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Economie circulaire

Le sac de sortie de caisse a des solutions à faire valoir

OLIVIER DUCUING

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Les sacs de caisse (lire 684) gratuits ont déjà disparu de Corse, de chez Leclerc, et de chez les hard-discounters. Pourtant, les fabricants de ces sacs en polyéthylène, bien silencieux jusqu'alors, ont développé des solutions qui s'affirment convaincantes jusque dans leur équilibre économique face aux critiques environnementales. Enquête à Sainte-Sigolène.

Des sacs plastiques dans les arbres, dans la campagne, au fond des mers et des estomacs des tortues ou de mammifères marins... La liste est longue des critiques féroces portées à l'encontre des sacs de caisse. Une campagne particulièrement forte depuis un an ! Il faut dire que les enjeux sont élevés, avec un volume de 15 milliards de sacs de caisse par an dans notre seul pays. Alors que des solutions alternatives fleurissent depuis quelques années, derrière l'exemple des centres Leclerc et leurs sacs consignés, la filière du polyéthylène se bat pour rappeler la pertinence intrinsèque des sacs de caisse, que les dernières évolutions techniques et environnementales rendent selon elle encore plus séduisants.

« On n'a pas été bons ! On a travaillé comme des industriels, sur la matière, on a énormément avancé, mais on n'a pas communiqué alors que notre produit est méconnu à tous les niveaux. On ne sait pas se défendre ! ». Jocelyne Duplain, présidente de Pichon Plastiques et de la CCI du Puy Yssingeaux (Haute-Loire), ne pratique pas la langue de bois.

Devant les inquiétudes nées d'un tir de barrage nourri contre le sac de sortie de caisse, la filière plasturgiste du plateau de Sainte-Sigolène s'est mobilisée. « C'est une question vitale pour le sac de sortie de caisse, mais notre réponse vaut aussi pour l'ensemble des emballages plastiques », poursuit-elle.

Dans la discrétion, le Système productif local (SPL) de Sainte-Sigolène travaille depuis plusieurs années à améliorer le bilan écologique du sac de caisse, devenu aujourd'hui « un génie de technologie », estime Serge Vassal, président du directoire du Groupe Barbier, numéro un français du film en polyéthylène et numéro 8 européen avec 605 salariés, neuf unités de production et 153 millions d'euros de chiffres d'affaires.

L'industriel observe ainsi qu'en trente ans, l'épaisseur des sacs est passée de 80 à 17 microns, perdant ainsi 75 % de son poids. Et des marges de progrès demeurent encore alors qu'un sac, aussi fin soit-il, permet de transporter une dizaine de kilos.

Au-delà, la profession travaille depuis quelques années déjà à améliorer le produit. Depuis 1999, le Syndicat national des films plastiques (SFP) a travaillé à la mise au point d'un sac Norme française environnement, en partenariat avec l'Association française pour la normalisation (Afnor), l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), les distributeurs et les associations de consommateurs. Ce sac est aujourd'hui opérationnel, et d'ailleurs présent aux caisses de Monoprix, Castorama et depuis début 2004, chez Auchan.

Quelle différence entre ce sac NF Environnement et le sac classique ? D'abord sa couleur : le sac de caisse traditionnel est blanc de par l'introduction d'oxyde de titane qui opacifie le polyéthylène naturellement transparent. Une solution qui permettait de cacher le contenu des courses et était appréciée pour des raisons de marketing. A contrario, le sac « propre » garde la transparence naturelle, en évitant l'adjonction de titane, dont le coût écologique de l'extraction était très lourd et très gourmande en énergie.

Information

Autre nouveauté : les encres d'impression étaient souvent à base de solvant, alors que le sac environnemental est produit avec des encres aquasolubles ou, a minima, avec une récupération des composés organiques volatils (COV).

Par ailleurs, ce sac garantit l'absence d'utilisation de substances dangereuses qui peuvent encore exister dans les productions asiatiques (comme des traces de plomb), et engage les fabricants à optimiser l'encombrement en adaptant au plus juste le conditionnement des sacs.

Enfin, le sac comprend un message d'information au consommateur, de type « Ne me jetez pas n'importe où », ou encore, « je suis NF Environnement ». Dans le même temps, la profession s'est engagée à réduire de 25 % en trois ans les tonnages, grâce à la réduction à la source, la distribution plus fine des sacs en caisse, mais aussi à l'organisation de la récupération des sacs. « C'est peu connu, mais Auchan a déjà mis en place des conteneurs pour que les consommateurs qui le souhaitent puissent rapporter leurs sacs et les professionnels ont donné leur accord pour recycler », observe Serge Vassal.

Si ce sac quasi écologique est déjà sur les rails, la profession ne s'en tient pas là : il ne répond toujours pas à la critique la plus dure portée au sac de caisse : une durée de vie de 200 à 400 ans, et une dégradation de l'environnement, des paysages et un impact très grave sur le biotope et la faune marins.

Longévité

Le syndicat professionnel conteste, tout d'abord, la longévité des sacs, qui serait en fait de l'ordre de deux ans. Sauf en cas d'enfouissement. Le polyéthylène se dégrade naturellement à la lumière et à la chaleur. C'est d'ailleurs dans cette direction que la profession met les bouchées doubles pour aboutir à un sac fragmentable, qui pourrait être presque doté d'une date de péremption.

Des prototypes conçus avec le Centre national d'évaluation de photo- protection (CNEP) de Clermont-Ferrand sont déjà en phase de tests dans plusieurs entreprises. Il ne s'agit pas de sacs biodégradables à base l'amidon ou autre, déjà au point, et assimilé très rapidement, dans les filières de compostage. Mais le coût de revient - 4 à 5 fois plus cher que le sac NF Environnement - ne permet pas de l'envisager comme une solution générale. Barbier produit aujourd'hui ce type de sacs pour le compte de la chaîne Botanic. Le CNEP, créé par Jacques Lemaire en 1970, associé au CNRS depuis 1981, a pour parrains le conseil régional d'Auvergne (1/3), l'Etat (1/3) et 50 grands groupes industriels dont aucun n'est actionnaire à plus de 1/1000e. Spécialiste de l'analyse du vieillissement chimique, le centre travaille avec plus de 600 entreprises dans le monde. Dans le cadre du programme mené par le SPL de Sainte-Sigolène, le centre travaille à la fragmentation par photoxydation et thermoxydation du polyéthylène, en partenariat avec onze entreprises et plusieurs fournisseurs d'additifs et de polymères. L'objectif est de parvenir, en septembre 2004, à une solution acceptable pour un sac à durée de vie maîtrisée.

Directeur du CNEP, Jacques Lemaire détaille : « Nous savons induire une photoxydation ou une thermoxydation de façon ponctuelle en introduisant des additifs mais il faut pouvoir combiner ces actions ». A Sainte-Sigolène, l'avenir semble bien réside bien dans ces sacs à durée de vie maîtrisée pour un budget quasi constant : le coût des additifs serait, en effet, compensé par l'introduction de minéraux moins chers. « Aujourd'hui, on sait très bien extruder du polyéthylène à durée de vie maîtrisée, mais on veut labelliser la durée de vie précise des sacs sous moins d'un an », annonce Serge Vassal, évoquant une disparition des sacs au bout de quatre semaines. Une caractéristique qui aurait aussi toute sa valeur pour les autres segments d'activité de la filière comme les emballages agricoles, par exemple.

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