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Entre contrôle d'accès et traçabilité, la RFID française croit en son futur

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Six ans après les premiers balbutiements de la technologie du sans contact, la RFID française se développe lentement, en attendant l'instauration d'accords précis en matière de normalisation de partage des coûts. Les sociétés spécialisées dans le secteur sont plutôt optimistes pour l'avenir.

Si la France s'intéresse à la technologie d'identification par radiofréquence (RFID) depuis plus de 20 ans, la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA) en est le véritable berceau. Une spécificité liée à l'implantation de Gemplus, le leader - aujourd'hui en difficulté - de la carte à puce établi à La Ciotat (Bouches-du-Rhône).

Gemplus a procédé aux premières études de marchés sur la RFID, et démontré, dès 1994, que le marché de l'étiquette intelligente, autre appellation de la RFID, était viable et prometteur, en s'appuyant notamment sur la demande croissante en télépéage, contrôle d'accès, télébillétique pour le transport public et l'identification d'emballages consignés tels que les bouteilles de gaz.

En donnant naissance à un nouveau pôle d'activité, Gemplus a suscité des vocations parmi ses salariés. Dont certains ont franchi le pas en choisissant de fonder leurs propres sociétés tournées vers la RFID et, plus généralement, des technologies d'identification sans contact.

En 1995, Jacek Kowalski, désireux de « faire du design de puce sans contact », fonde Inside Technologies à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) qui affichait, avec 35 salariés, 8 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2001.

Toujours en 1995, Michel Fallah crée Stella Electronics à Marseille (Bouches-du-Rhône) qui affichait, avec 22 salariés, 6,4 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2001. Il dénonçait à l'époque « l'absence de politique de développement cohérente au sein de l'entreprise due à une totale incompatibilité entre le métier de Gemplus (la confection de carte à puce) et le type de lignes de production pour des étiquettes électroniques d'une part, et, d'autre part, le métier de systémier requis pour la mise en oeuvre de solution émergente. »

Or, Gemplus a abandonné définitivement l'activité RFID l'année dernière pour la céder à des investisseurs franco-anglo-suisses. Ce qui donne naissance à Tagsys dont les dirigeants sont cinq anciens salariés de Gemplus.

« Nous étions devenus une activité marginale sans visibilité. Gemplus concentrait son activité autour des cartes à puce pour des marchés spécifiques : banque, GSM, sécurité sur Internet. Ce n'était pas dans notre intérêt de rester dans l'ombre », explique Frédéric Coustère, Pdg de Tagsys qui, avec 100 personnes, a réalisé 15 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2001.

Toutes ces entreprises s'entendent pour dire que la RFID est une technologie émergente au sein d'un marché à fort potentiel. Tous les secteurs de l'activité économique sont, en effet, potentiellement utilisateurs ou demandeurs de la technique d'identification automatique, dès l'instant où la saisie des informations est nécessaire au bon fonctionnement de l'application. Toutefois, pour le moment, ce marché n'est encore qu'émergent car il s'agit de remplacer la technologie éprouvée et peu chère des codes à barres par une technologie plus moderne bien adaptée à la traçabilité en temps réel.

Un marché à potentiel mais...

Il faut donc convaincre les entreprises de s'équiper, « même si le prix d'un lecteur de puce est le même que celui d'un code à barres ». Faire évoluer les mentalités, tel est probablement le plus grand défi à relever par les entreprises de la RFID. « Les codes à barres a encore de beaux jours à vivre », reconnaît Tagsys. « Mais sur des objets de faible valeur. »

La piste de recherche pour l'entreprise, aujourd'hui, comme pour tous les acteurs actuellement, est donc de mettre au point une puce plus puissante, lisible de loin et dont le coût serait moindre. « Une recherche qui nécessite la mise en place d'un standard universel. Car le frein principal à l'explosion du marché est l'absence d'une norme de fréquence hertzienne.

