Nous suivre Emballages Magazine : l'actualité de l'emballage et du conditionnement

Economie circulaire

Europen pointe les contrecoups de la consigne obligatoire en Allemagne

TP

Sujets relatifs :

, ,
Le constat est sans appel ! Quelque 18 mois après le durcissement de la réglementation sur les emballages de boissons non réutilisables, l'Allemagne paie les conséquences de cette mesure aux plans économique, environnemental et social selon Europen, qui publie une étude très détaillée sur ce dossier pour le moins sensible outre-Rhin.

Introduite en Allemagne en janvier 2003 pour forcer les consommateurs à rapporter les emballages non réutilisables d'eau minérale, de bière et de boissons rafraîchissantes gazeuses, la consigne obligatoire - actuellement attaquée par la Commission européenne (lire 704) - est une véritable calamité selon Europen, un organisme européen qui s'intéresse aux problématiques de l'emballage et l'environnement. Dans une enquête détaillée, Europen explique que cette mesure engendre des conséquences négatives aux plans économique, social et juridique.

Et, surtout, que son objectif premier, la protection de l'environnement, est bien loin d'être rempli. Europen va même plus loin dans son raisonnement en indiquant que, si la réglementation n'était pas abrogée ou modifiée, elle risquerait, à terme, de produire des effets anti-environnementaux. Rien que ça !

Le volet économique de l'étude est riche en enseignements. Preuve à l'appui, Europen indique que l'introduction d'une consigne obligatoire de 25 et de 50 centimes d'euros sur les emballages à usage unique a quelque peu déstabilisé le marché en favorisant incidemment certains produits. Non concernées, les boissons plates rafraîchissantes sans alcool ont bénéficié, par exemple, d'une hausse vertigineuse des ventes (près de 13 % en volume, autant en valeur, entre 2002 et 2003), alors que d'autres produits comme la bière et les boissons gazeuses paient plein pot le durcissement réglementaire avec des ventes qui chutent en volume respectivement de 7 % et de 8,6 %. L'emballage consigné serait donc devenu un facteur discriminant dans l'achat d'une boisson pour le consommateur allemand alors qu'il ne l'était pas auparavant. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, certaines catégories de produits comme les boissons énergétiques à base d'eau minérale - profitant d'un vide juridique qui ne les place pas sous le couperet de la consigne alors que les eaux minérales y sont soumises - bénéficient d'une forte hausse de leurs ventes. Le segment des boissons sportives et énergétiques auxquelles elles appartiennent a ainsi progressé de 8,6 % en volume.

Deuxième enseignement : la consigne a favorisé le développement de certains emballages aux dépens d'autres. Le cas le plus spectaculaire est représenté par les boîtes-boissons. Quasiment bannie des linéaires allemands depuis l'introduction de la consigne, la boîte-boisson fait face à un effondrement des ventes sur ses principaux marchés. Son taux de pénétration recule de 27 % à 4 % sur le segment de la bière et s'écroule littéralement sur le segment des boissons rafraîchissantes gazeuses en passant de 13 % à 1 %. Bref, rares (lire page 6) sont ceux qui veulent encore entendre parler de cet emballage... Et ce malgré le fait qu'il se recycle bien et en grande quantité et qu'il satisfait aux exigences essentielles prévues par la directive 94/62 sur l'emballage et les déchets d'emballages.

Manque à gagner

Qu'à cela ne tienne ! Avec une baisse de la demande qui atteint les 80 %, c'est principalement l'emballage métallique qui souffre. Europen chiffre à 9 millions d'euros, le manque à gagner mensuel des producteurs de boîtes-boissons. Autres victimes : les bouteilles en plastique et les bouteilles en verre à usage unique. La bouteille en polyéthylène téréphtalate (PET) non réutilisable perd 10 % sur le segment des eaux minérales et 23 % sur celui des boissons rafraîchissantes gazeuses au bénéfice de la bouteille en plastique réutilisable qui gagne respectivement 13 % sur le marché de l'eau et 30 % sur celui des boissons rafraîchissantes gazeuses.

Même scénario pour la bouteille en verre. A un détail près : la baisse de la consommation des bouteilles à usage unique (1,1 milliard d'unités en moins depuis le 1er janvier 2003), n'est que partiellement compensée par la hausse de la demande de bouteilles réutilisables (700 millions d'unités en plus). Pour Europen, cela s'explique par le fait que des conditionneurs ont anticipé un possible changement réglementaire en choisissant des briques en carton. En effet, si la consigne obligatoire est appliquée aux emballages de boissons rafraîchissantes plates - comme beaucoup semblent le croire -, la brique en carton devrait bénéficier d'un régime plus favorable que la bouteille en verre à usage unique.

Troisième enseignement : la consigne obligatoire a des effets sur l'emploi. Considérant l'industrie des boissons comme une filière qui comporte en amont des producteurs d'emballage et en aval des conditionneurs et des distributeurs, Europen estime très précisément à 9 530 le nombre de personnes qui ont perdu leur emploi suite au changement réglementaire.

Même le Dual System Deutschland (DSD), en charge du recyclage des emballages par le biais du Point vert, n'y retrouve plus ses petits. Ne bénéficiant plus des contributions des conditionneurs relatives à la mise sur le marché de boîtes-boissons et autres emballages à usage unique, l'organisme allemand annonce une perte, forcément non compensée par les emballages réutilisables, avoisinant les 310 millions d'euros soit 20 % de ses recettes.

Résultat : pour la première fois depuis 2000, le DSD n'a pas été en mesure de baisser le barème de ses cotisations pour le point vert...

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Emballages Magazine


Nous vous recommandons

Quand un recycleur et un hypermarché sensibilisent au tri

Economie circulaire

Quand un recycleur et un hypermarché sensibilisent au tri

La Société générale de recyclage (SGR) a installé un kiosque à collecte de bouteilles plastique sur le parking du magasin E.Leclerc d’Issoudun (Indre). - Sensibiliser les consommateurs au tri des[…]

Peu de pertes pour Vidrala en 2020

Résultats

Peu de pertes pour Vidrala en 2020

Leygatech rebondit avec l’économie circulaire

Economie circulaire

Leygatech rebondit avec l’économie circulaire

Pusterla 1880 conforte sa position en reprenant Adine

Acquisitions

Pusterla 1880 conforte sa position en reprenant Adine

Plus d'articles