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Les biomatériaux : une voie d'avenir qui reste à défricher

Henri Saporta
Organisée par Emballages Magazine, la conférence « Comment intégrer les biomatériaux dans sa démarche de création » a montré que les ressources renouvelables constituent une solution prometteuse mais restent un sujet complexe.

Des intervenants passionnés et une audience nombreuse et réactive : toutes les conditions étaient réunies pour rendre vigoureuses et instructives les deux heures de débat de la conférence « Comment intégrer les biomatériaux dans sa démarche de création ». Organisée par Emballages Magazine dans le cadre du congrès Pack. Vision du salon Emballage 2008 qui s'est tenu à Villepinte du 17 au 21 novembre dernier, cette conférence rassemblait, à la tribune, les deux transformateurs que sont les français Sphere et CGL Pack et les quatre fournisseurs de matière que sont l'allemand BASF, l'américain NatureWorks, le britannique Symphony Plastics et le français Biolice (Limagrain). Au programme : pétrole, chimie, innovation, ressources renouvelables, compostage, biodégradation, oxo, norme EN 13 432... et un Arrêté Royal belge (Lire Une) très récent. Pomme de terre Avec sa verve coutumière, John Persenda (Sphere) a... planté le décor : « Point de salut en dehors de la pomme de terre ! ». Face aux importations asiatiques et au durcissement des réglementations relatives aux sacs en plastique et aux emballages, le spécialiste des sacs et sachets pour la grande distribution et des sacs poubelle a, en effet, choisi la voie de l'intégration. L'entreprise a acheté une féculerie afin de basculer progressivement sa production du polyéthylène traditionnel vers l'amidon de pomme de terre ; c'est d'ailleurs un cas rare de transformateur d'emballage ayant choisi d'intégrer la production de sa matière première. Très différente est la démarche de CGL Pack. Le spécialiste des emballages thermoformés en plastique exploite les biomatériaux dans une démarche d'écoconception qui passe par la réduction du poids et le choix de nouveaux matériaux. Jean-Luc Rival a ainsi mis en avant un outil d'évaluation baptisé Ecobilan 3x3 qui permet d'évaluer simplement les performances environnementales d'un emballage fabriqué à partir d'un polymère. Sont traités les trois grands impacts que sont la consommation de ressources non renouvelable, l'effet de serre et l'eutrophisation sur les trois grandes étapes que constituent la fabrication de la matière première, sa transformation et sa fin de vie. Pour CGL Pack, les biomatériaux offrent, dans ce cadre, des perspectives de développement très attrayantes dans la mesure où la réduction du poids se heurte à des limites physiques. Ressources renouvelables Sont aujourd'hui à disposition du transformateur, d'abord, des ressources renouvelables telles que des plastiques amidonnés, l'acide polylactique (PLA), la cellulose ou encore le « polyéthylène vert » mais aussi des charges mixtes à base de fibres, de poudres, de nanoparticules et, enfin, des ressources fossiles. Le choix s'effectue en fonction du bilan et des possibilités techniques. « Il y a malheureusement encore peu de matériaux d'origine végétale disponible pour le thermoformage », a pointé Jean-Luc Rival qui note également que « ces matériaux peuvent poser des problèmes en termes de consommation d'eau et de disponibilité de ressources alimentaires ». Pour Stefano Cavallo (NatureWorks), les choses sont cependant claires. L'acide polylactique (PLA) que propose aujourd'hui NatureWorks est issu de l'amidon de maïs pour des raisons historiques et géographiques. De préciser : « comme le procédé de transformation s'appuie avant tout sur la chimie du sucre, il accepte des amidons d'autres ressources végétales ». Stefano Cavallo a également montré que le PLA pouvait servir à de multiples applications de la fabrication de manchons retractables aux barquettes en passant par les bouteilles.

Norme EN 13 432 Mais « il y a maïs et maïs » a précisé Nathalie Gorce-Joire pour Biolice (Limagrain) qui s'est fait connaître pour le Sac à Sapin réalisé pour Handicap International : « le procédé de Biolice exploite la farine et non pas l'amidon ». Tout autre est la démarche de BASF : le chimiste allemand développe, avec Ecovio et Ecoflex, une combinaison de ressources fossiles et de ressources végétales pour proposer une matière biodégradable. Quant à Symphony Plastics représenté par Philippe Michon, il propose avec les oxobiodégradables - un terme catégoriquement refusé par les spécialistes qui lui opposent le terme oxodégradable -, des plastiques avec des adjuvants qui accélèrent la dégradation. Ce rapide résumé de la conférence montre que le sujet est extrêmement touffu et devient rapidement un débat d'experts. S'il semble relativement facile d'expliquer au grand public la différence entre une ressource fossile et une ressource renouvelable, il devient moins évident d'expliquer que cet aspect n'a pas de rapport direct avec le compostage tel que défini par la norme EN 13 432. Il a été d'ailleurs rappelé que « la filière de compostage est peu développée en France ». Un point cependant a réuni tout le monde : les matériaux issus de ressources renouvelables ont un bel avenir ! L'Espace Biomatériaux du salon en témoignait...

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