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Leclerc fait le faux procès des sacs de caisse

ANNE FRITSCH

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Dans une campagne d'affichage choc, Leclerc vante son système de sacs payants en dénonçant les méfaits des sacs en plastique jetés dans la nature. Le Syndicat des producteurs de matières plastiques proteste.

Un dauphin agonisant sur une plage, entouré de sacs en plastique. Un paysage méditerranéen défiguré par ces mêmes sacs... Qui est le pollueur ? Le sac en plastique ? Celui qui le met sur le marché ? Celui qui le jette ? Se gardant bien de mettre en accusation le dernier maillon de la chaîne, la campagne nationale d'affichage, en format 4 X 3 m et en Abribus, fait la morale aux distributeurs concurrents en vantant le système de Leclerc. Le sac payant échangeable : « Une exception qui devrait être la règle ».

En supprimant les sacs de sortie de caisse gratuits en 1996, Leclerc a initié la prise de conscience du consommateur de sa surconsommation d'emballages en général. L'enseigne distribuerait aujourd'hui 50 millions de sacs représentant 2 400 tonnes de polyéthylène, soit 20 fois moins de sacs et 2,6 fois moins de matière qu'avant 1996. Mais la différence pour l'environnement n'est pas aussi évidente, car la plupart des 14 milliards de sacs de sortie de caisse distribués chaque année en France ont une seconde vie comme sacs poubelle, puis finissent en incinération, un destin tout à fait honorable lorsque l'incinérateur est aux normes.

Polémique

Mais pour Liliane Messika, directrice de la communication du Syndicat des producteurs de matières plastiques (SPMP), la campagne faisait du tort à l'image des plastiques et Leclerc use d'arguments spécieux : « Il est plus facile de prendre le sac comme bouc émissaire que d'accuser ses clients d'incivisme ». Le SPMP a choisi de réagir par un communiqué titré : « Responsabilisation des consommateurs : oui. Diabolisation des sacs en plastique : non ! »

Le Syndicat des films plastiques (SFP), s'il craint que cette campagne ne soit néfaste à son industrie, juge stérile de réagir du tac au tac. Son délégué général, Françoise Gerardi préfère « travailler sur le terrain pour proposer, d'ici un an ou deux, des sacs qui auront d'autres qualités techniques et répondront aux reproches. » Quels reproches au fait ? « Le drame du sac, c'est sa visibilité. » L'impact visuel est démesuré par rapport aux milligrammes qui le causent. Outre l'utopique solution de changer les attitudes, le SFP « travaille sur la matière et le format des sacs pour qu'ils traînent moins et qu'ils soient moins polluants. Cela débouchera sans doute sur plusieurs concepts, car les enseignes se différencieront et communiqueront sur leurs choix ».

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