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Développer un produit avec le prototypage rapide

Tiziano Polito

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Délais raccourcis, résultats toujours plus réalistes : les technologies de prototypage ne cessent de s'améliorer. Les applications sont multiples, de la validation technique ou fonctionnelle au marketing.

«Nous sommes des faussaires de la réalité » : Benoît Aubert n'y va pas par quatre chemins lorsqu'il s'agit de résumer son activité. Responsable atelier maquette de MMB, une petite entreprise de 40 personnes implantée dans la vallée de la Bresle, il passe l'essentiel de son temps à fabriquer des prototypes de flacons pour le compte des grands noms de la cosmétique et de la parfumerie. C'est à partir de ces modèles en résine, réalisés en quelques heures avec des machines de stéréolithographie, que ses clients finalisent leurs projets.

Qu'il s'agisse de dimensions ou de formes, le prototype a l'avantage de fournir à moindres frais un aperçu réaliste du produit. « Le rendu n'est peut-être pas extraordinaire mais, une fois dans la main, on arrive à se rendre compte très exactement des proportions de l'objet », indique Benoît Aubert.

Valider la technique

Les informations d'ordre technique, ne sont pas moins nombreuses. Dès ce stade, le client est en mesure de savoir si son emballage peut être assemblé avec d'autres composants tels une frette, un capot ou un bouchon. Ou s'il faut procéder à des modifications pour y parvenir. Le prototype fournit également toute une série d'indications sur le process et les coûts de fabrication car beaucoup de détails qui paraissent négligeables sur une feuille en papier ou un écran d'ordinateur deviennent tout à coup importants en manipulant un objet. « En modifiant légèrement le rayon d'une courbure, nous nous sommes aperçus qu'il était possible de faciliter le démoulage de l'emballage pour produire à plus haute cadence. Le client a pu rentabiliser ses machines plus vite », explique Patrick Christoux, gérant d'Axis qui s'appuie sur son expérience dans le développement d'une barquette injectée pour un industriel de l'agroalimentaire. C'est dire si les ressorts de cette discipline sont nombreux.

Mais la stéréolithographie souvent ne suffit pas. Avant de réaliser les moules « proto » et d'aborder la présérie puis la série industrielle, il n'est pas rare que le client demande à son prestataire de lui fabriquer un modèle encore plus réaliste. La démarche est plus coûteuse et longue, certes, mais elle s'avère nécessaire pour diminuer les risques liés à l'industrialisation du produit.

D'autres techniques entrent alors en jeu. Le frittage laser, par exemple, permet d'obtenir une maquette à partir d'un fichier 3D - comme c'est le cas pour la stéréolithographie - mais avec des résultats plus satisfaisants du fait de l'emploi de matériaux mieux adaptés. « Nos prestataires recourent à des résines à base polyamide qui présentent l'avantage d'être beaucoup plus souples que les matériaux utilisés en stéréolithographie. Nous mettons à profit ces caractéristiques pour tester des fonctionnalités de nos bouchons à charnière comme l'angle d'ouverture, la nervosité ou la fermeture », explique Yannick Celerier, responsable développement de Bericap, spécialisé dans les bouchons et fermetures en plastique.

L'outillage rapide est également très apprécié. Il est effectué en usinant un bloc de matière (du Plexiglas en général) avec une fraiseuse à commande numérique. Si le fichier 3D est disponible, l'opération ne prend que quelques heures. Outre permettre la fabrication d'un modèle très ressemblant au produit final, le procédé constitue, comme la stéréolithographie, une passerelle idéale vers la production de série. « Si le client donne son accord, il nous suffit de transmettre le fichier de la maquette à un outilleur pour fabriquer les moules et démarrer la production. En quelques jours, nous sommes opérationnels », explique Denis Roux, Pdg de Toutherm, un spécialiste du calage à façon thermoformé.

Test consommateurs

Le prototypage ne se limite pas, néanmoins, uniquement à la validation d'aspects techniques ou fonctionnels. Il est courant que les marques s'en servent aussi à des fins commerciales. L'agence de création Carré Noir recourt à des modèles en mousse ou en résine pour vérifier si le produit est en adéquation avec la cible marketing. « Le consommateur achète une relation tactile avec l'objet : lorsqu'il prend le produit dans un linéaire, il le manipule, le retourne, le soupèse. Les maquettes nous permettent d'évaluer ses réactions au préalable », explique Béatrice Mariotti, directrice de la création de l'agence. Reproduite à plusieurs exemplaires, la maquette peut aussi servir de produit factice pour effectuer des tests grandeur nature sur des consommateurs. Voire même à réaliser des campagnes publicitaires avant même que le produit soit fabriqué en série. C'est justement l'un des domaines d'intervention de Digital Packaging. Spécialisé dans l'impression, le façonnage et la mise en volume de prototypes, ce prestataire exploite l'impression numérique pour fabriquer des emballages « en tous points » identiques aux originaux. Et parfois même mieux. « Nous jouons sur les supports et les couleurs pour obtenir des impressions qui répondent mieux que les produits de grande série aux exigences photographiques. L'emballage doit avoir un aspect irréprochable lorsqu'il passe à la télé », explique Gilles Pingeot, patron et fondateur de l'entreprise. Une copie meilleure que l'original ! Les faussaires sont dépassés...

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