Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Investissements

L'impression numérique marque des points

Gilles Solard
L'impression numérique appliquée aux étiquettes et à l'emballage s'est fait une place sur le marché des petites séries. Les applications se multiplient chez les spécialistes de la présérie, et les cartonniers commencent à l'adopter.

A Sens (Yonne), la société Lebhar a accueilli en 2003 une machine d'impression numérique Xeikon. Le spécialiste de la boîte pâtissière a ainsi investi pas moins de 460 000 euros dans un système d'impression qui modifie de fond en comble la face de ces emballages personnalisés destinés à 5 000 petits clients, boulangers et artisans traiteurs. Jusqu'à présent, Lebhar imprimait sur ses boîtes des petits dessins en flexographie avec deux couleurs. Avec le numérique, la société passe à la quadrichromie. « Nous pouvons désormais imprimer la photo de la pâtissière ou celle de la vitrine du pâtissier sous la neige, alors que jusque-là, nous nous contentions d'un dessin au trait d'une église », explique André Sinthomez, directeur général.

A Strasbourg (Bas-Rhin), Imprimerie de la Cathédrale s'est aussi récemment équipé d'une machine d'impression numérique HP Indigo de dernière génération. C'est la deuxième machine à cinq ans d'intervalle pour cette PME de 13 personnes spécialisée sur le marché local de l'étiquette. Un investissement de 450 000 euros pour 2 millions d'euros de chiffre d'affaires. « Elle nous permet de produire plus vite et de ne pas être balayés par nos concurrents », estime Achille Beauchez, Pdg de cette entreprise qui peut livrer ses étiquettes dans un délai de trois jours.

Raccourcir les délais

Plus personne ne commande en effet ses étiquettes pour six mois, mais seulement lorsqu'il en a besoin. D'où le recours à cette technologie, qui supprime films et clichés et permet de raccourcir les délais.

A Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), Digital Packaging vient également d'acquérir d'une presse numérique ws4000 d'HP Indigo. Deux fois plus rapide que celles de la précédente génération, elle a surtout été adaptée à l'impression de manchons rétractables (sleeve). Une prouesse technique, mais aussi une première mondiale pour cette entreprise qui a lancé, avec son fournisseur Sleever International, son premier client historique, la marque Digisleeve. « Avec cette machine, nous introduisons l'événementiel dans un sleeve personnalisé. Cela n'existait pas », explique Gilles Pingeot, Pdg de l'entreprise créée il y a quatre ans, et qui réalise 1,3 million d'euros de chiffre d'affaires. Avec quatre machines d'impression numérique, elle dispose du plus grand parc en France et s'impose aisément comme le leader des travaux de présérie.

Que ce soit à Sens, à Strasbourg ou à Issy-les-Moulineaux, l'idée du numérique fait donc son chemin. Apparues en 1998, les premières machines d'impression ont pourtant eu du mal à faire leur trou. Les imprimeurs savent, en effet, depuis longtemps réaliser des petites séries avec les moyens de l'impression traditionnelle, même si c'est long et compliqué. Il existe cependant une limite à la fois technique et économique à ne pas dépasser. « Il est impossible de réaliser 12 modèles différents d'étiquettes sur une même bande adhésive pour habiller 12 bouteilles d'une même caisse », reconnaît, par exemple, un imprimeur bordelais qui s'est équipé d'une presse numérique en 2000. Cette nouvelle technique d'impression est précisément « le seul moyen d'imprimer des données variables qui ne soient pas qu'un simple numéro ».

Petites séries

Pour Etiquette Fleuret, une PME parisienne de 35 personnes qui réalise 5 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'impression numérique s'est imposée d'autant plus facilement que la société est spécialisée dans les séries courtes et moyennes. « C'est notre créneau », indique Bruno Demory. Là encore, l'impression numérique apporte un plus. « Nous pouvons aujourd'hui réaliser de grandes étiquettes au format A3. Et cette technologie est parfaite pour le repérage », précise-t-il.

Même son de cloche chez Adesa. « Nous avons choisi le numérique pour avoir une avance », explique-t-on chez ce fabricant d'étiquettes qui travaille aussi bien dans l'industrie de l'automobile que pour Kodak, les Laboratoires Boiron ou l'Unicef. En 2002, la société s'est équipée d'une deuxième machine ws4000 d'HP Indigo pour réaliser des séries d'étiquettes petites et moyennes sans supporter les frais de clichés. A partir de 100 000 étiquettes, l'impression traditionnelle se révèle être, en effet, plus économique.

