûts tout en augmentant la productivité de leurs équipements. La formulation d'une encre pour l'impression d'un conditionnement n'a jamais été chose aisée. Entre les caractéristiques des supports, les techniques d'impression à mettre en oeuvre et les conditions d'utilisation finale de l'emballage (scellage, surgélation, stérilisation) chaque application exige au mieux une encre adaptée, au pire une solution personnalisée.

Recette personnalisée

 

Pour éviter à l'imprimeur de gérer une multiplicité de références d'encres et de vernis, la plupart des fabricants ont donc pensé à standardiser leurs produits en recourant à des concentrés à large spectre d'action. La base de l'encre, composée d'un pigment et d'un liant, est mélangée par l'utilisateur avec des vernis technologiques et d'autres produits intermédiaires selon le principe de la différenciation retardée. Grâce à sa station de mélange, l'imprimeur peut ainsi composer ses propres recettes en fonction de ses besoins. « Avec quinze concentrés et quatre à six vernis, nous arrivons à reproduire trois séries d'encres, alors qu'auparavant une cinquantaine de références étaient nécessaires pour parvenir au même résultat », explique Alain Fumadelles, chef de projet encres liquides chez BASF Systèmes d'impression. La gestion simplifiée des approvisionnements, les économies sur les matières premières et, surtout, le meilleur taux d'utilisation des équipements comptent parmi les avantages liés à l'emploi de ces produits polyvalents. « Du fait de leur miscibilité, ces encres n'obligent pas à nettoyer à fond la machine à chaque changement de production », explique Diederik Fetter, directeur général de la division produits liquides de Flint-Schmidt, qui lance Astrathane MF une gamme d'encres multifonctionnelles pour l'impression en flexographie et en héliogravure.

Un deuxième axe de développement consiste à apporter des solutions dans le cadre d'applications toujours plus pointues. C'est le cas pour les manchons, traditionnellement difficiles à imprimer du fait des contraintes de process liées à la rétraction du support. Convaincu qu'il y avait là un précieux filon à exploiter, Sicpa a développé Access-Sleeve, une gamme d'encres spécifiques qui peut être utilisée sans « primer » d'accrochage sur la plupart des films plastique. Et ce, à la fois en impression flexo et hélio. « Tout le savoir-faire réside dans la résine qui tient le pigment. Ni dense, ni liquide, elle est assez souple pour ne pas écailler, tout en offrant une excellente qualité d'impression », explique Philippe Descaillot.

Pigments d'aluminium

 

Les développements sur les pigments ne sont pas moins importants. Spécialisée dans les encres et les pigments métalliques, la société Radium Bronze propose de remplacer la dorure à chaud et les supports métallisés par ses nouvelles encres Supramet obtenues à partir de pigments métallisés sous vide. « Constituées d'un pigment d'aluminium pur à 99,9 %, nos encres offrent des effets métalliques et une brillance exceptionnelle pour un prix intéressant, notamment si on les compare aux procédés de décor traditionnels », explique Jean-Emmanuel Cornu, directeur général de la société. La cosmétique, la parfumerie, le chocolat comptent parmi les cibles de l'entreprise.

Dernière tendance : une meilleure prise en compte de l'environnement. La pression réglementaire, mais aussi les problèmes liés à la sécurité des sites de production, en particulier vis-à-vis des risques d'incendie, orientent la demande vers des produits contenant moins de composés organiques volatils (COV) et d'inflammables. Pour répondre à cette attente, certains fournisseurs, comme Coates Lorillleux (Sun Chemical), ont fait le choix radical de remplacer les encres à solvants par des produits à l'eau. A Thourotte (Oise), sur son site principal, l'entreprise a ainsi investi 4 millions d'euros pour porter sa capacité de production d'encres à l'eau à 10 000 tonnes annuelles. Et cela ne s'arrête pas là, puisque, côté offset, Coates Lorillleux a pris le tournant des encres végétales. « Fabriquées à partir d'huile de lin ou de colza, ces encres constituent une alternative aux produits d'origine minérale. Elles ne sont pas plus chères à produire et, surtout, elles offrent un meilleur comportement lithographique », explique Denis Aftalion, directeur général de l'entreprise. Soucieuses de leur image, certaines enseignes de la grande distribution, suivent de très près le sujet.

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