Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Dossier

La résistance des matériaux au coeur de la recherche

Tiziano Polito

Sujets relatifs :

,
 

Sans surprise, les principaux matériaux utilisés dans la fabrication des machines de conditionnement sont les aciers inoxydables et les plastiques. Qu'ils soient en contact avec les produits ou pas. La distinction est importante, car, dans le domaine alimentaire, l'un des plus concernés par l'hygiène, seuls les matériaux autorisés par la réglementation peuvent entrer en contact avec les produits. Leur liste est fournie dans la fameuse Brochure 1227, publiée par le Journal officiel, la même qui sert de référence aux fabricants de conditionnements. Matériaux pour emballages et pour machines d'emballages obéissent, en effet, aux mêmes règles en matière de contact alimentaire.

Cycles de nettoyage sévère

Le cadre législatif étant très strict, il existe peu de révolutions dans les matériaux. Mais cela n'empêche pas les améliorations. Elles sont d'autant plus d'actualité que les industriels ont tendance, sécurité alimentaire oblige, à solliciter au maximum les matériaux qui composent les machines en leur faisant subir des cycles de nettoyage plus sévères.

Ainsi, dans les inox par exemple, deux grandes familles de produits se partagent le marché : les aciers 304 L, de loin les plus courants, et les aciers 316 L, renommés pour leur résistance. Enrichi avec du molybdène, un élément d'alliage qui élève la température de fusion du métal afin d'augmenter sa dureté, l'inox 316 L constitue une excellente référence contre la corrosion et les agressions des produits chimiques. On s'en sert, par exemple, pour fabriquer les tuyauteries et les organes de remplissage, à savoir les parties des machines assujetties à des nettoyages fréquents.

Les matières plastiques évoluent selon une dynamique différente. A côté des polymères ayant fait leurs preuves - c'est le cas des uréthanes et du polychlorure de vinyle (PVC) dans les bandes transporteuses, ou de certains élastomères, comme l'éthylène propylène diène monomère (EPDM) utilisé dans les joints -, de nombreuses formulations voient régulièrement le jour. « Les améliorations sur les plastiques sont continues ne serait-ce que parce qu'on connaît moins bien leurs réactions aux produits de nettoyage », explique Christophe Hermon, chargé de profession au Centre technique des industries mécaniques (Cetim).

Les caractéristiques de l'inox sont mieux connues - résistance à la corrosion, qualité de surface, inertie vis-à-vis des aliments - mais cela n'empêche pas les chercheurs d'explorer de nouvelles voies. Comme l'explique Christophe Hermon : « L'industrie agroalimentaire apprécie tout particulièrement les aciers inoxydables, mais leur comportement tribologique est peu satisfaisant : leurs coefficients de frottement sont élevés, ils ont tendance à se gripper et leur tenue à l'usure est faible ». Le Cetim vient d'ailleurs de publier un rapport selon lequel le comportement médiocre des aciers est dû essentiellement au phénomène d'adhésion. En vue de minimiser ce mode d'usure, l'organisme a testé différents couples combinant des aciers inoxydables, des superalliages (stellite, Actéon) ainsi que des traitements de surface thermochromiques (nitruration inique, procédé plasma) et des dépôts minces et épais. Et il est parvenu à la conclusion que, même si la lubrification reste la voie la plus efficace, il existe d'autres solutions, comme le dépôt de carbone diamant amorphe, pour réduire son coefficient de frottement et son usure.

Type de rugosité

Le deuxième axe de développement concerne les propriétés de surface, en particulier pour définir le type de rugosité de l'acier, qui permet d'améliorer sa prophylaxie. En l'occurrence, Ugine, l'un des principaux fournisseurs d'aciers pour machines agroalimentaires, s'apprête à publier les conclusions d'un rapport qui, contrairement à ce que l'on pensait, tend à démontrer que le lien entre la rugosité de l'acier et son aptitude au nettoyage n'est pas si évident. La facilité de nettoyage d'un composant en inox dépendrait d'une multitude de facteurs, comme le milieu industriel, les conditions de nettoyage, le produit utilisé, la surface du métal, elle-même dépendante d'une multitude de paramètres. « Nous connaissons presque tout en ce qui concerne la corrosion des aciers, mais en sommes encore au stade de la compréhension pour les états de surface. C'est pourtant un sujet crucial en matière de nettoyage. Il faudra du temps, mais nous savons qu'il reste encore beaucoup à faire pour améliorer la fonctionnalité du matériau de ce point de vue », explique Françoise Haegeli, ingénieur en développement agroalimentaire de Ugine. Une affaire à suivre donc.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

Recolim teste les bacs en Inox dans les cuisines centrales

Profession

Recolim teste les bacs en Inox dans les cuisines centrales

Le groupe de travail de trois cuisines intercommunales de restauration collective franciliennes a fait un point d’étape sur la transition vers des contenants réemployables. - En 2019, trois cuisines intercommunales de[…]

02/12/2021 | Acier
Une double couche pour traquer les os dans les filets de poulet

Technologie

Une double couche pour traquer les os dans les filets de poulet

Options veut structurer le réemploi chez les restaurateurs

Economie circulaire

Options veut structurer le réemploi chez les restaurateurs

Riverpack embellit les fêtes de Christophe Roussel

Technologie

Riverpack embellit les fêtes de Christophe Roussel

Plus d'articles