Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

La CAO 3D pour associer conception et production

Tiziano Polito

Sujets relatifs :

Constructeur de machines de soufflage de bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET), le français Sidel a intimement lié les phases de conception et d'industrialisation de ses machines grâce à SolidWorks. Et va y associer le SAV.

Dès 1994, Sidel (Tetra Laval) s'initie à la conception assistée par ordinateur en trois dimensions (CAO 3D), notamment avec Pro-Engineer pour développer la Series2, sa gamme de souffleuses de bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET). Sur un plan strictement créatif, l'imagerie 3D représentait une évolution majeure par rapport aux logiciels de conception 2D type AutoCad. Mais le système ne répondait pas complètement à ses attentes. « Nous avions besoin d'intégrer la conception à la production, à savoir de disposer d'un outil qui nous permette à la fois de créer des pièces mécaniques et de générer les données techniques pour les fabriquer industriellement », explique Xavier Belamy, coordinateur Product Life Cycle Manager (PLM) du groupe. Forte de ce constat, l'entreprise procédait, courant 2001, à une remise à plat de sa CAO. Et, à l'issue d'un appel d'offres lancé auprès des quelques spécialistes de ce marché, elle retenait SolidWorks (Dassault Systèmes). Le logiciel - 130 licences en tout - a été intégré en 2002 dans les bureaux d'études de 3 de ses divisions sur 7 sites : Le Havre (Seine-Maritime) pour le soufflage ; Octeville (Seine-Maritime), Quimper (Finistère) et Parme (Italie) pour le remplissage ; Reichstett (Bas-Rhin), Val de Coimbra (Portugal) et Montréal (Canada) pour l'ingénierie de ligne. En même temps, pour lier davantage l'environnement de la conception à celui de la production, Sidel s'équipait de PLM, un module de SAP dédié à la gestion des données techniques (SGDT).

Après une année d'exploitation, Sidel mesure les avantages de ses nouveaux systèmes. La sécurité d'abord. « PLM apporte la couche nécessaire à la sauvegarde des données techniques : nous pouvons tracer le fichier, appliquer des autorisations, gérer l'ensemble du processus de conception dans la plus totale transparence, ce qui n'était pas possible avant », note Xavier Belamy. Le travail collaboratif en est facilité. Le service achat est en mesure de visualiser la pièce en 3D, et d'en apprécier les détails techniques, pour faire intervenir plus efficacement le réseau de sous-traitance. « Nos acheteurs ont un regard critique vis-à-vis du sourcing. En liaison permanente avec le marché, ils peuvent nous conseiller de modifier légèrement une pièce pour l'obtenir à moindre coût », explique Vincent Duport, responsable projet de la division soufflage.

Auparavant, Sidel a fait intervenir ses spécialistes des méthodes et de l'industrialisation. Les premiers, par exemple, pour amender une séquence de montage jugée incongrue, les seconds pour recommander une technique d'usinage ou un matériau différent.

Assemblage virtuel

Récipiendaire de ces informations, le bureau d'études s'efforce, pour sa part, d'améliorer la pièce au cours d'un processus qui dure plusieurs semaines. SolidWorks apporte la précision nécessaire pour effectuer ce travail plus rapidement. « Il existe une cohérence parfaite entre la représentation virtuelle de la pièce et la réalité », explique Xavier Belamy. Là réside peut-être l'un des principaux avantages du logiciel. Une fois la pièce créée à l'écran, elle est assemblée virtuellement avec les autres éléments - réalisés sur mesure ou achetés sur le marché - pour vérifier d'éventuels défauts de conception, tels que des interférences entre les pièces ou des écarts dimensionnels. Et ce, tant à l'échelle d'un sous-ensemble, que d'une machine, voire d'une ligne complète. Les économies de prototypes sont évidentes. De plus, le projeteur est en mesure d'évaluer les différentes pièces sur un plan dynamique. « Grâce à des applications spécifiques, il nous est possible de simuler le mouvement des éléments mécaniques sur plusieurs cycles de fonctionnement de la machine afin de calculer leur résistance à l'usure », ajoute Xavier Belamy. Pour la mise en plan, rien de plus facile. Le modeleur transforme, quasi-instantanément, les images 3D en plans 2D transmis aux sous-traitants. Les projeteurs peuvent ainsi se concentrer uniquement sur la conception. Mais ce n'est pas tout... Les mêmes fichiers 3D ayant servi à la conception de la machine, pourront être employés pour réaliser des notices d'utilisation afin d'expliquer au client comment démonter une pièce ou effectuer une opération de maintenance. Une façon d'intégrer le service après-vente (SAV). Il suffit simplement de les légender et de les éditer sur un support ad hoc. Atout supplémentaire, le fichier 3D se prête à la réalisation de séquences animées. « Il est clair que, sous forme de film, l'explication d'une séquence de démontage gagne en clarté. A terme, ces animations seront disponibles sur le PC de contrôle des machines », explique Vincent Duport. De la conception au service, la CAO 3D commence à dévoiler ses facettes aux constructeurs de machines.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

Coval réinvente ses cartouches

Coval réinvente ses cartouches

Le spécialiste de la manutention par le vide lance la CVPC. - Un maximum de performance dans un minimum d’espace (et de poids) : tel pourrait être le portrait-robot de la CVPC, la dernière cartouche de vide[…]

Pari réussi pour l’Usine extraordinaire

Agenda

Pari réussi pour l’Usine extraordinaire

Matthews se renforce dans le façonnage d’imprimés

Matthews se renforce dans le façonnage d’imprimés

Des AGV pour la préparation de commande

Des AGV pour la préparation de commande

Plus d'articles