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La substitution des matériaux d'emballage

Par Sabine Loos,

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Organisé par Koelnmesse, le salon Pacovent a eu lieu du 6 au 10 novembre derniers, à Cologne en Allemagne. Ce nouveau rendez-vous dédié à l'emballage s'intéresse de près aux matériaux avec un thème d'actualité : leur substitution.

A u début des années quatre-vingt-dix, McDonald's faisait figure de précurseur en Allemagne dans un domaine qui n'était pourtant pas le sien, en remplaçant par du carton le polystyrène de ses célèbres emballages individuels. Décision hautement paradoxale (puisque le hamburger n'était pas plus au chaud dans le carton que dans le plastique) mais facilement explicable par le décret allemand sur les emballages industriels et commerciaux, qui renchérissait les matières plastiques (par le biais du point vert) et favorisait généralement les matériaux plus écolos à base de papier. Si, aujourd'hui, les bilans écologiques ne dictent plus systématiquement le choix des matériaux d'emballage, les textes réglementaires restent un mobile essentiel pour le développement de nouveaux matériaux ou composites. Cela dit, un nouveau matériau ne pourra s'imposer que s'il apporte au produit un vrai plus en matière de protection et de présentation.

Mariage des matières

Dans cette perspective, le moteur de l'innovation se résume souvent à la réduction des coûts, générée par des avantages logistiques précis, comme des possibilités de stockage plus longues ou une consommation réduite de matières premières. Dans la grande bataille qui s'est jouée autour de la substitution dans les années quatre-vingt-dix, des alliances aussi éprouvées que les emballages-coques (cartonnette et coque plastique transparente) pour la vente unitaire de petits articles, ont été souvent remplacées par des solutions tout carton. La tendance générale était alors au remplacement du plastique par le papier ou le carton. Aujourd'hui, en revanche, on assiste à un retour au mariage des matières. Et dans bien des cas, il s'agit d'un mariage de raison. C'est aux matières plastiques que l'on donne les meilleures perspectives de croissance. Dans les secteurs où elles sont en concurrence directe avec le papier, elles devraient s'octroyer 50 % du marché d'ici à 2008. C'est en tout cas ce que signale une enquête de la société américaine d'études de marchés Freedonia de Cleveland (États-Unis). Le dernier rapport MSI sur les emballages alimentaires en Allemagne part, lui aussi, du principe que le papier et le carton se limiteront à un taux de croissance de 1 % par an jusqu'en 2008, tandis que les matières plastiques feront des bonds annuels de 3 à 4 %. Mais le bel avenir qui attend les matières plastiques ne repose pas seulement sur leur extraordinaire adaptabilité. Les techniques de fabrication des emballages enregistrent également des progrès sensibles. Plus rapides et désormais largement automatisées, les ensacheuses verticales modernes proposent, par exemple, des fonctions inédites, comme la pose de valves sur les sachets contenant des produits à dégagement de gaz (comme le café) ou encore de zips pour refermer les emballages ouverts. Si les matériaux se concurrencent les uns les autres, ils peuvent aussi judicieusement se compléter. On pense ainsi à la technique du contrecollage qui permet de donner encore plus d'éclat aux boîtes pliantes. Richement imprimé, cet emballage est devenu absolument irremplaçable - en cosmétique, par exemple. Autre tendance de l'emballage moderne : les boîtes à fenêtre permettent au consommateur de voir le produit et le niveau de remplissage. Ces emballages sont également constitués d'un composite de carton et de feuilles de plastique. Outre la substitution, à savoir le remplacement par des matériaux différents, la concurrence est très forte aussi entre les matériaux de même type ou de même facture. Ainsi les professionnels du carton ondulé, proposent par exemple des cannelures de plus en plus fines, des microflûtes de type F ou N. La microcannelure se prête à toutes les utilisations : la vente, la présentation, le transport. Elle se retrouve donc en concurrence directe avec le carton compact. A son avantage : l'impression. Le carton peut être imprimé directement sans que l'on obtienne l'effet bien connu et gênant de tôle ondulée. Le matériau ondulé est imprimé directement en procédé offset, ce qui représente une économie d'environ 10 % par rapport à la technique du contrecollage utilisée pour les ondulés traditionnels.

Numéro 1 incontesté

L'introduction de la consigne sur les canettes a porté un coup terrible aux fabricants d'emballages métalliques en Allemagne. À cela s'est ajoutée la hausse vertigineuse du prix de l'acier. On s'est donc mis en quête de matériaux de substitution. L'aluminium est devenu le numéro 1 incontesté partout - sauf en Allemagne - pour les boissons. La canette et son anneau d'ouverture sont désormais en une seule et même matière, l'aluminium, facile à mettre en forme et permettant de refroidir les boissons plus rapidement. Les emballages métalliques sont donc soumis à la même règle d'or que les autres : la valeur ajoutée dépend de la force d'innovation. C'est ainsi qu'une machine produisant un nouveau type de conditionnement (destiné à la fois aux aérosols, aux boissons et aux produits alimentaires) vient d'obtenir le Prix allemand de l'emballage. Grande première dans le secteur, cette machine utilise le soudage en série au laser pour réunir le corps, la base et le couvercle de l'emballage. Le résultat esthétique (des soudures extrêmement douces) est hautement satisfaisant, mais l'avantage économique existe aussi puisqu'il est désormais possible d'utiliser une tôle plus fine que dans le cas des canettes serties. En outre, la technologie laser permet de réaliser des canettes de très petit diamètre, ce qui ouvre des marchés totalement nouveaux aux emballages métalliques.

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