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Dossier

La machine réveille la brique en carton

Tiziano Polito

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Attaqué par les matériaux concurrents, l'emballage en carton pour liquides s'offre une cure de rajeunissement en adoptant des formes inédites. Un coup de fouet redevable aux constructeurs qui ont su rénover leurs machines.

Plus fonctionnel, plus ergonomique mais aussi, et ô combien, tellement différent avec ses nouvelles formes tout en courbes, l'emballage en carton pour liquides alimentaires s'offre une réelle cure de jouvence. Il était temps. Faute de vraies innovations, la brique en carton commençait à souffrir sérieusement de la concurrence des autres matériaux. En France, par exemple, la bouteille en plastique, a réussi à lui prendre 30 % du marché du lait à longue conservation, l'une de ses traditionnelles chasses gardées. Et, dans les jus de fruits, où à la concurrence du plastique s'ajoute celle du verre, ce sont 35 % du marché qui lui échappent désormais.

Un mot d'ordre : la différenciation

Pour enrayer la chute, les quatre opérateurs présents sur ce marché semblent avoir travaillé de concert autour d'un axe directeur : la différenciation. C'était s'attaquer à l'essentiel du problème. Car, si les avantages de la brique que sont la légèreté, la sécurité et la praticité sont connus de tous, son principal handicap, le manque d'originalité, l'est aussi. Les fournisseurs de briques, qui sont à la fois constructeurs de machines de remplissage et cartonniers, ont donc particulièrement soigné le design. Si certains, comme Elopak, ont travaillé uniquement sur l'étui en inventant de nouveaux pliages mettant en valeur le « facing » du conditionnement, d'autres, comme Tetra Pak ou Sig Combibloc, ont remis en cause l'ensemble du procédé de façonnage de la brique. Les résultats obtenus sur leurs machines form-fill-seal (FFS) sont surprenants. A tel point que l'on se demande parfois si c'est bien de briques dont il faut encore parler. C'est, par exemple, le cas du Tetra Top, un emballage hybride, constitué d'un corps cylindrique en carton et d'un sommet injecté en plastique. « Facile à transporter et à reboucher, cet emballage convient parfaitement à un usage nomade », explique Eliane Fohlen-Weill, à la communication de la filiale française de Tetra Pak. Lancé sur le segment des produits frais pour contrer l'offensive du polyéthylène téréphtalate (PET), le Tetra Top a été adopté par Tropicana et, depuis cet été, par Danone pour son jus lacté Danao. Que dire sinon du Combishape, lancé en 2003 par Sig Combibloc. Davantage qu'un emballage, il s'agit d'un concept de bouteilles en carton multiformes disponible en une quarantaine de variantes différentes, de la section triangulaire, à celle octogonale en passant par le modèle ovale. Un concept qui a déjà séduit, en mars dernier, le groupe laitier espagnol Capsa, suivi, en septembre, par le producteur de jus de fruits français Joker.

Plus de souplesse

Or, comme l'explique la plupart des professionnels, ce renouveau n'aurait pas été possible sans améliorer les machines en profondeur. Au plan mécanique par exemple, l'entrée massive des servomoteurs a permis d'assouplir leur fonctionnement en faisant table rase des problèmes de rigidité dus à l'emploi des arbres à cames. En corollaire, les constructeurs ont pu leur ajouter de nouvelles fonctions. Chez Tetra Pak, les machines sont maintenant capables d'injecter un dôme en plastique sur un cylindre en carton pour en faire une bouteille. Et, avec le module DIMC, elles peuvent réaliser une fermeture à clapet directement sur l'emballage à partir de granules de polyéthylène. Sig Combibloc a, quant à lui, carrément révolutionné le process de fabrication en recourant, avec sa machine Combishape, non plus à une mais à trois bobines de complexe pour réaliser, grâce à la technologie à mandrins, une véritable brique en trois pièces à géométrie variable. Fait singulier, cette complexification des tâches n'a pas pour autant amoindri les vitesses de production de la machine. La conditionneuse TT/3 170V ESL de Tetra Pak, dédiée au remplissage du Tetra Top, atteint une cadence très honorable de 9 000 bouteilles de un litre par heure, alors que la machine développée par Sig Combibloc est capable de remplir, toujours en mode FFS, 10 000 Combishape par heure. Relookée en profondeur, plus attrayante et originale, la brique en carton n'a donc pas cessé d'être ce qu'elle était dans les années 1950, quand elle fut lancée sur le marché pour la première fois : un emballage bon marché pour productions de grande série. Avec la différence en plus.

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