Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Les emballages biodégradables ne sont pas magiques

Henri Saporta

Sujets relatifs :

,
Devant 200 représentants de PME, Eco-Emballages et la CSEMP ont fait le point sur l'intérêt environnemental des emballages biodégradables. Résultat : ils doivent être valorisés au même titre que les autres matériaux.

En arrêtant, il y a plusieurs mois, le principe d'une réunion d'information sur les emballages biodégradables, Eco-Emballages et la Chambre syndicale des emballages en matière plastique (CSEMP) ne s'attendaient pas à un tel succès. Car, le mardi 12 octobre dernier, ce sont quelque 200 personnes, dont un grand nombre de représentants de petites et moyennes entreprises (PME), qui ont répondu présent. Le sujet est vraiment d'actualité. Et doit faire l'objet de plusieurs mises au point.

L'urgence est de démystifier une catégorie de matériaux qui, pour beaucoup, se résumerait simplement à une plante transformée en emballage qui revient à l'état naturel en fin de cycle. Comme par magie... Or, « les matériaux biodégradables ne sont pas forcément issus d'une ressource agricole renouvelable », comme le rappelle Yvan Liziard, directeur du département filières d'Eco-Emballages, et, comme le souligne Françoise Gerardi, déléguée générale de la CSEMP, « le recours à une ressource renouvelable ne change rien au problème de la raréfaction des ressources fossiles : les plastiques ne représentent que 4 % de la consommation du pétrole ».

Tri et collecte

Sur le plan de la biodégradation, à ne pas confondre avec la biofragmentation, se pose un double problème. La biodégradation - le compostage est défini par la norme EN 13432 - est bien une filière de valorisation qui suppose donc tri et collecte. Or, « il y a un risque que le consommateur soit tenté de jeter son emballage dans la nature au prétexte qu'il est biodégradable », avance Jean-Pierre Barranger, directeur du département producteurs d'Eco-Emballages. Et il est clair que le gisement européen de 20 000 tonnes par an, soit 0,14 % des emballages consommés, ne suffit pas, aujourd'hui, à faire une filière. Et point de salut du côté du Point vert, les emballages biodégradables sont des emballages comme les autres...

Il apparaît donc que « le caractère biodégradable d'un emballage n'est qu'une fonctionnalité parmi d'autres » à prendre en compte au cas par cas. Le Comité technique de recyclage des emballages plastiques (Cotrep) se dit d'ailleurs prêt à traiter tous les projets qui lui seraient présentés. Et la CSEMP de préciser que, pour le moment, les matériaux biodégradables ne satisfont pas à toutes les caractéristiques d'un emballage. Et qu'ils demeurent deux à cinq fois plus chers que les matériaux traditionnels.

A ce jour, Eco-Emballages et la CSEMP estiment, en conclusion, que les emballages biodégradables, loin d'être magiques, posent, à ce jour, plus de problèmes qu'ils n'apportent de solutions. Mais reconnaissent qu'ils sont porteurs d'une excellente image auprès du grand public. Et constituent, de facto, un formidable vecteur de différenciation et d'innovation pour les entreprises. A suivre donc... En toute connaissance de cause.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

De la porcelaine pour une protection absolue

De la porcelaine pour une protection absolue

La maison de champagne Edouard Brun a fait appel à la manufacture allemande Reichenbach pour la Cuvée Sensorium. - On l’oublie souvent, le champagne est sensible à la lumière. Elle peut altérer la couleur[…]

07/11/2018 | LuxeMatériaux
Nomination à la R&D d'Avery Dennison

Carnet

Nomination à la R&D d'Avery Dennison

G. Pivaudran termine les travaux de son nouveau bâtiment

G. Pivaudran termine les travaux de son nouveau bâtiment

Procos fête ses 20 ans sur Pack & Gift

Procos fête ses 20 ans sur Pack & Gift

Plus d'articles