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Décryptage

L'écoconception s'impose à pas comptés

Henri Saporta

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Trier, recycler, incinérer, composter ; autant de solutions pour traiter les emballages a posteriori. Et comme moyen de limiter la production d'emballages, la réduction à la source. Leur trait d'union ? L'écoconception. Un outil qui reste encore un peu mystérieux pour certains quand il n'est pas qualifié de « simple gadget » par d'autres, mais qui s'impose néanmoins progressivement. La filière de l'emballage et du conditionnement pratiquait le cahier des charges et l'analyse de la valeur ; l'écoconception lui permet aujourd'hui de maîtriser l'impact d'un produit sur l'environnement sans pour autant rogner sur les services apportés par l'emballage.

Reste que, derrière la simplicité de cette définition, se cache une réalité beaucoup plus complexe. L'écoconception repose, en grande partie, sur l'analyse de cycle de vie (ACV) du produit. Une démarche multicritère qui suppose d'appréhender globalement les impacts des différentes étapes de la vie d'un produit. Au concepteur de veiller à ne pas déplacer les sources de pollution en optimisant un paramètre au détriment d'un autre. Un art délicat, décrit dans le rapport technique XP Iso/TR 14062 et qui se pratique, par exemple, en choisissant un matériau à l'épaisseur optimisée, en adoptant un process économe, en mettant en place un circuit de récupération...

Un premier pas pour le carton

Les voies de progrès sont très nombreuses. Et source d'innovations. Pour Thierry Kazazian, le fondateur de l'agence O2 France, « l'écodesign permet de concevoir des produits fonctionnels, économes, durables, sûrs » et de « répondre aux attentes de l'utilisateur ». Dans le quotidien Ouest-France, Yves Petitpas, directeur du Super U de Combourg (Ille-et-Vilaine), raconte ainsi que grâce à « la chasse au vide dans un emballage de quatre sachets de 125 grammes de riz, on réduit de 15 % la profondeur de l'étui. Au final, on économise 12,5 tonnes d'emballage par an et c'est 20 camions de moins sur les routes. » De conclure : « Le faux volume, l'emballage trop grand, c'est dépassé. »

Pour sa part, la filière du carton plat (lire 686) ne s'y est pas trompée ! Représentée par Pro Carton France avec la participation de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), du Conseil national de l'emballage (CNE) et avec le soutien de la Fédération française du cartonnage et le groupement français des matériaux d'emballage à base de cellulose (Procelpac), elle a mis au pied du mur les agences de design, les bureaux d'études des fabricants mais aussi les utilisateurs finaux d'emballages en lançant un concours d'écodesign. Et, selon Pro Carton, « c'est la première fois qu'un concours d'écodesign de l'emballage est organisé en France. » Un concours doté, tout de même, de 18 000 euros.

Un premier pas pour une profession qui avance, malgré les efforts du CNE, en ordre dispersé. Et pourtant ! En permettant de faire aussi bien - ou mieux - avec moins, l'écoconception plonge les industriels de l'emballage dans le grand bain du développement durable.

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