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Le jardinage fait pousser le pratique et l'écolo

MIRABELLE BELLOIR

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Pour répondre aux attentes des nouveaux et toujours plus nombreux jardiniers amateurs, les différents acteurs du marché développent des produits simples à utiliser et des produits bio, en apportant une attention particulière à l'emballage.

Dans chaque Français se cache une âme de jardinier. Selon l'enquête 2008 de l'Union des entreprises pour la protection des jardins et des espaces verts (UPJ) réalisée par l'institut CSA, près de neuf Français sur dix possèdent des végétaux et six sur dix ont un jardin, soit 37 millions de jardiniers amateurs potentiels. « La grande évolution de ces dernières années, c'est effectivement la prise de conscience du changement de mentalités des jardiniers qui conduit à une transformation profonde de ce marché, à tous les niveaux d'acteurs : fournisseurs, industriels, distributeurs, explique Véronique Souverain, responsable communication chez Oxadis. Près de 80 % des jardiniers cibles ont un niveau de savoir-faire intermédiaire et ce qui les différencie repose davantage sur leurs personnalités : certains jardinent pour avoir un jardin lieu de vie, d'autres pour avoir un jardin esthétique, d'autres seulement pour les enfants, etc. Petit à petit, l'offre commence à s'adapter à ces jardiniers en leur proposant des concepts globaux dédiés à leur profil. L'important n'est plus la variété, mais le service apporté par l'offre : la praticité, la simplicité d'usage, la garantie de résultat et la réponse au besoin lié au profil en termes d'esthétique ou de respect de la nature... »

Pour séduire cette clientèle, n'ayant pas forcément des connaissances poussées en jardinage, les professionnels du marché s'attachent à offrir des produits pédagogiques, simples d'utilisation. L'évolution des packagings des semences en est une très bonne illustration. « Les graines sont typiquement des produits invisibles qui ne vivent que par l'emballage, constate Jean-Sébastien Griffaton, directeur général de Radis et Capucine. Pour donner envie au client d'acheter un sachet de graines, il doit se projeter dans son jardin et avoir une idée des plantes que vont devenir ces graines. C'est pourquoi, traditionnellement, on trouve sur les paquets une photo des futures plantes. Des recettes de cuisine peuvent aussi être imprimées sur les sachets afin de proposer des idées d'utilisation des futurs légumes. »

Un packaging qui donne envie

Afin de séduire une nouvelle clientèle, urbaine et féminine, des packagings innovants sont apparus. « Pour permettre à cette nouvelle cible de découvrir le jardinage, des doses plus petites sont proposées, des kits "prêts à l'emploi" pour s'initier au semis ont été mis sur le marché. Le packaging apporte une valeur ajoutée qualitative à nos semences », poursuit Jean-Sébastien Griffaton. A la manière des pâtes à gâteaux où il faut seulement ajouter des oeufs, il ne reste plus qu'à ajouter de l'eau à ces kits d'initiation contenant graines, terre et pot. « L'important est de donner envie de semer, de faciliter l'accès à cette formidable expérience qui est de donner vie à un végétal, puis d'en manger les fruits pour les légumes, ou de profiter de leur beauté pour les fleurs ! C'est basique mais cela peut faire écho à des aspirations très vitales et déclencher de vraies passions... », soutient Véronique Souverain.

Les nouveaux jardiniers sont aussi soucieux des questions environnementales. Toujours selon l'enquête de l'UPJ, 84 % des jardiniers disent entreprendre plusieurs actions pour préserver l'environnement, 72 % déclarent limiter les produits chimiques. En effet, les engrais ou autres soins pour plantes chimiques de synthèse souffrent d'une mauvaise image. En réponse, les grands noms du secteur développent tous une gamme de produits compatibles avec une agriculture biologique : Carré Vert pour KB, Activasol pour Algoflash, Naturasol pour Sem, Naturen pour Fertiligène... Sur les emballages de ces produits, tous insistent sur le caractère naturel de leurs produits. Pour les semences, les distributeurs réclament des graines issues de l'agriculture biologique. « Ils souhaitent également des emballages écologiques, en accord avec le contenant, explique Jean-Sébastien Griffaton. Ils préfèrent des imprimeurs agréés Imprim'vert, des encres végétales, des vernis à l'eau, du papier recyclé ou, du moins, issu de forêts certifiées. » Les distributeurs sont de plus en plus attentifs à toutes les étapes de la conception de l'emballage. « Ils veulent un fourreau minimum, éviter le suremballage. Par exemple, sur des semences provenant de Moyen-Orient, nous ajoutons un fourreau directement sur l'emballage d'origine pour éviter de déballer le produit et de l'envelopper dans un nouvel étui, limitant ainsi les déchets. » Les matières plastiques sont petit à petit remplacées. « Polystyrène (PS), polypropylène (PP) n'ont plus la cote. Au minimum, le polypropylène expansé (PPE) est utilisé. Nous évitons d'avoir recours à des blisters. » La provenance des emballages intéresse également les distributeurs. « Le carton chinois est mal vu. Pour des petites et moyennes quantités, ils préfèrent que nous fassions appel à des entreprises locales. »

Pour remplacer les pots plastiques, différentes sortes de pots biodégradables ont été développées ces dernières années. Le principe est de planter directement la plante et son pot dans la terre, où ce dernier se dégrade. Ces pots doivent permettre un développement en culture chez le professionnel, présenter une bonne esthétique après la saison de culture lors de la vente, avoir une tenue suffisante pour supporter les diverses manutentions jusqu'à la plantation et se dégrader rapidement dans le sol après plantation. Plusieurs pistes ont été suivies et différents pots commencent à apparaître sur le marché.

Le jardinage est devenu l'un des loisirs préférés des Français. Récemment, le succès des jardins partagés en ville a montré l'engouement pour ce passe-temps. Et les acteurs du marché en récoltent déjà les fruits (économiques) et redoublent d'efforts pour proposer des produits innovants qui réveilleront le « Nicolas le jardinier » qui sommeille en chacun de nous.

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