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La hausse des matières premières crée des tensions sur les emballages

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Entre pétrole qui flambe et demande asiatique, le prix des matières premières explose. Un phénomène préoccupant pour les industriels de l'emballage pris entre les exigences des donneurs d'ordre et l'augmentation de leurs coûts. Alors même que Nicolas Sarkozy exige des distributeurs une baisse de 2% des prix de vente...

Entre le prix du pétrole qui flambe et l'économie chinoise en surchauffe, les professionnels de l'emballage ont de bonnes raisons de s'inquiéter. Depuis le début de l'année, la plupart des filières sont touchées par une hausse du prix des matières premières. Et les signaux en provenance du marché ne sont guère encourageants. Le cours du baril de pétrole a, par exemple, bondi de près de 50 % entre janvier et septembre. Cette matière première qui, rappelons-le, est à l'origine des polymères à partir desquels sont fabriqués les emballages en plastique, sert aussi à produire l'énergie employée dans tout process industriel. Sans oublier le carburant utilisé dans le transport des marchandises. C'est dire si son coût influe d'une manière ou d'une autre sur le prix de revient des emballages quel que soit le matériau.

La faute à la Chine

Or, fait singulier et préoccupant à la fois, les experts tablent sur une hausse durable du prix du brut. Aucun effet de cycle ne serait à prévoir. Il semblerait d'ailleurs que les cycles auxquels nous étions habitués, caractérisés par un emballement et un reflux successif de la demande et, par effet mécanique, des prix, doivent être relégués au passé. Les conjoncturistes s'accordent à dire que l'avenir sera fait de cycles moins réguliers, moins prévisibles à la fois en termes d'amplitude et de durée. Comme toutes les matières premières sont concernées, le prix de vente des emballages en subira forcément les conséquences, par ricochet.

Leader mondial dans la production d'acier, Arcelor a annoncé la couleur en annonçant, début septembre (lire 718), une prochaine hausse de 20 % des aciers pour emballage (APE). La faute à la Chine qui, en investissant à tour de bras dans les infrastructures, a provoqué une véritable pénurie de métal sur la place internationale. Avec une demande qui enregistre une croissance annuelle de 30 à 40 millions de tonnes, ce pays en plein développement assèche non seulement les stocks de produits finis mais aussi les disponibilités de matières premières. Le minerai de fer a ainsi augmenté de 50 % et l'étain de 100 % entre 2002 et 2004. Résultat : la tonne d'APE coûtera 150 euros plus cher. « Tous les facteurs à l'origine des tensions sont exogènes à notre industrie. Faute de maîtrise de ces éléments, nous sommes condamnés à augmenter nos prix si nous voulons continuer de livrer nos clients », explique Luc Neuville, directeur marketing et développement d'Arcelor Packaging.

Concurrence accrue

Du côté des matières plastiques, ça ne va pas mieux. L'index mensuel des prix des résines publié par la Chambre syndicale des emballages en matière plastique (CSEMP) s'apparente à un bulletin de guerre. Depuis le début de l'année, les polyéthylènes on augmenté de 18 % en moyenne, le polychlorure de vinyle (PVC) de 24 % et le polystyrène cristal (PS) de plus de 42 % ! Là encore, plusieurs raisons sont invoquées pour expliquer la spirale inflationniste : des difficultés d'approvisionnements dues à « l'appel » asiatique, la hausse du prix du baril de pétrole et, selon certains, l'existence d'accords plus ou moins larvés entre les producteurs de résines. Dans un contexte économique caractérisé par une concurrence accrue, la plupart des plasturgistes ont, jusqu'à présent, supporté ces hausses de peur de perdre des marchés mais pour beaucoup d'entre eux la situation est devenue intenable.

« Il n'y a pas 36 solutions. A moins de travailler à perte, le coût actuel de certaines matières premières nous impose de faire passer des hausses. Les produits en polystyrène (PS), en polypropylène (PP) et en polyéthylène téréphtalate (PET) sont les premiers à être concernés », annonce Roland Didier, directeur général de Groupe Guillin, fabricant d'emballages en matière plastique pour l'alimentaire.

Financer les hausses

La filière papier-carton semble avoir été moins touchée. Les approvisionnements en fibres recyclées qui entrent, à hauteur de 80 %, dans la composition de nouveaux cartons n'ont pas trop souffert des tensions des années précédentes pour trois raisons concomitantes : l'activité économique médiocre, les bons résultats de la collecte de matériaux de récupération et le ralentissement de la demande chinoise. Les stocks ont pu ainsi être préservés. Reste que, dans l'industrie du carton, tous les autres postes de coût, du prix des matières vierges à l'énergie, sont à la hausse. Qui plus est, le secteur s'attend à une reprise de l'activité dans les prochains mois. Il est donc probable que des mouvements haussiers interviennent aussi dans cette filière, avant la fin de l'année.

Bref, la tendance est nette, un peu partout. Reste à savoir si, en aval, les conditionneurs - qu'il s'agisse des grandes marques ou des marques distributeurs - sont prêts à mettre la main à la poche pour financer les hausses que leur réclament leurs fournisseurs d'emballages. Et ce, alors que le très médiatique ministre de l'Economie et des Finances Nicolas Sarkozy leur demande, en plus, de réduire les prix de vente de leurs produits de 2 %. A moins de rogner sur leurs marges ou de trouver de nouveaux gains de productivité, on voit mal comment ils pourraient s'y prendre pour parvenir à contenter tout le monde.

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