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Leclerc veut faire de l'emballage une notice nutritionnelle

ANNE FRITSCH
« Et si l'emballage vous montrait clairement ce que vous risquez ? » Avec ce slogan, l'enseigne Leclerc rappelle à l'emballage l'une de ses lourdes responsabilités : celle de l'information nutritionnelle.

Victime de sa gourmandise, ou d'une consommation aveugle, cette petite dame obèse qui jette un emballage à la poubelle ? Ce pictogramme, détourné de celui que l'on trouve sur l'emballage d'aliments nomades pour inciter l'utilisateur à ne pas les jeter n'importe où, est l'estampille de la campagne de Leclerc pour l'information nutritionnelle. On le retrouvera dans la presse magazine toute l'année (et depuis le 7 mars), sur trois visuels de l'agence Australie : paquet de chips, boîte-boisson de soda et paquet de céréales.

« Fumer tue » lit-on en caractères gras sur les paquets de cigarettes. Faudra-t-il bientôt imprimer « Manger rend obèse » sur les aliments ? Loin d'être montrée comme un « plaisir de la vie », l'alimentation est associée dans cette campagne à la notion de risque. Un terme qui peut paraître paradoxal alors que l'on n'a jamais autant légiféré et pris de précautions sur l'identification des ingrédients, la traque des Listeria et salmonelles, la notification des allergènes, le contrôle de la chaîne du froid, les durées de conservation et la traçabilité des produits en général.

Déséquilibre alimentaire

Non, ce qui est en question ici n'est pas tant la sécurité alimentaire que l'éventualité de surconsommation et de déséquilibre alimentaire. Risque que ne présente aucun aliment de façon intrinsèque, mais que présentent pratiquement tous les aliments lorsqu'ils sont consommés à des doses inadaptées et associés sans souci d'équilibre. L'obésité est pressentie comme un problème de santé majeur pour les prochaines décennies, et la lutte contre ce fléau est particulièrement médiatisée : Leclerc communique donc sur ce terrain.

Le problème n'est pas simple. D'un côté les industriels mettent sur le marché des « alicaments » et font des « allégations santé » une arme marketing, au point de conseiller une sorte de posologie (une petite bouteille chaque matin pour doper les défenses immunitaires ; deux yaourts par jour pour couvrir les besoins en Oméga 3...). Il faut bien logiquement conclure qu'à l'inverse, certains aliments à certaines doses sont moins bons, sinon mauvais pour l'organisme. C'est ce qui est visé ici : le consommateur est présenté comme victime de manoeuvres sournoises : celles des industriels de l'agroalimentaire, qui sont d'ailleurs régulièrement accusés de trop saler ou sucrer leurs préparations pour flatter le goût du consommateur, ce qui créerait une certaine accoutumance délétère. Les entreprises n'ont-elles pas le devoir d'avertir le consommateur noir sur blanc ? C'est ce qu'elles font ! Outre la réglementaire liste des ingrédients, la plupart des industriels mentionnent des données caloriques, une analyse nutritionnelle et des références aux fameux « apports journaliers recommandés » (AJR).

Information utilisable

Certes, c'est toujours à sens unique : on indique combien consommer pour atteindre certains AJR valorisants (comme les minéraux ou vitamines) ; jamais on ne donne la limite de consommation pour ne pas dépasser tel apport en glucides ou lipides.

Pour Leclerc et sa marque propre « marque repère », on peut et on doit faire mieux en terme d'information, et c'est l'emballage qui doit jouer le rôle de notice. En indiquant des chiffres par portion - ce qui se fait déjà beaucoup - et en suggérant les aliments complémentaires pour équilibrer le repas - ce qui se fait un peu. Ce n'est pas vraiment ce qui s'appelle « montrer clairement ce que l'on risque », mais la campagne rappelle au moins le consommateur à sa propre responsabilité : celle de lire les emballages. Toutes les informations nécessaires y sont généralement portées.

Reste que leur exploitation n'est pas facile car l'alimentation résulte d'un panachage entre de multiples aliments ; et l'équilibrer rigoureusement reviendrait à résoudre un système d'équations très indigeste ! Il y a là un vrai défi pour les marques alimentaires : donner une information non pas pour se dédouaner, mais pour qu'elle soit utilisable. Ne serait-il pas possible d'harmoniser certaines indications sur tous les produits, d'adopter un code couleur commun pour désigner les lipides, glucides, protides, bref : d'offrir une information pédagogique ? L'emballage peut et doit en être le support efficace ; mais ce n'est pas lui qui composera les menus.

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