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Fin du graissage manuel des moules ?

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La publication de BSN Glass Pack dans la revue Verre d'octobre 2002 fait du bruit chez les verriers. D'après l'article technique de Gérard Pajean et Jean-Claude Charenton, de la direction R&D, BSN maîtrise une alternative économique au graissage manuel des moules : le poteyage électrique. Pour améliorer la glisse de la paraison dans le moule, un opérateur dépose habituellement à l'aide d'une torche de la graisse chargée en carbone notamment, et cela toutes les 15 minutes, sans arrêt machine. Beaucoup d'inconvénients : risques pour l'opérateur, instabilité du processus, défauts de surface dus à des particules de carbone... sans parler de la crainte qu'une future législation n'impose l'arrêt des mouvements de la section concernée pendant le graissage comme c'est le cas au Japon.

Poteyage. Il s'agit donc de déposer « du carbone amorphe pur, sans vecteur huileux, à l'aide d'une flamme acétylénique ». Mais le poteyage standard, testé par tous les verriers, est rarement rentable dans la mesure où la flamme pilote, toujours en veille pour allumer la flamme acétylénique, consomme trop de gaz. Avec un allumage par arc électrique en revanche, le poteyage devient compétitif. Déjà équipé en poteyage standard sur plusieurs lignes, BSN, a mis en place le poteyage électrique sur au moins une ligne, vraisemblablement de bouteilles de bière. L'article précise que le retour sur investissement pourrait être inférieur à un an dans certaines conditions, sur des lignes très hautes cadences, pour la bière par exemple. BSN pourrait tirer profit de cette avancée sur des secteurs recherchant une qualité d'aspect. Le groupe semble envisager de vendre ce savoir-faire « dans l'autre hémisphère » à des verriers non concurrents, qui se sont déjà déclarés intéressés.

Alliages de nickel. De son côté, le responsable R&D de Saint Gobain Emballage, Nicholas Harris, ne s'affole pas : « le poteyage va dans le bon sens mais ne résout pas tous les problèmes : il ne faut pas oublier que le graissage manuel permet en plus de lubrifier des zones difficiles d'accès comme les emboîtements de moules. Le vrai défi, c'est de supprimer totalement les graissages et d'augmenter la durée de vie des moules. » Saint Gobain Emballage privilégie donc une autre voie : des moules en alliages de nickel, un matériau coûteux mais qui réclame rarement un graissage. Les essais en cours permettent de peaufiner les matériaux ainsi que le réglage des machines. Seules de grandes séries permettraient d'amortir le prix des moules. Là encore, le marché de la bière serait une première cible.

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