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Le traitement du bois, passeport pour l'export

Gilles Solard

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Mesure de rétorsion ? Fin août 2002, la Chine annonce brutalement à l'Europe que, à compter du 1er octobre, tout emballage en bois d'une épaisseur supérieure à six millimètres devra être traité. Une mesure d'autant plus brutale que le délai de transport d'un colis par bateau pour la Chine est de un mois ! Sont désormais concernés par cette nouvelle réglementation phytosanitaire tous les emballages en bois massif ainsi que tous les éléments et accessoires en bois massifs tels que palettes, tasseaux, chevrons et calages. En outre, le marquage pour preuve de traitement est impératif sur la caisse et sur chaque élément en bois massif non solidaire de celle-ci.

Jusqu'à présent, seule l'Australie imposait un traitement . Pays qui se protège de longue date d'animaux nuisibles et de maladies et pour lequel une vingtaine de sociétés avaient fait l'acquisition d'autoclaves de traitement. Or depuis que la Chine a changé sa réglementation, la mesure a mis le feu aux poudres ! A l'heure où nous écrivons, plus de 30 pays lui ont emboîté le pas !

Un coup dur pour la profession qui a réalisé une estimation du coût de cette opération : « De 50 à 100 euros au mètre cube de bois », annonce Jean Rabuel, responsable de la commission bois du Syndicat de l'emballage industriel. Or, les caisses en bois destinées à l'export atteignent facilement 10, voire dans certains cas 30 m3 de bois ! Qui plus est, chaque expédition doit être accompagnée d'un certificat phytosanitaire délivré par le Service régional de la protection des végétaux (SRPV). Une procédure jugée trop longue par Jean Rabuel : « Que faire en cas d'urgence ? Il est inadmissible d'attendre plusieurs jours des papiers ! ».

Le certificat, qui doit être présenté lors de l'arrivée des marchandises en Chine, est cependant réalisé sur la simple bonne foi sans contrôle effectif. « Or les exportateurs veulent avoir la garantie que le traitement a été bien fait », explique Patrice Chanrion, responsable de la commission professionnelle emballage en bois au Centre technique du bois et de l'ameublement (CTBA). Face à cette nécessité de chauffer le bois à 56 °C à coeur pendant 30 minutes, la Direction générale de l'alimentation a mandaté le CTBA pour réaliser des abaques, car le résultat dépend à la fois de l'épaisseur et de l'humidité du bois.

Mesurer la cuisson à coeur

Le problème qui se pose aujourd'hui est la mesure exacte de la cuisson « à coeur » : les opinions divergent aujourd'hui entre la pose de capteurs de température dans le séchoir ou celle de thermocouples directement dans la palette. « A défaut d'obtenir cette garantie, les exportateurs se tourneront vers les palettes moulées en bois ou les palettes plastiques », conclut Patrice Chanrion qui tient sa prochaine commission le 25 juin prochain.

Catastrophe pour les uns, la modification de la réglementation est une opportunité pour les autres. « Nous sommes contents parce que le contreplaqué n'est pas concerné », se félicite Noël Parot, directeur général de Nefab, leader en France dans ce matériau d'emballage. Tous les bois manufacturés qui sont déjà chauffés dans leur processus de fabrication, comme le contreplaqué, les panneaux en « oriented strand board » (OSB) ou le bois moulé ne sont en effet pas concernés par cette mesure. Ils pourraient largement en profiter...

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