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Economie circulaire

Eco-Emballages redresse la barre

Henri Saporta
Après trois années de pertes, l'organisme devrait renouer avec les bénéfices en 2004. Et se prépare à affronter les objectifs révisés à la hausse de la directive européenne sur les emballages et les déchets d'emballages.

Eco-Emballages fête ses onze ans ! Et change de président... En effet, directeur général d'Eco-Emballages depuis l'agrément donné en novembre 1992, Eric Guillon, succédant à Serge Milhaud, en est devenu le président depuis le conseil d'administration du 7 octobre. Un passage de témoin qui marque également un net changement de braquet.

Après des discussions poussées avec ses différents interlocuteurs, à commencer par l'Association des maires de France (AMF) et le ministère de l'Ecologie et du Développement durable, l'organisme est prêt à repartir sur des bases éclaircies. Principal objectif ? Revenir à la base de l'agrément. Eco-Emballages est une société anonyme avec une mission de service public - un statut très particulier - agréée au titre du décret du 1er avril 1992. Un décret qui ne couvre que les emballages ménagers...

Et c'est bien à ce titre que l'organisme touche le Point vert payé par les entreprises qui mettent sur le marché les produits emballés pour les ménages. Sont donc exclus tous les autres emballages et, en particulier, ceux du commerce de proximité. Reste que, pour une collectivité locale, un emballage est un emballage. Eco-Emballages a longtemps financé des emballages qui ne portaient pas le Point vert. Des caisses en carton ondulé et des papiers en particulier.

Hausse du Point vert

Tant que les rentrées étaient supérieures aux dépenses et que le trésor de guerre était bien placé, Eco-Emballages a fermé les yeux. Mais voilà ! Le nombre de collectivités sous contrat étant de plus en plus important, Eco-Emballages a dépensé de plus en plus d'argent. Et... fort de 304 millions d'euros de rentrée l'année dernière, Eco-Emballages table sur une perte de 6,4 millions d'euros en 2003 après une perte de 17,8 millions d'euros en 2002 et de 27,7 millions d'euros en 2001.

Selon Bernard Hérodin, le nouveau directeur général qui était auparavant directeur administratif et financier, deux facteurs vont contribuer à conforter le retour à l'équilibre prévu pour 2004 : d'une part, la hausse du Point vert qui entrera en vigueur dès le 1er janvier prochain ; d'autre part, Eco-Emballages ne supportera plus la valorisation des « déchets assimilés » aux emballages ménagers.

Onze ans après sa création, Eco-Emballages est financé par plus de 10 000 entreprises qui supportent le surcoût des collectes sélectives mises en place par 33 000 des 36 000 communes françaises. Conséquence : 53 millions de Français ont désormais la possibilité de trier leurs emballages. Reste que le taux de refus - 25 % - est encore très élevé et que 20 % des trieurs français se trompent encore de poubelles... En termes de volume, 2,2 millions de tonnes de matériaux d'emballages ont été traitées en 2002. Soit un taux de valorisation de 63 %.

Trois axes de progès

C'est pourquoi Bernard Hérodin a fixé trois grands axes de progrès : encore et toujours la prévention à la source, la nécessaire maîtrise des coûts et la simplification des messages de tri. Un exemple parmi d'autres : l'organisme agréé verrait bien le jaune pour distinguer les poubelles de tri sélectif à l'échelle nationale. Un exercice beaucoup plus délicat qu'il n'y paraît ! Dans la mesure où les collectivités locales ont seules la charge des ordures ménagères, Eco-Emballages doit convaincre sans imposer. Plus délicat : comme chaque commune définit les emballages qu'elle veut collecter et le moyen de le collecter, ce qui est valable ici ne l'est plus là.

Reste que ces axes de progrès sont essentiels. Selon Eco-Emballages, la France aura bien du mal à tenir l'objectif de 55 % de recyclage fixé dans le projet de révision de la directive 94/62/CE. Sans parler du cas particulier des plastiques. Jusqu'à présent bonne élève de l'Union européenne, la France pourrait alors rejoindre le fond de la classe.

Une classe qui compte toutefois de fortes têtes comme l'Allemagne et le Danemark. Ces deux pays privilégient des solutions coercitives - telles que la consigne et le reremplissage - qui ont pour résultat certain une entrave à la libre circulation des marchandises - le fondement du dispositif européen - sans pour autant apporter la preuve du bénéfice pour l'environnement.

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