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L'étiquette multiplie les fonctions

Gilles Solard

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Dans un contexte législatif renforcé sur la traçabilité, les fonctions techniques de l'étiquette sont devenues prépondérantes. Et les fabricants musclent leur service de recherche et développement.

Législation sur la traçabilité et l'étiquetage des organismes génétiquement modifiés avec le règlement 1830/2003 du Parlement européen du 22 septembre 2003 qui vise notamment à informer les consommateurs grâce à l'étiquetage obligatoire de ces produits ; législation sur les oeufs qui oblige le marquage du mode d'élevage des poules sur les emballages et les oeufs en provenance de l'Union européenne vendus directement aux consommateurs ; règlement européen 178/2002 sur la législation alimentaire, dispositions en matière d'information des consommateurs et d'étiquetage des produits de la pêche, législation sur l'emploi des langues... Inutile de faire le tour des législations récentes ou à venir concernant l'étiquetage et la traçabilité. Nos trois pages n'y suffiraient pas.

Mais il est clair que ce contexte législatif a une influence directe sur l'étiquetage, envahissant la surface encore disponible des produits de grande consommation. Loin d'une information de base qui consistait à donner le poids et le prix d'un produit, l'étiquette aujourd'hui doit remplir de plus en plus de fonctions. Au point que les industriels sont à la recherche de solutions pour ne pas multiplier les opérations d'étiquetage et faire exploser le budget de l'emballage. Il n'est ainsi plus question de mettre côte à côte une étiquette de code à barres et une étiquette de produit. « Les informations fixes et variables sont désormais fusionnées sur une seule étiquette », explique Yolande Le Penhuizic, responsable marketing de la société Interfas (Firopa) à Louviers (Eure). Il y a ainsi longtemps que dans le textile, par exemple, les mentions de taille ont été intégrées dans l'étiquette de vente.

Une recherche de solutions qui pousse les fournisseurs à se structurer pour répondre à cette demande. Depuis deux ans, la société Etik Ouest a ainsi créé un service de recherche-développement (R & D) de trois personnes, parmi lesquelles Christophe Traîneau, le Pdg de l'entreprise qui s'est personnellement impliqué. La société a créé la gamme Etik Tack qui correspond à des étiquettes innovantes répondant à de nombreux problèmes. « Nous travaillons beaucoup sur les systèmes d'ouverture et fermeture faciles, notamment sur les sachets de produits surgelés. Car d'ici à 2 ans, plus un seul sachet ne s'ouvrira avec une paire de ciseaux », explique ce dernier.

La fonction R&D se développe

Stratus Packaging, numéro deux français de l'étiquette derrière Bopack, a, lui, eu recours a un ingénieur packaging sortant de l'Ecole supérieure d'ingénieurs en emballage et conditionnement (Esiec) : Julien Chauveau.

Pour José Arias, directeur commercial et marketing, cette montée en puissance de la R & D provient également de la concentration en cours du secteur de l'étiquette qui compte pas moins de 300 acteurs aujourd'hui. « Il restera sept groupes importants demain », estime le responsable de ce groupe qui réalise 38 millions d'euros de chiffre d'affaires sur quatre sites industriels. Disposant de 34 presses sur l'ensemble des unités, Stratus Packaging a récemment investi dans une nouvelle presse flexographique. Une technologie qui, elle aussi, se développe parce qu'elle est appropriée à des supports aussi variés que le film polyéthylène, le papier ou le carton, et permet une impression de bonne, voire de très haute qualité, grâce à l'utilisation des encres UV.

Chez CPC Packaging, un directeur du développement a été recruté. « Je suis arrivé en 2003 pour travailler sur un nombre limité de projets stratégiques, à savoir la traçabilité et l'authentification », relève Jean-Marc Estavoyer. Deux sujets phares qui devraient entrer dans une phase opérationnelle en 2005. Les anciens systèmes d'authentification, comme l'hologramme, sont en effet insuffisants. Ils sont actuellement relayés par des systèmes plus complexes ou en provenance d'autres secteurs. CPC Packaging travaille ainsi sur la trame d'impression et les couleurs pour permettre d'authentifier des produits de consommation dans un circuit de distribution grâce à une clé de lecture. La taille douce associée à un code à barres bidimensionnel de SCA est largement empruntée au monde bancaire. Quant au procédé Sofiitop breveté par la société Michel Lata, un fabricant d'étiquettes adhésives, il se propose de dissimuler une information grâce au « caviardage » d'une étiquette. Une deuxième étiquette dotée d'une solution chimique permet de révéler l'information masquée dans la première de manière irréversible. Utile dans le monde du document, cette idée pourrait être appliquée dans le packaging...

Abreuver le client d'innovations

Enfin, chez Bopack, « nous voulons abreuver nos clients d'innovations », lance Yves Masselin, directeur du site de Rouen. Là encore, les principaux axes de recherche portent sur les systèmes anti-contrefaçon, sur les témoins de température et les systèmes de mécanisation qui permettent de gagner du temps. En attendant, le fabricant d'étiquettes doit répondre à une nouvelle réglementation belge : à partir du 1er juillet 2004, chaque boîte de médicament doit être marquée d'un numéro unique d'identification pour éviter la fraude. « Nous avons dû imprimer des millions d'étiquettes en un temps record avec nos deux presses numériques », indique Yves Masselin.

Cette évolution technique de l'étiquette est telle que le directeur de Bopack Rouen aimerait d'ailleurs ne plus avoir affaire qu'aux seuls services marketing. Il cherche ainsi un contact direct avec les services recherche et développement des industriels « pour partager le savoir-faire ». La mise en place de l'identification par radiofréquence (RFID) en usage interne pourrait, par exemple, être le moyen d'attirer les ingénieurs. L'étiquette électronique qui, demain, embarquera un certain nombre de données, remplacera-t-elle l'étiquette traditionnelle ? C'est bien aujourd'hui la grande question que tout le monde se pose mais qui reste pour l'instant sans réponse...

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