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Décryptage

Le cabas réutilisable est le moins mauvais des sacs de caisse

ANNE FRITSCH

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Quel type de sac de caisse est le moins nocif pour l'environnement ? Le sujet devenant polémique et enjeu d'image de marque au niveau des distributeurs, Carrefour a commandé la première analyse du cycle de vie (ACV) comparée de quatre types de sacs. Voici un résumé des résultats, publiés le 5 février, qui rationalisent enfin le débat.

Commandée par Carrefour, soutenue par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), réalisée par Ecobilan (PriceWaterhouseCoopers) et complétée d'une revue critique à laquelle ont participé les organisations professionnelles représentatives des matériaux « en lice », la première analyse du cycle de vie (ACV) comparée de quatre types de sacs de sortie de caisse - le sac jetable en polyéthylène, le cabas réutilisable, le sac biodégradable et le sac en papier - était très attendue. A chaque étape du cycle de vie d'un sac, que sont la mise à disposition des ressources naturelles, l'élaboration des matériaux puis des produits intermédiaires, la fabrication, l'utilisation et la fin de vie, l'ACV a calculé les impacts sur huit indicateurs. A savoir la consommation d'énergies non renouvelables, la consommation d'eau, l'émission de gaz à effet de serre, l'acidification atmosphérique, la production d'oxydants photochimiques, la contribution à l'eutrophisation, les déchets solides résiduels, et, de façon qualitative, « le risque d'abandon ». A noter que les dioxines n'ont pas été étudiées : Ecobilan a jugé que les émissions de dioxines par les incinérateurs n'étaient plus critiques dans la mesure où elles ont diminué de 80 % entre 1995 et 2002 et que ce critère ne bouleverserait pas le classement. Les émissions de métaux lourds et les atteintes à la couche d'ozone stratosphérique n'ont pas été retenues comme indicateur non plus, car les sacs étudiés ne sont pas associés à ces risques. Dans l'état actuel des connaissances et de l'opinion, les indicateurs les plus sensibles sont sans doute la consommation d'eau et d'énergie, les émissions de gaz à effet de serre et les déchets résiduels. Les sacs étudiés sont comparés pour un même service rendu, à savoir emballer un an de courses moyennes d'un ménage, soit 9 000 litres de marchandise. On suppose en outre que le taux de remplissage des sacs est identique. L'étude porte sur des sacs et fournisseurs indiqués par Carrefour, dans les contextes technologique, énergétique et de traitement des déchets actuels. Les hypothèses semblent cependant suffisamment représentatives, et les conclusions assez nettes pour qu'on puisse les étendre.

Quatre réutilisations

Les résultats sont cruels pour le papier et le sac biodégradable à base d'amidon de maïs, pourtant auréolés dans l'inconscient collectif d'une innocence environnementale inébranlable. Mais, pénalisés au stade de la fabrication, par les rejets de composés contribuant à l'eutrophisation des rivières pour l'un, par une forte consommation d'eau pour l'autre, ces sacs sont relégués par l'ACV bien loin des sacs en plastique. Ils n'en demeurent pas moins bien meilleurs quant au risque d'abandon dans la nature et à la pollution visuelle engendrée. Mais cet impact, si offensant qu'il soit pour nos yeux, doit être relativisé par la faible proportion de sacs qu'il concerne. Quant aux sacs de caisse actuels, l'ACV montre que leur impact est relativement modéré. Le nec plus ultra étant évidemment le sac réutilisable, pour peu qu'on l'utilise au moins... quatre fois. Seulement. Car là était bien la véritable inconnue : le nombre de réutilisations serait-il raisonnable ? Or, la réponse semble être oui. Hormis le risque d'abandon donc, le sac cabas réutilisable est meilleur que les autres sacs sur tous les points, dès quatre utilisations. Promoteur de cette solution, Leclerc doit se frotter les mains ! Le sac en papier est équivalent au sac en polyéthylène jetable sur la consommation d'énergie et les oxydants photochimiques, mais pire d'au moins 80 % sur les cinq autres indicateurs. Le sac biodégradable est meilleur que le jetable sur les oxydants photochimiques, équivalent sur trois indicateurs, mais pire sur les gaz à effet de serre, l'acidification, et l'eutrophisation (11 fois pire). L'influence de la réutilisation de 32,5 % environ des sacs jetables comme sacs poubelle a été étudiée. Cette prise en compte ne bouleverse pas le classement mais repousse de 3 à 4 utilisations la supériorité du cabas sur le sac en plastique jetable.

Pour la plupart des indicateurs, c'est la phase de production des matériaux qui a le plus d'impact. Celle des pigments utilisés pour l'impression des sacs, ou de l'oxyde de titane utilisé pour opacifier les sacs en polyéthylène, ne sont pas négligeables. N'en déplaise au marketing, ce sont les sacs transparents, et non imprimés, qui ont le moins d'impact. Et quel que soit le matériau, la réduction d'épaisseur reste donc plus que jamais d'actualité. Carrefour s'était engagé à tenir compte des résultats de l'étude. Il l'a même anticipé en mettant en place, dès décembre, la vente de cabas réutilisables, et très bien imprimés, à prix coûtant dans ses enseignes. Mais va-t-il conserver des sacs de caisse jetables pour les clients récalcitrants ? Sans doute, car mentalités et habitudes ne se changent pas en un clin d'oeil et le client français, les caissières de Leclerc le constatent tous les jours, a du mal à renoncer aux sacs gratuits, qui sont actuellement considérés comme un service dû par les grandes enseignes. Mais les questions de coût, de praticité et de satisfaction du consommateur ne font pas partie des indicateurs de l'ACV...

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