Chez Inside Technologies, Didier Serra ne croit aujourd'hui au développement du business qu'au travers de la « normalisation » de cette technologie avec la généralisation de la moyenne fréquence : 13,56 MHz. Un standard qui devrait être adopté à horizon 2003. Mais, pour l'instant, Inside Technologies se cantonne à travailler à l'élaboration de nouveaux produits et à anticiper les futurs besoins en RFID dans le domaine de l'industrie de l'emballage et du conditionnement et du contrôle d'accès.

Michel Fallah, chez Stella, estime, quant à lui, que « seuls des accords dans l'industrie afin de répartir le coût de la puce » permettront l'émergence réelle de la technologie du sans contact. D'où la mise en place de partenariats multiples avec les principaux fabricants de puces, d'étiquettes électroniques et de produits complémentaires de la part du fabricant de terminaux. Pour l'instant, Stella privilégie l'axe des fabricants de semi-conducteurs pour que ces derniers fournissent des prix très bas, avec notamment une étiquette à 20 cents d'euros.

Partage des coûts

« Il est nécessaire d'instaurer un partage des coûts en fonction de la quantité de mémoire utilisée. Les fabricants se sont engagés à aller dans ce sens sur certains produits. Il faut rendre compatible le prix de production d'un article courant et celui d'une puce. Le coût de chacun des acteurs doit donc rester rationnel », précise Michel Fallah.

Des accords spécifiques dans ce domaine devraient déboucher d'ici fin 2002. « Le marché de la RFID va se démocratiser, avec le développement de terminaux offrant d'excellentes performances et connectables sur Internet dans une gamme de prix allant de 60 à 70 euros », souligne le Pdg de Stella Electronics. Michel Fallah travaille d'ailleurs sans relâche, depuis deux ans, à la réduction de coûts avec les fabricants de semi-conducteurs. Un dynamisme et un acharnement qui ont permis aux trois sociétés de décrocher de nouveaux contrats importants.

Avec, par exemple, à son actif l'étiquette Smart&Secure, Inside Technologies a conclu, en 2001, un contrat de 2 millions d'euros avec BNC en matière de contrôle d'accès pour la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis ; dans le même temps, elle en a remporté un deuxième de 2,5 millions d'euros pour un projet logistique au Japon concernant l'identification de vêtements. De son côté, Stella Electronics qui s'est positionné sur le marché du contrôle d'accès, en attendant le développement du marché de la traçabilité, s'intéresse au projet Vigik concernant le contrôle d'accès aux immeubles et le remplacement des serrures T25 des facteurs par des serrures électroniques. « A terme, cette technique va se démocratiser grâce à des solutions simples, utilisables par les résidents et les concierges », assure Michel Fallah. Le chiffre d'affaires du marché du contrôle d'accès en France a représenté 10,70 millions d'euros en 2001.

Par ailleurs, l'entreprise a commencé, depuis novembre 2001, à vendre ses terminaux et adopte une stratégie de prix très compétitifs avec comme objectif de pénétrer le marché à hauteur de 35 %, d'ici le deuxième trimestre 2002.

Dans le domaine de la traçabilité, l'entreprise a conclu des projets d'identification de palettes, de traçabilité agroalimentaire et de colis, avec des partenaires américains et européens.

Ces résultats sont-ils annonciateurs d'une réelle percée dans le domaine de l'identification électronique ? Chez Tagsys, on affirme « être en phase de prouver le retour sur investissement. » La RFID dans le secteur du textile et de la logistique a, semble -t-il, connu une croissance de plus de 200 % en 2001.

« L'investissement initial pour mettre en place la RFID au sein de l'entreprise est considérable, mais le résultat est prometteur. Nettement supérieur à celui obtenu par la technique du code à barres », insiste Tagsys. Exemple : « Chez Lionor, société d'abattage de volailles, il y avait 27 % de perte de bacs en raison d'étiquettes qui se perdaient ou était effacées. Aujourd'hui l'entreprise est tombée à seulement 2 % de perte annuelle. Le retour sur investissement a été inférieur à deux ans. »

Bref, avec la mise en place annoncée du standard 13,56 MHz et l'arrivée de nouveaux contrats, l'avenir de l'étiquette intelligente s'annonce plutôt rose...

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