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Décryptage

L'Ademe fait le bilan du recyclage grâce aux analyses de cycle de vie

Dans une étude récente intitulée « Bilan environnemental sur les filières de recyclage : l'état des connaissances ACV », l'Ademe fait le point sur les impacts du recyclage au travers des analyses de cycle de vie (ACV) disponibles. Une initiative bienvenue alors que les députés européens ont durci les objectifs de recyclage.

Au début du mois de septembre, le Parlement européen (lire 630) a voté à l'unanimité pour un durcissement des objectifs de valorisation fixés par la première directive 94/62/CE ! Et il a globalement suivi les propositions de la Commission européenne. C'est un fait ! Mais les débats ont largement montré que les parlementaires avaient toujours un doute sur les performances respectives des filières de traitement. Si le recyclage bénéficie toujours, comme le montre l'augmentation du taux minimum à 65 %, d'un a priori favorable, l'incinération est toujours montrée du doigt, tandis que la réutilisation divise selon que l'on est au nord ou au sud de l'Europe.

Incertitudes

Ces incertitudes montrent qu'il est urgent que l'Union européenne se dote d'outils d'évaluation performants. Les parlementaires n'ont d'ailleurs pas manqué de pointer que, sur ce point, les objectifs de la directive n'avaient pas été remplis. Le Parlement estime qu'il faut évaluer les impacts des choix environnementaux avec les outils appropriés : « considérant que le Parlement européen et le Conseil devraient examiner, sur la base de rapports établis par la Commission, l'expérience pratique acquise par les États membres lors de la poursuite des objectifs précités ainsi que les résultats de la recherche scientifique et des techniques d'évaluation tels que les écobilans, et qu'il est nécessaire de procéder, dans le contexte de sa révision, à une analyse de l'impact de la mise en oeuvre de la présente directive tant sur l'environnement que sur le marché intérieur ».

C'est dans ce contexte que l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a décidé d'apporter sa pierre à l'édifice en publiant une étude approfondie sur le sujet. Ce rapport, réalisé par Bio Intelligence Service et intitulé « Bilan environnemental sur les filières de recyclage : l'état des connaissances ACV », s'intéresse aux analyses de cycle de vie (ACV), encore appelées écobilan, l'outil qui est le plus abouti dans l'évaluation globale et multicritère des impacts environnementaux des biens de consommation et des procédés de production.

Douze matériaux et produits

Seules les études postérieures à 1996 et se déclarant conformes à la réglementation internationale au sens des normes Iso 14040 et 14043, ont été analysées. En particulier, l'Ademe a retenu les filières de recyclage de douze matériaux et produits, répartis en deux groupes. Le premier, qui concerne les filières des emballages en acier, en aluminium, en papiers et cartons, en verre et en plastiques ainsi que les huiles usagées, est consacré aux domaines les plus étudiés.

Le second rassemble, en revanche, les filières sur lesquelles les bases de connaissances sont moins approfondies comme l'emballage en bois, les déchets d'équipements électriques et électroniques, les véhicules hors d'usage, les batteries, les pneus. Cette distinction assume toute son importance en regard des conclusions de l'étude.

Comme le fait remarquer l'Ademe, il existe de fortes « convergences » entre les tendances observées sur les ACV pour les matériaux et les produits les plus étudiés, ce qui permet d'établir des considérations de portée générale sans doute proches de la vérité. A contrario, il serait risqué de s'adonner à ce type d'exercice pour les filières dans lesquelles les données environnementales sont encore trop éparses.

Exemple des emballages en acier. « Dans le contexte de la gestion des déchets ménagers, le recyclage des emballages en acier présente le même profil de forces et faiblesses, en termes d'impacts sur l'environnement, que le bilan intrinsèque du recyclage de l'acier sauf pour les rejets atmosphériques de particules lorsque les emballages sont récupérés par collecte sélective en porte-à-porte ou en apport volontaire (du fait des transports additionnels générés). Le bilan environnemental du recyclage des emballages en acier est indépendant du mode de traitement auquel le recyclage se substitue (stockage ou incinération). Le recyclage est la filière d'élimination des emballages en acier usagés la plus bénéfique en termes d'impacts sur l'environnement, pour les catégories d'impact suivantes : énergie, effet de serre, acidification de l'air, pollution photochimique. Les points faibles du recyclage, en termes d'impacts sur l'environnement, sont les suivants : émissions atmosphériques de métaux, émissions atmosphériques de substances carcinogènes, production de déchets classe 1 et production de déchets radioactifs. Le recyclage post-incinération des ferrailles contenues dans les mâchefers est l'option qui permet d'atteindre le plus haut niveau de performance en termes de taux de récupération. Contrairement au recyclage après collecte sélective, cette option conserve le bénéfice du recyclage. »

Collecte sélective

Cet exemple, relativement simple, montre un argumentaire détaillé et précis de la filière. Et soulève des points qui opposent, par exemple, Eco-Emballages et la filière de l'acier sur les inconvénients de la collecte sélective depuis dix ans. Or, comme le montre le tableau de synthèse, la filière de l'acier est l'une des mieux connues.

Il n'en va pas de même pour tous les matériaux.

En ce qui concerne les matières plastiques, l'étude note : « Lorsque la matière recyclée se substitue à de la matière plastique vierge à des taux de substitution proche de 1, le recyclage est plus avantageux que la valorisation énergétique (tous les impacts sauf les déchets radioactifs). Lorsque les matières recyclées remplacent du bois ou du béton, la valorisation énergétique est plus avantageuse que le recyclage ».

Specificités nationales

L'Ademe tempère cette analyse en rappelant que la filière des plastiques est très éclatée et qu'il reste encore des analyses de cycle de vie à réaliser.

Enfin parmi les critères à prendre en compte et parfois mal maîtrisés, l'Ademe avance « la sensibilité aux spécificités nationales ». Des spécificités nationales qui, à l'échelle européenne, passent au premier plan.

Tiziano Polito

Henri Saporta

(La présentation de l'étude est disponible sur le site de l'Ademe )

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