« Il existe des besoins en petites séries. Pourquoi ne pas investir dans le numérique, dans la mesure où le ticket d'entrée est de toute façon aussi élevé que dans l'imprimerie traditionnelle, même en flexographie ou en offset », constate un autre fabricant d'étiquettes qui tient à conserver l'anonymat. Le numérique est, dans cette entreprise, jugé plus que compétitif et même performant lorsqu'il faut réaliser 20 modèles différents à 500 exemplaires chacun.

On l'aura remarqué au passage, les fabricants d'étiquettes figurent donc aujourd'hui parmi les principaux utilisateurs de l'impression numérique en France. Des utilisateurs parfois critiques. L'impression numérique est, en effet, jugée chère à l'achat, chère en consommables et en maintenance. Elle est, de plus, lente et limitée sur le plan des possibilités d'impression. Même si le ton direct ou Pantone est possible, il reste compliqué à mettre en oeuvre. Son défaut le plus grave vient de ses origines informatiques : l'obsolescence rapide des machines démode rapidement les acquisitions sans offrir un retour sur investissement suffisamment rapide pour suivre l'évolution.

Prototypes

Difficile donc de parler de vague numérique aujourd'hui, d'autant que les autres techniques d'impression ont aussi rapidement évolué. Mais la technologie, parfois comparée à une machine à écrire à ses débuts, est cependant jugée « inéluctable » à la quasi-unanimité.

Les plus satisfaits restent encore les entreprises spécialisées dans les préséries, comme Digital Packaging, Maqprint ou DM Photogravure. « De plus en plus de produits sont testés par le biais de prototypes », indique Guy Bolsigner, directeur général de DM Photogravure qui a fidélisé une centaine de clients, principalement dans l'agroalimentaire, en l'espace de trois ans. La société de Rungis (Val-de-Marne) est, en effet, capable de sortir des prototypes en 24 à 48 heures grâce à une table à découpe pilotée par caméra pour obtenir les formats souhaités.

De son côté, Digital Packaging se veut le fer de lance de l'impression numérique en France. Citée en exemple par le Finlandais Stora Enso, la société cherche cependant aujourd'hui les moyens de combiner numérique et impression traditionnelle. « Nous sommes mûrs pour passer à une chaîne numérique pour laquelle un chef de produit aurait la possibilité de lancer son produit depuis son bureau », propose Gilles Pingeot. Comment ? Avec l'hexachromie. Il suffit, en effet, d'ajouter un vert et un orange aux quatre couleurs primaires (cyan, magenta, jaune et noir) pour obtenir 90 % des tons Pantone. Digital Packaging peut facilement régler ses machines d'impression numérique en hexachromie pour qu'un chef de produit obtienne en quelques heures son prototype grâce à Internet. Car, si des imprimeries traditionnelles décidaient, elles aussi, de passer en hexachromie, le passage du prototype au résultat final pourrait être quasiment immédiat. « Je cherche à créer un groupement d'imprimeurs sur cette question », déclare Gilles Pingeot. À la Drupa 2004, le sujet a souvent été abordé, par les fournisseurs de matériel de prépresse notamment. Un système pas si utopique que cela : aux États-Unis, l'emballagiste Fort Dearborn a déjà réussi à faire passer cette idée...

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

Une ligne de regranulation et d’étuvage chez Agriplas-Sotralentz

Economie circulaire

Une ligne de regranulation et d’étuvage chez Agriplas-Sotralentz

Le fabricant d’emballages industriels en plastique peut désormais produire des granulés recyclés sur son site de Drulingen, en Alsace. - Agriplas-Sotralentz Packaging anticipe l’application de la[…]

26/10/2021 | PlastiquesInvestissements
VPK rénove deux machines d'impression-découpe à Tourcoing

Economie circulaire

VPK rénove deux machines d'impression-découpe à Tourcoing

Sodiaal fromages investit dans l’écoconception

Investissements

Sodiaal fromages investit dans l’écoconception

Quik’s Potato troque le détecteur pour un rayons X

Investissements

Quik’s Potato troque le détecteur pour un rayons X

Plus d'articles