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Dossier

Le marché des fruits bruts se cherche

ARNAUD JADOUL

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Des barquettes filmées, des boîtes charnières, des tubes munis d'un cordon de transport, des barquettes clipsées par l'intérieur pour garantir leur inviolabilité, des filets tubulaires individuels en polystyrène expansé en remplacement des papillotes en papier... Apportant des fonctions de service, conservation améliorée, durée de vie allongée, protection contre les chocs, présentation plus attractive, facilité de transport et de stockage pour les consommateurs, les solutions de pré-emballage se multiplient sur un marché des fruits dominé par le vrac et les ventes en grande distribution.

Ainsi, pour une consommation des ménages de l'ordre de 1,2 million de tonnes de fruits frais par an, le pré-emballé représente 25 % environ des ventes et un tiers des références du rayon. Ces chiffres recouvrent cependant de grandes disparités en fonction des espèces, des origines et des canaux de distribution. Par exemple, ce mode de vente, économe en main-d'oeuvre, est dominant dans le hard-discount, tandis que les détaillants sont fidèles au vrac.

« Le marché se cherche encore, constate Alain Vialaret, directeur de l'union de coopératives Blue Whale. Le vrac concerne aujourd'hui le milieu de gamme, alors qu'il devrait être réservé aux premiers prix. Pourtant, développer le pré-emballage est un moyen de reprendre des initiatives laissées à d'autres compétiteurs. » Et d'estimer entre 5 et 10 ans le délai nécessaire pour inverser la tendance. Le temps de modifier certaines approches, la priorité accordée au critère du prix, par exemple.

Le choix des standards

Celui-ci est profondément ancré dans les esprits, comme en témoignent les stratégies mises en place dans le haut de gamme par des appellations d'origine contrôlée (AOC) ou des clubs variétaux, toujours très consommateurs de plateaux. « Nous avons délibérément choisi des standards de conditionnement par souci d'une approche qualité/prix pertinente, déclare Jean-Michel Salon, directeur marketing de l'association Pink Lady Europe. Mais, alors que chaque opérateur propose souvent son propre emballage, nous avons une gamme complète, homogène et unique, quelle que soit l'origine du produit. Car il faut remédier à la pléthore de présentations. En même temps, c'est un vecteur de communication essentiel. » Encore ces clubs ont-ils réussi à inverser le rapport de force avec la grande distribution. Mais, dans d'autres secteurs, tel celui des agrumes, « caractérisé par l'individualisme, sans stratégie de marque, selon Xavier Rosario, gérant du distributeur Louis Rosario, les enseignes dictent leurs règles : plateaux alvéolés, souvent en carton, en bois pour les gros volumes, filets Girsac, paniers. »

Une autre de ces habitudes concerne la qualité des produits. Une évidence ? Pas forcément. Pour positionner le pré-emballé en produit d'appel et assurer des volumes, certains n'hésitent pas en effet à conditionner des fruits d'origine et de calibre différents et... très mûrs !

Le secteur n'en avance pas moins. « L'évolution est plus que satisfaisante depuis 2000, indique Christian Lamy, responsable du marché des fruits et légumes chez Dynaplast. La grande distribution n'hésite plus à utiliser des unités de vente consommateurs (UVC) pour la fraise, la tomate-cerise, la pêche, la nectarine, la pomme et, de plus en plus, la cerise. »

Pour répondre aux enjeux de la segmentation et des modes de consommation alimentaires, l'offre d'emballages se veut valorisante et pratique. Elle doit aussi permettre une polyvalence des utilisations en fonction des produits et de la taille des unités de vente. La barquette s'impose donc - d'après une étude du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (Ctifl) réalisée en 2003/2004, elle représente 55 % environ des emballages de fruits frais -, le format le plus courant étant celui du kilo.

La barquette en plastique s'impose

Corollaire : le plastique caracole en tête des matériaux présents sur les étals (80 %), le polypropylène et le polyéthylène téréphtalate (PET) en particulier, très prisés pour leur transparence. Plus en adéquation avec le végétal, le carton (8 %) trouve encore grâce auprès des fruits d'été. Et se sophistique un peu, à l'image des caisses présentoirs Babybox ou des caisses operculées et sécables Pur-T, de Smurfit-Socar.

Les développements s'intensifient également dans les emballages actifs, pour réguler les phénomènes biologiques et maîtriser le mûrissement des fruits pré-emballés. A commencer par la mise sous atmosphère modifiée. Mais, utilisée pour la Ire gamme élaborée, elle requiert des températures stables, que les opérateurs ne peuvent garantir aujourd'hui. Les absorbeurs et relargueurs d'éthylène, absorbeurs d'oxygène, régulateurs d'humidité et autres films chargés en substances antiseptiques, eux, restent encore assez discrets et doivent faire leur preuve au stade industriel. A l'inverse, les films à perméabilité sélective ont déjà démontré leur efficacité. Tels ceux de la gamme Vitalis de la Compagnie franco-suisse de façonnage (CFS) ou le SAP'Fresh de Saint-André Plastique (SAP), microperforés ou complexes, qui permettent d'optimiser les échanges gazeux entre l'intérieur de l'emballage et le milieu ambiant, d'allonger la durée de vie, de réduire la freinte par déshydratation, de stopper le développement de micro-organismes, tout en assurant une parfaite présentation grâce à l'antibuée.

« A la différence de la IVe gamme, qui a intégré un process industriel, la Ire gamme découvre seulement l'emballage, résume Fabien Itty, directeur commercial de CFS. Mais le marché est en pleine effervescence, tout le monde s'épie. Plusieurs lancements sont prévus dans les prochains mois. » Attention à ne pas s'emballer tout de même ! Cet essor a été bien souvent pronostiqué.

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