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Les barquettes en bois laissent tomber l'agrafe

Gilles Solard

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Les emballages légers en bois n'avaient plus la cote. Portés par la mode du naturel, ils la retrouvent aujourd'hui. D'autant que colles et couture offrent de nouveaux débouchés aux barquettes et aux plateaux.

Il était temps ! Délogé par le plateau en carton et bousculé par le bac en plastique qui progressait rapidement à la fin des années 1990, le plateau à fruits et légumes en bois aurait bien pu disparaître corps et biens sans crier gare. En 20 ans, les parts de marché du plateau en bois ont ainsi été divisées par deux, passant de plus de 90 % à moins de 45 %. Le nombre de producteurs est tombé de 250 à 60 aujourd'hui pour 120 sites de production en France. « Toute l'énergie a été dépensée dans des guerres intestines sans voir l'arrivée des autres matériaux », notent les observateurs avisés de ce marché.

Une cure d'amaigrissement qui a parfois eu des relents de grève de la faim, tant le reflux du bois aurait pu balayer une filière entière. Mais, aujourd'hui, les professionnels estiment avoir touché le fond. « On constate une stabilisation et même une reprise des ventes liée notamment à un regain d'intérêt pour le bois dans un contexte de retour au naturel et de priorité écologique », note un document récent de Group recycling of Wood (Grow), l'organisme de valorisation des emballages en bois. La production de plateaux de fruits et légumes est ainsi remontée à 360 millions d'unités en 2002, contre 350 millions deux ans auparavant.

Un regain qui est le fruit d'un travail de fond. L'organisme a, en effet, dû démarcher tous les hypers et supermarchés de France et de Navarre pour expliquer et faire comprendre le rôle du bois et montrer qu'il colporte une vraie image auprès des consommateurs. Pour les huîtres, les fromages ou les fruits et légumes, c'est le matériau préféré des Français, analyse ainsi une étude BVA de février 2003 réalisée auprès de plus de 1 000 personnes. Il est également associé au terroir, à la fraîcheur, à l'authenticité. Bref, il existe dans le bois un véritable potentiel à explorer.

Une feuille de bois unique

 

Ceux qui l'ont compris engrangent aujourd'hui les bénéfices d'une démarche pourtant totalement isolée au départ mais opiniâtre. Après avoir connu un échec à vouloir relancer une entreprise traditionnelle d'emballages en bois, Philippe Bouton-Hugues achète au fabricant italien Corali une machine conçue pour fabriquer des barquettes à partir d'une feuille unique. Une technologie issue du carton et traduite pour du bois déroulé mince. Son application au conditionnement des champignons s'avère être un échec. Qu'à cela ne tienne, Philippe Bouton-Hugues s'oriente cette fois vers les boulangeries qui adoptent le concept pour conditionner et cuire les produits de qualité, tels les pains spéciaux multicéréales ou ceux issus des farines biologiques. Et, surtout, il améliore son produit en inventant, en 1995, un procédé de collage de bois humide qui élimine les agrafes. Dénommée Panibois, la barquette connaît dès lors un tel succès qu'elle finit par donner son nom à l'entreprise.

Succès car cette barquette sans agrafes peut désormais passer dans les tunnels de détection de métaux sans problèmes. Mais aussi parce qu'elle résiste aussi bien à la congélation qu'aux hautes températures. Et puis, tout simplement, parce qu'elle plaît aux consommateurs. « Je ne vends pas des barquettes mais une image de qualité que le bois va donner au produit », explique Philippe Bouton-Hugues. Conçue pour le secteur de la boulangerie, cette barquette voit s'ouvrir tous les jours de nouveaux marchés. Après les boulangers, des charcutiers traiteurs ou des épiceries fines l'utilise. Et, après les commerçants traditionnels, d'autres vecteurs de distribution comme la restauration ou la distribution spécialisée se montrent intéressés. Panibois a, par ailleurs, ouvert des marchés à l'export dans pas moins de 28 pays. Dix ans après sa création, l'entreprise réalise 3 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2003 pour 3,6 millions en 2004, fabrique plus de 14 millions de barquettes annuellement et cherche à vendre des licences d'exploitation à l'étranger.

Sans colle ni agrafe

 

La barquette sans agrafes fait aujourd'hui des émules. Au dernier Salon de la boulangerie, début février, Derrien & Nicolas présentait, lui aussi, une barquette sans agrafes ! Résistante à la cuisson dans un four à 250 °C pendant 30 minutes, cette barquette a non seulement abandonné les agrafes mais elle se passe aussi de colle. Celle-ci est tout simplement cousue avec un lien en coton. « Nous avons déposé les modèles », indique Bernard Derrien, gérant de l'entreprise. Ce breton entreprenant a carrément installé le siège de son entreprise à Turek, à 200 km de Varsovie, en Pologne.

De son côté, le leader européen de l'emballage en bois qu'est devenu Nature Bois Emballages (NBE) présentait lors de Fruit Logistica de Berlin (lire 691), qui s'est tenu du 5 au 7 février dernier, une barquette sans agrafes ainsi qu'un plateau à fruits et légumes sans agrafes ! Gameco - pour gamme économique et écologique - est le résultat de plusieurs années de recherche. « Nous avons investi 300 000 à 450 000 euros pour le seul procédé de collage », indique Max Pujante qui reconnaît que ce produit n'aurait jamais existé sans le regroupement des moyens de recherche des six entreprises qui ont fusionné au sein de NBE en 1999. Ces jours-ci, l'entreprise s'apprête donc à lancer sur le marché la première machine à coller des plateaux. Une machine que n'importe quel fabricant d'emballage pourra acquérir... Même les Américains, qui ne connaissent même pas ce matériau d'emballage, seraient intéressés !

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